Economie

La marche vers de la mondialisation libérale repart

Conférence de l’OMC à New Delhi

Sanjiv Dinama / 8 septembre 2009

L’Organisation Mondiale du Commerce va reprendre les discussions pour trouver un accord final sur le Cycle de Doha, prévu en 2010, mais la percée dans les négociations, après des années difficiles, n’empêche pas l’OMC de rester prudente sur le travail à accomplir. Les participants — parmi lesquels les cinq acteurs majeurs de l’OMC (Union Européenne, Etats-Unis, Chine, Inde, Brésil) — se sont réunis depuis jeudi dernier à New Delhi à l’initiative de l’Inde pour des discussions sur la libéralisation du commerce international, dites du Cycle de Doha. Le différend entre l’Inde et les Etats-Unis portant sur une clause de sauvegarde avait stoppé les négociations à Genève, alors qu’était validée par l’Europe la suppression de la quasi-totalité des subventions versées aux agriculteurs. Ce différend semble aplani.

« Il y a une percée dans les négociations. L’impasse dans laquelle (elles) se trouvaient a été rompue », a affirmé le ministre indien du Commerce, Anand Sharma. « Les responsables des négociations se rencontreront le 14 septembre à Genève pour reprendre le processus » du Cycle de Doha, a-t-il ajouté.
Malgré l’engagement des ministres présents dans la capitale indienne à conclure « rapidement » le Cycle de Doha, notamment dans le contexte de crise économique mondiale, aucune date n’a été précisée.
Le représentant des Etats-Unis pour le Commerce extérieur, Ron Kirk, a ainsi évité de choisir 2010 comme date limite pour la conclusion d’un accord, jugeant que ce sera « le contenu qui alimentera le processus et non une date butoir ».
Les pays riches, dont les Etats-Unis, et les pays en développement s’étaient engagés lors d’un Sommet en juillet à conclure en 2010 le Cycle de Doha, qui vise à créer un nouvel ordre pour le commerce mondial censé dynamiser les échanges pour aider les pays en développement.
Lancées fin 2001 lors d’une rencontre dans la capitale du Qatar, d’où leur nom, les négociations sur la libéralisation des échanges achoppent sur des différends entre pays riches et pays en développement sur les dossiers agricoles et industriels.

Sanjiv Dinama


La question des pays en développement

Le ministre chinois du Commerce, Chen Deming, a indiqué vendredi dernier à New Delhi que le Sommet ministériel de deux jours de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) tenu dans la capitale indienne a produit des résultats positifs et a envoyé un message clair que tous les pays du monde veulent une reprise des discussions tournantes de Doha.
M. Chen a confié à New Delhi qu’au cours de la rencontre, les représentants des 153 pays membres de l’OMC ont eu des discussions constructives, en particulier sur la manière d’appliquer et de sauvegarder ce qui a été acquis jusqu’ici dans les négociations.
M. Chen a affirmé que la Chine défend la position selon laquelle les discussions tournantes de Doha sont d’abord pour le développement, et elles doivent prendre en compte les intérêts des pays en développement, en particulier les pays sous-développés.
Il a estimé qu’« en ce moment où la crise financière a considérablement frappé l’économie mondiale, les pays en développement ont enregistré la plupart des pertes en raison de la crise. Celle-ci a aussi mis en exergue la question du protectionnisme commercial, donc il est important de prendre les mesures pour encourager les pays en développement à s’ouvrir au commerce international et les aider à réaliser la reprise de la croissance ».
Le ministre a aussi souligné qu’il est très important que les membres de l’OMC conservent les acquis du passé en ce moment où plusieurs membres ont changé ou changeront de gouvernements, comme c’est le cas des Etats-Unis.
Sur l’avenir des discussions de l’OMC, M. Chen a affirmé être « prudemment optimiste ».
Il a déclaré que d’un côté, la crise financière a mis les leaders des pays membres en alerte sur la question du protectionnisme commercial. En conséquence, les dirigeants des pays membres ont appelé à une conclusion anticipée des discussions tournantes de Doha dans une série de conférences internationales récentes, ce qui montre une volonté politique forte.
Toutefois, au regard de la lente reprise dans les pays développés qui ont un taux de chômage élevé et un faible niveau de confiance de consommateurs, la marge de manœuvre des discussions est aussi beaucoup réduite, a-t-il indiqué.
Par conséquent, « il est important de sauvegarder les acquis du passé et camper sur les modèles convenus antérieurement, avant de chercher de nouvelles percées », a-t-il ajouté.

S.D


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