Economie

La presse en France en chute libre

Les effets de la crise économique et politique

Témoignages.re / 29 décembre 2012

Conséquence de la crise économique en France, la presse écrite est en net recul. La situation est encore plus dramatique pour "La Tribune" qui a abandonné le papier et déjà licencié plus de 66% de ses salariés pour passer au 100% numérique : 40% des journalistes sont visés par un plan de « départ volontaire ». Des précisions dans "L’Humanité" du 10 décembre).

Les ventes des quotidiens ont globalement reculé de 3,2 % en octobre. La baisse de la vente en kiosque atteint 9 %, en partie due au conflit chez Presstalis.

La situation s’aggrave dangereusement. Selon les chiffres rendus publics par l’OJD pour le mois d’octobre (baromètre mensuel dont “L’Humanité” n’est pas membre), la baisse des ventes globales des quotidiens (vente au numéro, abonnements et ventes au tiers) enregistrée en octobre est de 3,2 % (-2,98 % par rapport à octobre  2011).

À l’exception des “Échos”, qui ont lancé une nouvelle formule en octobre (+3,7%), tous les titres sont à la baisse. Le plus touché est “Libération” (-10,8 %), qui enregistre un recul de la vente en kiosque de 31,8 % sur octobre  2011, soit près de 20.000 exemplaires par jour en moyenne. Le quotidien a vu toutefois sa vente progresser sur un an de 93,5 % dans sa version numérique (aujourd’hui, à un peu plus de 10.000 exemplaires).

“L’Équipe” (-5,6 %), “La Croix” (-3,8 %), “Le Monde” (-1,9 %) sont en retrait tout comme “Le Parisien” (-5,3 %). Si l’on prend en compte le seul critère de la vente en kiosque (dite au numéro), le recul frôle les 9 %.

Outre “Libération” déjà cité, “Le Monde” (-14,6 %) et “L’Équipe” (-11,5 %) figurent parmi les plus fortes baisses. La tendance est lourde depuis plusieurs années. Beaucoup de titres développent leur version numérique et il faut aussi intégrer la baisse du pouvoir d’achat.

À cela s’ajoute, bien évidemment, la situation chez Presstalis. La messagerie est en conflit et depuis de longs mois. Les perturbations se succèdent depuis deux mois. Vendredi (le 7 décembre-NDLR) , les journaux quotidiens nationaux, hormis “Le Figaro” et “Le Parisien”, n’ont pas été livrés dans les points de vente à travers la France en raison du blocage de l’impression et de la distribution à l’initiative du SGLCE-CGT opposé au plan de restructuration qui prévoit 1.250 suppressions de postes sur 2.500 chez Presstalis.

C’est mercredi (le 12 décembre-NDLR) que la Direction de Presstalis doit présenter le «  volet social  » de ce plan. Jeudi (6 décembre-NDLR), 200 salariés avaient occupé un centre de traitement des journaux des MLP (messagerie concurrente de Presstalis) à Villabé, dans l’Essonne, pour «  dénoncer le démantèlement de leur entreprise et le recours systématique à la sous-traitance, entraînant la casse des statuts et des emplois  » , selon un communiqué du SGLCE.

Marie-George Buffet, députée du Front de gauche, a sollicité «  au nom des salariés un rendez-vous auprès du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pour débattre sur le problème de Presstalis afin de trouver une issue par le haut  ».

Les temps sont durs. Le quotidien régional “Sud-Ouest” a annoncé, début novembre, son intention de supprimer quelque 180 postes, sur environ un millier. “La Tribune”, reprise en janvier avec moins d’un tiers des salariés et passée au numérique, est à nouveau en difficulté. Un guichet de départs volontaires devrait toucher 40 % des journalistes, soit une dizaine sur 26.

Vendredi (14 décembre-NDLR) , selon le site PresseNews, la Direction du groupe “Le Figaro” (qui a démenti) devait annoncer prochainement l’ouverture d’un guichet de départs pour 80 salariés.


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