Economie

La zone euro en pleine instabilité

Crise économique

Céline Tabou / 15 septembre 2011

Instabilité politique et économique, les pays de l’Union européenne possédant l’euro ne savent plus quoi faire. Si bien que des personnalités extérieures pressent les Européens à « agir sur la gestion de la crise ».

En plein débat sur le plan d’aide à la Grèce, les Français, Allemands ou encore les Slovaques ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la façon de gérer la crise de l’euro. Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain, s’invitera à la réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro vendredi 16 septembre à Wroclaw, en Pologne.

Les Américains pressent les Européens

Après avoir rencontré la directrice du FMI, Christine Lagarde, Timothy Geithner a décidé d’appeler les pays européens à mettre en œuvre le plus rapidement possible le plan du 21 juillet, plan promis à la Grèce alors que le pays était au bord de la banqueroute. Le diplomate américain va tenter de convaincre les Européens d’aller plus loin dans leur intégration politique et économique, afin de rassurer les marchés sur la viabilité de l’euro. Cela passe par la mise en œuvre du Fonds européen de stabilité financière.

Le Président Barack Obama a également averti : « Je pense que l’économie mondiale restera faible tant que cette question (la crise de la zone euro – NDLR) ne sera pas résolue ». Face aux différents plans d’austérité mis en place en Europe, Barack Obama s’est montré sceptique : « Ils sont en train de prendre des mesures pour ralentir la crise, pas pour l’arrêter ».

Les autorités américaines ont fustigé les décisions prises par les pays de la zone euro, notamment le manque d’effort de la Grèce, et les obstacles internes à la réforme du système bancaire de la Finlande, la Slovaquie et des Pays-Bas. L’Union européenne est dans une impasse qu’il faudra rapidement surmonter, auquel cas les marchés vont de nouveau plonger, et les citoyens, notamment les jeunes, paieront un lourd tribut suite à cette crise.

« L’Europe en danger »

Le ministre polonais des Finances, dont le pays tient la présidence tournante de l’UE, a estimé mercredi 14 septembre que l’Europe tout entière était « en danger » du fait de la crise et la dette en zone euro, lors d’un discours devant le Parlement européen, a annoncé l’Agence France Presse.

Jacek Rostowski a lancé : « l’Europe est en danger » devant l’Assemblée plénière à Strasbourg. « Si la zone euro se fissure, l’Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer », a-t-il ajouté. Ce dernier a mis en garde contre l’impact de la crise actuelle sur l’économie réelle : « La crise actuelle, si elle se poursuit de façon aussi imprévisible, aura des répercussions majeures. Si elle perdure pendant un an ou deux ans, il faut que nous soyons prêts à être confrontés à un taux de chômage qui pourrait être deux fois plus élevé dans certains pays, y compris les plus riches », a-t-il déclaré.

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé une nouvelle fois les pays de la zone euro à appliquer les mesures décidées le 21 juillet pour mettre sur pied un deuxième plan de sauvetage de près de 160 milliards d’euros en faveur de la Grèce. « Nous avons besoin que la Grèce mette en œuvre pleinement son programme de réformes économiques pour réduire le déficit public national », a-t-il indiqué.

Céline Tabou


La Chine prête à soutenir l’Europe

Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a indiqué lors de l’ouverture du Forum d’été de Davos, qui se tient durant trois jours à Tianjin, en Chine, que son pays « va continuer d’augmenter ses investissements en Europe », expliquant que « la Chine pense que l’économie européenne peut rebondir ». Cependant, Wen Jiabao a espéré « que les dirigeants européens envisageront avec courage leur relation à la Chine d’un point de vue stratégique ». Cela signifie que l’Union européenne accorde le statut d’économie de marché à la Chine. Confiante dans l’euro, la Chine reste de plus en plus alarmée, bien qu’elle a réaffirmé sa « confiance dans l’euro », devenue la seconde monnaie de réserve mondiale. En effet, l’euro représente environ un quart des 3.000 milliards de dollars des réserves chinoises. Le gouvernement chinois souhaite « étendre sa coopération financière » avec la zone euro.


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