Economie

Le Nord et le Sud de La Réunion, des zones privilégiées à l’emploi

Etude INSEE - Emploi

Sophie Périabe / 23 décembre 2010

La répartition spatiale des 210.000 emplois salariés que compte La Réunion au 31 décembre 2007 montre que tous les espaces ne sont pas équivalents. Il existe des périmètres privilégiés qui ont su ou pu attirer les emplois. Dans notre île, le Nord et le Sud sont les espaces favorables puisqu’ils concentrent à eux seuls 2/3 des emplois réunionnais. C’est le résultat d’une étude publiée la semaine dernière par l’INSEE.

Zone d’implantation du chef-lieu, le Nord apparaît naturellement en position de suprématie et rassemble ainsi 36% de l’emploi de l’île. Le centre-ville est le pôle d’emplois qui concentre le plus de salariés à La Réunion. Sur une surface de 180 hectares, 10% des salariés de l’île sont regroupés, soit 21.500 emplois. On y retrouve les sièges des grandes administrations, banques et sociétés de service aux entreprises.

Aux abords du centre-ville, des pôles d’emplois se sont formés et viennent compléter la multitude des services publics déjà disponibles en centre-ville de Saint-Denis.

Le Butor et Champ-Fleuri constituent un pôle d’emplois très important, 5.200 salariés y travaillent, essentiellement dans les services publics.

Plus à l’Est, la zone industrielle du Chaudron est la première implantée dans le Nord de l’île, au milieu des années soixante-dix. Bien desservie par de grands axes routiers, notamment la quatre-voies du littoral, cette ZI est une zone privilégiée, courtisée par une grande diversité d’activités.

Le Nord a aussi la particularité d’accueillir plus d’emplois stratégiques (ingénierie, haute technologie). La Technopole se démarque en étant spécialisée dans le développement des Technologies de l’information et de la communication. Elle est considérée aujourd’hui comme l’un des principaux moteurs de compétitivité des entreprises.

Enfin, plus à l’Est encore, dans les communes de Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne, des zones d’activités ont vu le jour plus récemment, notamment celle autour de l’aéroport et celle de Quartier-Français.

Saint-Pierre, Saint-Louis et Le Tampon regroupent presque 80% des emplois du Sud

Les dix communes du Sud offrent 62.200 emplois salariés, ce qui place la zone en seconde position derrière le Nord. La micro-région couvre le territoire le plus vaste et le plus peuplé de l’île. Fin 2007, 29% des emplois réunionnais y sont localisés contre 36% de la population.

Seules trois communes se démarquent grâce à des espaces suffisamment denses, regroupant un minimum de 400 salariés. Les communes de Saint-Pierre, Saint-Louis et Le Tampon regroupent à elles seules presque 80% des emplois du Sud.

Le centre-ville de Saint-Pierre regroupe 11.000 emplois et recouvre une superficie vaste de 230 hectares. Ce pôle d’emplois s’apparente peu à celui de Saint-Denis, bien que Saint-Pierre soit la capitale du Sud. Les centres-villes de Saint-Louis et du Tampon constituent deux pôles d’emplois satellites de celui de Saint-Pierre. Ils ont des profils proches tant par la surface (100 et 120 hectares) que par le nombre d’emplois, entre 4.000 et 5.000.

Autour des centres-villes, des zones d’activités ont été aménagées, notamment à Saint-Louis et à Saint-Pierre. La ZI n°1 de Saint-Pierre est la première créée en 1970. Si sa vocation était de développer les activités industrielles, sa contiguïté avec l’agglomération a favorisé l’émergence d’un pôle de 1.200 emplois à vocation essentiellement commerciale. Autre pôle commercial, la ZAC Canabady, récemment créée.

Basés sur des zones industrielles, les pôles ZI n°2 et n°3 totalisent 2.000 salariés sur 57 hectares. L’agroalimentaire y domine, le quart des salariés travaillant pour la CILAM, les Salaisons de Bourbon ou pour un des dix autres établissements du secteur dont la taille s’échelonne entre 5 et 50 salariés.

Deux économies cohabitent à l’Ouest

Deux zones d’emplois composent le paysage économique de l’Ouest : Le Port et Saint-Paul, qui présentent des profils très éloignés. Cette micro-région concentre 25% des emplois.

Dans la ville du Port, l’emploi est très concentré et les zones d’activités captent l’essentiel de l’activité économique de la ville. Fait rare, le centre-ville du Port n’est pas le premier pôle d’emplois, la zone industrielle n°2/3 à l’entrée de la ville réunissant 4.600 salariés. L’économie portoise est naturellement liée à l’activité portuaire et industrielle.

Les secteurs de la construction, du commerce de gros, de la logistique et l’entreposage englobent la quasi-totalité des emplois.

La vaste commune de Saint-Paul est quant à elle tournée vers les activités destinées à sa population résidente et celle de passage : services publics, commerces et tourisme.

A la sortie du Port, la zone d’activités de Cambaie se distingue par son analogie avec les zones industrielles du Port. Elle est spécialisée dans les activités productrices : le BTP et les industries de biens intermédiaires et d’équipements concentrent la moitié des emplois du pôle. Longeant cette même route, une seconde zone d’activités, Savannah, propose une économie de proximité, orientée vers ses habitants : les grandes surfaces et grands magasins spécialisés s’y multiplient, assurant 600 emplois.

Dans le centre-ville, administrations, services médicaux et hôpitaux polarisent l’emploi avec 3.700 salariés. Les services marchands offrent quant à eux un millier d’emplois.

Plus au Sud, trois stations balnéaires (Saint-Gilles, Ermitage et La Saline) forment des pôles d’emplois, le tourisme étant au centre de l’activité.

Progression à l’Est grâce à la ZFU

Enfin, à l’Est, les zones de concentration sont moins marquées et par conséquent étendues et peu spécialisées. Cette micro-région occupe 21.600 salariés à la fin de l’année 2007, soit seulement 10% de l’emploi salarié réunionnais. Le nombre d’emplois salariés a malgré tout progressé de 8% en 2007, probablement suite à la mise en place de la Zone franche urbaine (ZFU).

L’emploi à Saint-André se concentre en deux points : au centre-ville historique et dans le quartier de Cambuston-Petit Bazar. Cambuston s’est développé sous l’influence de la ville sucrière de Quartier-Français et de l’usine de Bois-Rouge. Ce passé est encore visible aujourd’hui, puisque 900 salariés se concentrent dans ce pôle. Même si les activités liées aux services publics et aux services de proximité y sont très variées, le premier employeur de la zone est le secteur de la construction (200 salariés), notamment dans le centre-ville.

A Saint-Benoît, le centre-ville propose une autre panoplie d’activités. Moins commerçant avec seulement 600 salariés dans ce secteur, il s’impose comme le pôle de santé de l’Est. En effet, le Groupe Hospitalier Est Réunion, la Clinique de la Paix ainsi que les autres établissements du domaine de la santé regroupent plus de 900 salariés dans le pôle.

SP (Avec INSEE Partenaires N°10 décembre 2010 – “centres villes et zones d’activités”)


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