Economie

La morosité du FMI face à l’économie mondiale

Crise générale

Céline Tabou / 18 juillet 2012

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance 2012 et 2013, en raison de la crise européenne. L’institution fait pression sur la zone euro pour la création d’une « union bancaire et budgétaire ».

L’Europe reste la principale préoccupation du FMI qui a estimé que la croissance mondiale atteindra +3,5% en 2012, au lieu des 3,6% prévus. Dans son bulletin du 16 juillet, le FMI explique que « les perspectives de croissance des autres économies avancées et des marchés émergents se sont également affaiblies, réduisant leur capacité à faire face aux répercussions de la crise de la zone euro et à leurs propres vulnérabilités budgétaires et financières. Les incertitudes liées aux perspectives budgétaires et au plafond de la dette fédérale aux États-Unis constituent un risque latent pour la stabilité financière ».

Une révision de croissance pour tous

Les pays émergents subissent un net recul, comme la Chine (+8% au lieu de +8,2%), l’Inde (+6,1% au lieu de +6,8%) et le Brésil (+2,5% au lieu de +3,1%). A la différence de l’Europe, les émergents « reviennent tout simplement à des rythmes de croissance soutenables et qui sont en train d’atterrir en douceur ».

Globalement, la croissance des pays émergents ralentira à 5,6% en 2012, soit -0,1% par rapport à avril, a précisé le FMI. Cette estimation s’ajoute à la baisse de la croissance de chaque pays : « La croissance dans ces pays s’est située au-dessus de sa tendance historique au cours des dix dernières années, en partie grâce à l’expansion des circuits financiers et à la croissance rapide du crédit, qui ont peut-être bien créé des attentes trop optimistes en ce qui concerne la croissance potentielle ».

De son côté, la zone euro devrait être la seule région du monde en récession en 2012, avec un recul de 0,3%, en raison de la situation économique de l’Espagne (-1,5%) et de l’Italie (-1,9%). L’Allemagne, quant à elle, a réalisé une croissance de 1% et la France de 0,3%, soit un peu mieux que le Royaume-Uni (0,2%).

Des signes de faiblesse

« Au cours des trois derniers mois, la reprise de l’économie mondiale, qui n’était déjà pas vigoureuse, a de nouveau montré des signes de faiblesse. Les tensions sur les marchés financiers et les États dans la périphérie de la zone euro se sont accentuées, leur intensité étant proche de celle observée fin 2011 », a estimé le FMI dans la mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale. L’institution reste morose face aux perspectives économiques, cette dernière préconise la mise en place des décisions politiques prises lors du Sommet de juin et des mesures adaptées et nécessaires à l’amélioration de la situation si celle-ci se dégrade.

Pour le FMI, la priorité « absolue est de résoudre la crise dans la zone euro. S’ils sont appliqués dans leur intégralité, les accords récents contribueront à briser les liens négatifs entre les États et les banques et à créer une union bancaire ». D’après l’institution internationale, la reprise devrait être modeste pour 2013, avec 3,9% pour l’économie mondiale. De plus, cette reprise devrait être à deux vitesses, car les pays avancés progresseront seulement de 1,9% quand le monde en développement remontera à +5,9%.

Céline Tabou


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