Economie

La majorité des investissements directs étrangers dans les pays en développement

Le monde change

Sanjiv Dinama / 21 janvier 2011

Nouveau signe du changement du monde. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers les pays en développement ont dépassé en 2010 pour la première fois ceux vers les économies riches, affectées par une reprise économique toujours à la peine, indique un rapport de l’ONU.

En effet, selon le document de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), les IDE ont atteint l’année dernière 1.122 milliards de dollars contre 1.114 milliards en 2009, soit une très faible progression de 0,7%.

Le monde occidental toujours en crise

« La mauvaise nouvelle est que les IDE ont continué de stagner » en 2010, se trouvant toujours à un niveau de près de 25% inférieur à celui d’avant la crise économique en raison de la lenteur de la reprise dans les pays industrialisés, a commenté le directeur de la CNUCED James Zhan, lors d’un point de presse.
En revanche, a-t-il poursuivi, « la bonne nouvelle est que les IDE dans les pays en développement et en transition ont pour la première fois de leur histoire dépassé les flux d’investissements dans les pays développés ». Ainsi, 53% des investissements directs étrangers sont allés aux économies en développement en 2010.
Par exemple, a déclaré M. Zhan, la Chine a attiré plus de 105 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2010. C’est le deuxième pays du monde en termes d’investissements étrangers, après les États-Unis, et le premier parmi les pays en développement.

Quant aux pays industrialisés, ils ont vu leur flux d’investissements directs étrangers, qui se calculent essentiellement sur la base de la création de filiales à l’étranger ainsi que des fusions/acquisitions, baisser de 6,9% en 2010. Le recul d’une année sur l’autre est de 21,9% en Europe, et de près de 20% pour les pays de l’Union européenne.

-83,4% au Japon, -20% en Europe

Le Japon a été la première victime de désinvestissements avec un recul de 83,4%. L’Europe a particulièrement souffert avec des investissements étrangers en recul de près de 20% à 289,8 milliards de dollars. Ceux des États-Unis ont connu une hausse de 43,3% à 186,1 milliards de dollars, à relativiser car il reste toujours « divisé par deux » par rapport au niveau de 2008 (324 milliards), a tempéré M. Zhan.

La Chine franchit la barre des 100 milliards de dollars
En revanche, l’Asie et l’Amérique latine ont largement porté le mouvement de hausse.
La Chine a même franchi la barre symbolique des 100 milliards de dollars (105,7 milliards) tandis que l’Amérique latine atteignait 141,1 milliards (+21,1%) de flux d’investissements.
Quant à l’Afrique, elle a pâti de l’économie en berne des pays développés, l’augmentation des flux d’IDE en provenance des pays émergents n’a pas compensé ce recul. Au total, elle a enregistré des flux en baisse de 14,4% à 50,1 milliards.

 Sanjiv Dinama 


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