Economie

Le n°2 US rend visite au plus grand créancier des États-Unis

Joe Biden en Chine

Céline Tabou / 20 août 2011

Le vice-président américain Joe Biden est en visite en Chine depuis mardi 16 août pour un voyage de cinq jours afin d’apaiser les relations entre les deux pays. Rare État à avoir critiqué la politique budgétaire américaine, la Chine avait dénoncé la « dépendance à la dette » des USA et exhorté Washington à cesser de vivre au-dessus de ses moyens.

Plus grand créancier étranger de la dette publique des USA et le plus important détenteur étranger de dollars, Pékin avait appelé la Chine à plus de responsabilités. La tournée de Joe Biden comprend la Chine, la Mongolie et le Japon et s’inscrit selon la Maison-Blanche, dans le cadre des efforts de l’administration Obama pour « renouveler et intensifier » le rôle américain en Asie.

Les critiques de Pékin

Le gouvernement chinois avait fait savoir son mécontentement au lendemain de l’accord arraché entre démocrates et républicains, le 2 août. Les autorités chinoises avaient alors annoncé la diversification de ses investissements, pour ne pas se retrouver entraînées dans la tourmente de la crise US.

Aujourd’hui, Pékin veut des mesures concrètes. Dans un article publié sur le site du “Quotidien du Peuple” en ligne, « la Chine, en tant que plus grand créancier étranger des États-Unis et en tant que plus important détenteur étranger de dollars, est bien évidemment plus préoccupée que d’autres par la politique des États-Unis. (…) Nous exhortons le gouvernement américain à assumer ses responsabilités avec sérieux et à prendre des mesures concrètes », notamment sur la question de la dette.

Dans une interview publiée mercredi 17 août par le magazine économique chinois “Caijing”, Joe Biden a tenu à rassurer les Chinois sur la solidité des bons du Trésor américains. « Je tiens à le dire clairement : le gouvernement Obama s’emploie sans compter à préserver les fondamentaux de l’économie américaine afin de garantir la sécurité, la liquidité et la valeur des obligations du Trésor américain, et ce vis-à-vis de tous les investisseurs (...) y compris la Chine », a-t-il déclaré.

Wen Jiabao, Premier ministre de la Chine, a rencontré le vice-président américain. À la sortie de l’entretien, le responsable chinois s’est dit optimiste quant aux chances de l’économie américaine de se remettre sur les rails, à la suite des déclarations du vice-président Xi Jinping. « Il est particulièrement important que vous ayez adressé au peuple chinois le message très clair que les États-Unis tiendront leur parole et respecteront leurs responsabilités concernant la dette extérieure. Cela préservera la sécurité, la liquidité et la valeur des emprunts d’État américains », a déclaré Wen Jiabao à Joe Biden, d’après l’Agence France Presse.

« La nécessité de la coopération entre Washington et Pékin »

Lors d’une conférence de presse, le 10 août, Xi Jinping a expliqué que « l’économie américaine est hautement résistante et a une grande capacité à s’autorégénérer. Nous pensons que l’économie américaine connaîtra un développement encore meilleur en faisant face à ses défis ».

De son côté, Joe Biden a indiqué que son gouvernement « appréciait et se réjouissait des investissements chinois en obligations du Trésor américain ». Ce dernier a ajouté : « Très sincèrement, je veux vous assurer que vous n’avez aucune raison de vous inquiéter ». Ce à quoi Xi Jinping a expliqué que son homologue l’avait informé jeudi 18 août que « des efforts entrepris par le gouvernement américain pour relancer la croissance et l’emploi, réduire le déficit budgétaire, gérer convenablement la dette et préserver la confiance des investisseurs mondiaux ».

Cet échange d’amabilités met en avant l’interdépendance de ces deux puissances économiques mondiales, dont la Chine est à la seconde place précédée par les États-Unis. En effet, un chercheur de l’Institut d’Études de Chahaer, de Chine a expliqué dans un article publié dans le “Quotidien du Peuple” que les relations sino-américaines étaient « bizarres ». Le chercheur a expliqué que les deux parties ont à la fois « un conflit d’intérêts essentiels et de grands intérêts entremêlés » tant économiquement que stratégiquement.

Céline Tabou


Kanalreunion.com