Economie

La mise à l’écart de La Réunion dans sa propre région

Ils décident pour nous et sans nous

Manuel Marchal / 23 septembre 2010

Le renforcement de l’axe Paris/Port-Louis marque aussi un effacement total de La Réunion dans des discussions qui engagent notre avenir. Pourquoi tant de désinvolture de la part du président de Région ?

Deux articles parus dans la presse mauricienne montrent clairement le renforcement d’un axe entre Paris et Port-Louis. Cette situation n’a rien d’exceptionnel, il est en effet logique que des États cherchent à renforcer leurs liens.
Mais que vient alors faire Didier Robert dans ce dialogue au sommet ? Il est un membre du bureau politique de l’UMP, et il est donc là pour exécuter les décisions du gouvernement. C’est le sens de ses propos à la sortie de son entretien avec François Baroin lundi. Donc en quoi peut-il peser sur les décisions qui sont discutées ?
Or, la conséquence de cet acte, c’est l’isolement de La Réunion. C’est à Paris que se décide ce qui est bon ou pas pour notre île, et le président de Région applaudit. Il vient même apporter son soutien à cette politique en s’affichant clairement avec Air Mauritius à Top Résa !
Un exemple à cet isolement, c’est la demande faite par Navim Ramgoolam, Premier ministre de Maurice, à son homologue François Fillon de faciliter la délivrance de visas pour les touristes indiens ou chinois entrant à La Réunion. Mais dans l’esprit du combiné, pourquoi cette demande ne concerne pas les touristes venant de Madagascar, des Seychelles ou des Comores ?
Tout se règle donc à Paris, sans que les Réunionnais puissent avoir leur mot à dire.
C’est pourtant ce modèle de relation entre La Réunion et l’extérieur qui a atteint ses limites. Un modèle qui produit massivement du chômage et de l’exclusion dans notre île. Malgré cela, ce modèle continue de plus belle.
La seule manière pour un Réunionnais de peser efficacement sur cet axe pour faire entendre les intérêts de La Réunion, c’est de remettre en cause cette façon de gérer pour nous sans nous. C’est un acte qui suppose qu’il faille se dresser face à Paris pour faire passer avant tout les intérêts de notre pays.
Mais c’est exactement le contraire, et on ne peut qu’être choqué par tant de désinvolture.

M.M.


Les Îles Vanille au secours de Divine Île Maurice

Île Maurice Tourisme info montre bien que le concept des Îles Vanille sert d’abord les intérêts du gouvernement mauricien, et présente Didier Robert comme celui qui tient la bougie lors de la rencontre entre Nando Bodha et Hervé Novelli. Voici cet article :

« À l’occasion de l’IFTM Top Resa 2010, qui s’est ouvert aujourd’hui (mardi NDLR), le ministre du Tourisme et des Loisirs de l’île Maurice, Nando Bodha a pu échanger avec le Secrétaire d’État au Tourisme français, Hervé Novelli et Didier Robert, président du Conseil régional de La Réunion au sujet de la collaboration entre les îles du Sud Ouest de l’océan Indien, les Îles Vanille.

Cette séance de travail a permis d’identifier un certain nombre d’actions communes et concrètes, à mettre en place dès 2011, pour l’aboutissement du projet Îles Vanille et notamment la nécessité de travailler sur la libre circulation des voyageurs dans la région.
Destination long-courrier préférée des Français, l’Île Maurice affirme son leadership en France avec, pour cette fin d’année, la mise en place d’une série d’actions visant à conforter le marché français et à atteindre son objectif de croissance de 8% d’arrivées de touristes français en 2010.

Le salon IFTM/Top Resa, qui se déroule à partir d’aujourd’hui (mardi NDLR) au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, marque le lancement de la campagne de promotion de l’Île Maurice en France avec une nouvelle signature : Divine Île Maurice.
Sur le salon, la destination Île Maurice est parfaitement représentée par une forte délégation conduite par le ministre du Tourisme et des Loisirs Nando Bodha. La destination est présente sur un stand de 132 mètres carrés et pas moins de 35 partenaires mauriciens (Air Mauritius, hôtels, réceptifs, sites touristiques) accompagnent l’Office de tourisme de l’Île Maurice pour présenter toutes les nouveautés de la destination (ouvertures d’hôtels, nouveaux sites, nouveaux services, etc.). Pendant toute la durée du salon, un voyage à l’Île Maurice est mis en jeu à l’occasion d’un tirage au sort.

Durant ce premier jour de salon, le ministre a pu s’entretenir longuement avec les représentants des compagnies aériennes desservant l’Île Maurice : Air Mauritius, Air France et Corsairfly. Parmi les sujets abordés : la montée en gamme de l’offre aérienne entre la France et l’Île Maurice et le développement des connections inter-îles de l’océan Indien. Monsieur le ministre a également répondu à plusieurs interviews de la presse professionnelle française (“Meet and Travel Mag”, “Strategos”).

Après une ambiance studieuse, cette première journée s’est terminée dans une ambiance conviviale dans le cadre d’un cocktail organisé par la MTPA sur le stand, en présence de tous ses partenaires… ».


Le gouvernement mauricien pilote-t-il la stratégie touristique de La Réunion ?

Dans un article paru le 20 septembre, "l’Express" indique que le Premier ministre mauricien a été invité par Nicolas Sarkozy à effectuer une visite officielle à La Réunion. De plus, "l’Express" apprend que c’est le Premier ministre mauricien qui s’exprime sur la question des visas pour les touristes indiens et chinois voulant se rendre à La Réunion. Les orientations de la stratégie touristique de La Réunion sont-elles donc pilotées depuis Port-Louis ?

« Parmi les prochaines missions officielles de Navin Ramgoolam à l’étranger, figure une visite à La Réunion. Le Premier ministre y dirigera une importante délégation du public et du privé pour promouvoir les intérêts communs entre les îles sœurs.

Lors de sa récente rencontre avec Nicolas Sarkozy, fin août dernier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été invité à effectuer une visite officielle à l’Île de La Réunion, dans le but de renforcer les relations entre les îles sœurs. Une visite qui visera aussi à la création d’une plateforme commune de coopération économique ou encore à promouvoir les intérêts communs entre les deux pays.

Navin Ramgoolam a accepté cette invitation et en a fait part au conseil des ministres vendredi dernier. Il dirigera ainsi une forte délégation comprenant des représentants du secteur public et privé à La Réunion. Non seulement pour « redynamiser les relations », mais aussi pour ouvrir d’autres avenues de coopération et de collaboration entre les deux îles. Aussi au programme des discussions l’ouverture d’un consulat de l’Île Maurice à La Réunion.

Du côté du bureau du Premier ministre, on avance qu’aucune date n’a été fixée jusqu’à présent, mais qu’elle était imminente.
Par ailleurs, dans un entretien avec François Fillon, le Premier ministre français, lors de sa visite en France, Navin Ramgoolam a réitéré sa proposition faite au président Sarkozy de revoir le système d’obtention de visas, afin de faciliter les nouveaux marchés niche du tourisme, à savoir l’Inde et la Chine. Ceci, en marge du développement d’un concept commun de promotion touristique dans la région, appelé Îles Vanille ».


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