Economie

Le paradoxe : faillite européenne, confiance américaine

Dette publique

Céline Tabou / 22 avril 2011

Des pays de l’Union européenne comme la Grèce et le Portugal sont aujourd’hui considérés comme des pays en faillite, qui ne parviendront pas redresser leurs économies d’ici cinq ans. À l’inverse, les États-Unis, en dépit d’une dette publique supérieure à ceux-ci, restent la première puissance économique mondiale.

Les dirigeants grecs et portugais ont décidé de mettre en place des plans de rigueur afin de réduire le déficit public, faisant ainsi porter la responsabilité des crises économiques internationale et nationale sur les travailleurs. Tandis que Barak Obama, dont le pays possède une dette correspondant à 84,6% du PIB, a lancé une campagne de promotion du plan de réduction de la dette publique. La mesure phare est l’annulation de la réduction fiscale aux Américains qui touchent plus de 250.000 dollars par an. Face à l’abaissement de la note de Standard and Poor’s, Timothy Geithner, secrétaire au Trésor a affirmé dans tous les médias US qu’il n’y avait aucun doute quant au remboursement de la dette par son gouvernement.

Les Américains loin de réformer

Dans un entretien au "Monde", le 21 avril, Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), a estimé que « les États-Unis manquent d’un plan crédible à moyen terme pour réduire leurs déficits budgétaires. Le débat entre les deux partis qui s’est conclu, le 8 avril, par un plan d’économies de 39 milliards de dollars [27 milliards d’euros] était insuffisant. […] Le discours du président Barack Obama, prononcé le 13 avril, va dans la bonne direction, mais les décisions concrètes restent à prendre ».
Alors que l’Union européenne et le Fonds monétaire international se sont dits prêts à aider le Portugal, sous condition d’un "programme d’ajustement" cumulant des mesures d’austérité et des réformes structurelles d’ici la mi-mai. Les dirigeants européens ont décidé des mesures d’austérité pour réduire le déficit et relancer l’économie encore touchée par la crise économique et financière de 2008.
Olivier Blanchard a également expliqué que le FMI allait « changer de doctrine en proposant à ses pays membres de contrôler les flux de capitaux dans certaines circonstances ». « Jusqu’à la crise, les banquiers centraux croyaient détenir la solution miracle, en stabilisant l’inflation et les anticipations d’inflation. Pour cela, ils utilisaient essentiellement un seul outil : le taux d’intérêt […]. La crise a fait voler ce modèle en éclats ».

Le FMI remet en cause les taux d’intérêts

Face à l’aggravation de la situation économique occidentale, notamment l’effondrement des banques lors des inquiétudes sur la dette grecque, mardi 20 avril, le FMI a décidé de mettre l’accent sur sa réforme structurelle et les règles qui dictent le Fonds. Les économies occidentales sont dépassées par un modèle de développement devenu obsolète. L’Afrique, habituée à des taux d’intérêts élevés, avait tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences sur le moyen et long terme de ceux-ci.
Aujourd’hui, les États-Unis, la Grèce et le Portugal subissent de plein fouet ces taux, en effet, le montant du remboursement est quasiment doublé par rapport à la somme empruntée.
Pour éviter que de nouvelles économies ne s’effondrent, le Fonds monétaire international a recommandé de réduire les taux d’intérêts des économies de sauvetage et l’UE devrait aussi bénéficier d’une plus grande « flexibilité » pour intervenir sur les marchés financiers.

Céline Tabou


Montant du déficit public en % du PIB

États-Unis 11% du PIB
Grèce 10% du PIB
Portugal 7,7% du PIB


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