Economie

Le monde émergent pour une autre gouvernance mondiale

Préparation du G20

Sanjiv Dinama / 8 septembre 2009

Les ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine — grands pays émergeants dits "BRIC", réunis vendredi dernier à Londres, ont indiqué que les pays du G20 doivent maintenir les mesures incitatives pour promouvoir la stabilité financière et la croissance économique. Ils ont appelé à aider les petits pays à revenu moyen et les pays à bas revenu à faire face à la crise économique. Ils demandent également la réforme des institutions financières internationales et au renforcement du rôle du G20.

Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont estimé vendredi dernier qu’il était « trop tôt » pour parler d’une fin de la crise et appelé le G20 à accélérer la réforme des institutions financières, dans un communiqué publié en marge de la réunion des grands argentiers du G20 à Londres.
« Malgré des signes positifs, il est trop tôt pour déclarer la fin de la crise », ont prévenu les quatre pays, que l’on surnomme le groupe des "BRIC". « L’économie mondiale fait toujours face à de grandes incertitudes, et des risques importants continuent à peser sur la stabilité économique et financière ».
« Nous réalisons que des réformes durables doivent encore être mises en place sur de multiples fronts », ont ajouté les quatre pays, ajoutant dans leur déclaration commune que « nous ne pouvons pas rater cette occasion de changer les pratiques, les règles et les structures internationales pour que l’économie mondiale puisse mieux résister aux crises futures ».
Brésil, Russie, Inde et Chine militent pour une réforme des grandes institutions financières internationales, comme le Fonds Monétaire International (FMI), dont ils aimeraient qu’elles reflètent mieux leur poids économique grandissant.
Dans leur communiqué, ils qualifient d’« injuste » la répartition des quotes-parts actuelle, réclamant « un glissement important en faveur du marché émergent et des pays en développement ».
Le BRIC propose de répartir les quotas des pays développés en faveur des pays émergents de 7% au sein du Fonds monétaire international et de 6% au sein de la Banque Mondiale (BM), stipule une déclaration des ministres des Finances des pays du BRIC.
« Nous proposons comme objectif de répartir de 7% les voix au sein du FMI et de 6% au sein de la BM des pays développés en faveur des pays émergents pour obtenir une répartition juste et équitable des voix au sein de ces institutions financières », lit-on dans ce document publié vendredi dernier à l’issue d’une réunion des ministres des Finances des pays du BRIC, tenue en marge de la rencontre des grands argentiers du G20 à Londres.
Le BRIC appelle le G20 à accélérer la réforme des institutions financières car le monde a besoin d’une architecture économique et financière juste, équitable et bien gouvernée, lit-on dans la déclaration.
Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20, réunis vendredi et samedi à Londres, préparent le Sommet des dirigeants de ce groupe des principaux pays industrialisés et émergents de la planète prévu à la fin du mois à Pittsburgh (Etats-Unis).

Sanjiv Dinama


Point de blocage

Le FMI affirme avoir obtenu les 500 milliards de dollars supplémentaires qui avaient été promis en avril. Mais sur la réforme des droits de vote, l’Europe, qui a 30% des voix, bloque toute avancée face aux pays émergents qui réclament une hausse de leur participation. Elle exige en échange la fin du veto américain, ainsi qu’une réforme de la gouvernance de l’institution.

S.D


Poursuivre la relance

Les ministres des Finances du G20 réunis à Londres se sont entendus pour poursuivre les mesures de relance économique et ont trouvé un accord sur les bonus des banquiers, acceptant le principe d’un paiement différé et d’une plus grande transparence.
Côté relance, le communiqué publié à l’issue de la réunion assure que « nous continuerons à mettre en œuvre avec détermination nos mesures de soutien financier et nos politiques budgétaires et monétaires expansionnistes, (...) jusqu’à ce que la reprise soit assurée ».
A l’ouverture de la réunion, il a été rappelé aux pays du G20, qui représentent quelque 90% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, la nécessité de ne pas baisser la garde.

S.D


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