Economie

Le désarroi de chefs d’entreprise abandonnés

Didier Robert invité d’honneur à une réunion du MEDEF

Manuel Marchal / 29 septembre 2010

Au lieu de décliner les investissements prévus par le "nouveau Protocole de Matignon" qu’il devait signer le 24 septembre, Didier Robert s’est trouvé fort dépourvu lors de la réunion organisée lundi par le MEDEF. Face au désarroi des chefs d’entreprise, il n’a rien à proposer.

Hasard ou coïncidence ? Le petit-déjeuner débat avec Didier Robert comme invité d’honneur s’est déroulé le lundi suivant le 24 septembre. Or, selon l’information annoncée par Télé Réunion et jamais démentie, c’est ce 24 septembre que François Fillon devait venir à La Réunion pour signer les "nouveaux Accords de Matignon". Au lendemain de la signature d’un Premier ministre sur un document engageant l’État et la Région dans un programme d’investissements de deux milliards d’euros, le petit-déjeuner débat du MEDEF aurait eu une signification bien différente.
Le président de la Région aurait pu alors présenter aux chefs d’entreprise un plan de relance reposant sur un accord concret. Mais les "nouveaux Accords de Matignon" ne sont pas signés, contrairement à ce que Didier Robert a annoncé à nos confrères du "JIR" le 31 août dernier. Et contrairement à la rumeur jamais démentie, le Premier ministre ne viendra pas à La Réunion d’ici la fin du mois, et encore moins le 24 septembre.
Didier Robert a donc annoncé une nouvelle date aux chefs d’entreprise : « début octobre ». Après mi-juin, « avant la fin du mois d’août », avant la fin du mois de septembre, cette nouvelle date est à se demander si cet accord sera signé un jour ou l’autre.
Tout cela n’est donc guère rassurant pour les chefs d’entreprise qui participaient lundi à ce petit-déjeuner.

Où est la signature du Premier ministre ?

Six mois après l’arrivée de Didier Robert à la Région, c’est autre chose qui était attendu. En tant que candidat, le président de la Région avait pris des engagements sur les investissements. Ils sont d’ailleurs régulièrement repris dans les publicités publiées chez certains confrères : 3 milliards investis d’ici 2014, 320 millions d’euros mobilisés depuis le mois de mars. L’arrêt du tram-train et l’absence d’engagement équivalent dans les mêmes délais ferment toute perspective.
Cette situation est le résultat de décisions politiques dans lesquelles, justement, le président de Région porte une responsabilité. Mais lundi, il a montré son refus de corriger une situation qui lui échappe.
Et le coup de grâce est asséné par le préfet qui traduit la pensée politique de l’UMP et du gouvernement : l’économie tirée par la commande publique, c’est fini, ce modèle est terminé, il faut se tourner vers l’Asie.
Derrière ce message, comment ne pas comprendre que le gouvernement veut se désengager du financement des grands chantiers d’infrastructures à La Réunion ? Comment alors les entrepreneurs pourront-ils rebondir ?
Didier Robert s’est appuyé sur des chefs d’entreprise pour assurer son élection à la présidence de la Région, puis Yann Le Prince s’est aussi appuyé sur des patrons pour être élu à la tête du MEDEF-Réunion. Mais les soutiens de ces deux présidents élus cette année sont maintenant seuls face à leurs difficultés.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com