Economie

Le Conseil général débloque 250.000 euros pour les agriculteurs sinistrés

Sécheresse puis fortes pluies

Sophie Périabe / 2 février 2011

C’était visite de terrain hier pour Nassimah Dindar et Jean-Yves Minatchy. Ainsi, la présidente du Conseil général a pu se rendre compte des conséquences de la sécheresse de ces derniers mois sur les exploitations agricoles du Sud de l’île. Des mesures d’urgence ont été annoncées afin d’aider ces agriculteurs sinistrés à relancer leurs productions.

Ces derniers mois, La Réunion a connu un épisode de sécheresse sans précédent. Dans certaines zones de l’île, à Petite-Ile par exemple, il n’est pas tombé une goutte de pluie pendant presque 4 mois. Depuis, des fortes pluies ont arrosé le Département, causant des dégâts considérables particulièrement dans le Nord et l’Ouest.
C’est pour se rendre compte de visu des conséquences de ces aléas climatiques que la présidente du Conseil général et le président de la Chambre d’agriculture, entourés de plusieurs élus, se sont rendus chez Marius Bègue, éleveur à La Plaine des Cafres.
Sur cette exploitation, la sécheresse a diminué considérablement le nombre de « balles rondes » récoltées sur les 6 hectares de prairies. « Au mois de décembre, nous étions à 19 balles rondes contre 100 habituellement », raconte la fille de Marius Bègue, Mme Hoarau.
De nombreux autres agriculteurs sont dans cette situation et ont vu leurs stocks de fourrage dégringoler. « Pour les agriculteurs, c’est toute une saison de production de fourrage qui est ratée », ajoute Jean-Jacques Vlody.
Pour aider les éleveurs à reconstituer leurs stocks, « le Conseil général financera, à hauteur de 50%, l’importation de fourrage », a annoncé Nassimah Dindar. « Cette enveloppe sera validée demain (NDLR : aujourd’hui) en Commission permanente », poursuit la présidente.
Pour Mme Hoarau, cette aide est la bienvenue, « elle permettra de renflouer les stocks pour passer le prochain hiver ».
Toujours pour répondre à l’urgence, la collectivité propose aux éleveurs de « financer à 75% l’achat de citernes d’eau ». La mesure qui sera aussi votée lors de la Commission permanente de ce jour permettra aux éleveurs de disposer de réserve d’eau pour alimenter leur cheptel, les retenues collinaires existantes étant réservées aux pâturages.
Au total, ce sont 250.000 euros qui seront débloqués pour financer ces deux dispositifs.
A moyen terme, la présidente du Conseil général souhaite que les agriculteurs postulent au dispositif “Chèque développement durable”. « Cette aide permet de s’équiper d’une réserve d’eau grise, c’est-à-dire de récupérer l’eau de pluie pour arroser les jardins et les espaces verts. Ainsi, on économiserait l’eau potable. Faites cette demande », a insisté Nassimah Dindar.
Parallèlement, la collectivité travaille sur une baisse du prix de l’eau d’irrigation.

« En apportant une aide aux producteurs, nous aidons également le consommateur »

La délégation s’est ensuite rendue dans le Sud sauvage, à Saint-Joseph, dans le quartier de Bézave aux Lianes, dans les exploitations d’Eric Hoareau, planteur de cannes, et Floris Nativel, maraîcher. Eux aussi ont été durement touchés par la sécheresse.
Chez Eric Hoareau, sur les 10 hectares de cannes, les pertes sont estimées à 60%. Les jeunes pousses de cannes n’ont pas survécu à la sécheresse, il faut donc replanter. Le Conseil général va permettre aux planteurs non éligibles aux aides à la replantation d’être à nouveau éligibles. Il faut savoir que les planteurs bénéficient, tous les 7 ans, d’une aide à la replantation. « Concernant les engrais, nous allons nous adosser à l’aide de l’Etat, nous financerons à hauteur de 25,30% l’aide pour l’achat d’engrais », a indiqué Jean-Jacques Vlody.
Un peu plus loin, chez Floris Nativel, les pertes sont estimées entre 3.000 et 4.000 euros. Le maraîcher de 44 ans cultive des carottes, des tomates et des pastèques. C’est sa plantation de tomates en plein champ qui a subi plus fortement la sécheresse, 4.000 pieds ont été détruits.
Là aussi, le Département financera la relance de la production, « après la sécheresse et les pluies, il faut replanter. Nous financerons l’acquisition de plants », a précisé un élu.
« En apportant une aide aux producteurs, nous aidons également le consommateur », a souligné Nassimah Dindar lors de sa visite.
Les élus se sont ensuite rendus au chevet d’agriculteurs de Saint-Leu, non loin de la route des Tamarins, qui ont subi des dégâts des eaux.

Texte et photos Sophie Périabe


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