Economie

Le tourisme à La Réunion

Témoignages.re / 24 novembre 2005

Jusqu’en 1800, le tourisme était réservé à une classe privilégiée de la société. Le terme tourisme provient du "tour" que faisait les plus jeunes aristocrates anglais afin de parfaire leur éducation. Mais le tourisme que nous connaissons s’est étendu au niveau mondial sous l’effet de différents facteurs :

- l’extension du temps de loisirs qui est la résultante de l’application de la loi des congés payés en 1936,

- l’augmentation du niveau de vie,

- la révolution des transports permettant des déplacements plus faciles et moins onéreux.

Depuis, il connaît une croissance régulière qui en fait aujourd’hui un phénomène de masse et le poste le plus important du commerce international.

À La Réunion, c’est à partir de 1960 que démarrent des actions en faveur du tourisme notamment dans le 4ème plan de développement des DOM. Cette date marque le début du développement du tourisme à La Réunion.

Le tourisme, du fait des flux monétaires en provenance de l’extérieur qu’il induit, peut s’analyser comme une activité exportatrice. Or, l’activité du tourisme à La Réunion représente environ 315 millions d’euros en 2004 d’après l’estimation sur les dépenses des touristes. Un résultat que l’on peut mettre en parallèle avec le montant annuel des exportations qui n’atteignait que 249 millions d’euros en 2004.

Capacité hôtelière accrue

Entre 2000 et 2004, les recettes du tourisme ont évolué de 13.80 % environ.
La contribution du tourisme à la formation du PIB marchand régional représente aujourd’hui environ 3 %. Ce résultat est particulièrement faible comparativement aux autres pays de la zone Océan Indien et également par rapport à la moyenne nationale qui se situe autour de 7 %.

80 % des touristes viennent de la Métropole. L’île Maurice et les autres pays d’Europe représentent respectivement 6 % et 5 %.

En comparaison, La Réunion se situe en deuxième place parmi les destinations de la zone sud de l’Océan Indien, derrière l’île Maurice qui a accueilli plus de 715 000 touristes en 2004 en hausse constante par rapport aux années précédentes.

Il est impossible de concevoir tourisme sans hébergement adapté. Le parc hôtelier doit suivre le nombre de touriste grandissant et s’adapter par rapport à leur exigence.

En 1963, La Réunion ne comptait que 4 hôtels de tourisme totalisant 68 chambres pour 3.000 touristes. Depuis cette date, la capacité hôtelière s’est considérablement accrue, incité par différents moyens mis en place dans le cadre du développement des DOM et à des dispositions fiscales telles que la défiscalisation outre-mer. En 2004, la capacité hôtelière est d’environ 2.900 chambres (soit plus de 5.800 lits). À côté de cela, on a aussi assisté à un développement des formes d’hébergements ruraux (gîtes ruraux, gîtes de montagne, auberges de campagne...) ainsi que des villages-vacances et des résidences de tourisme dont la capacité total est d’environ 4.700 lits. Toutes catégories confondues, la capacité d’hébergement à La Réunion est estimée à environ 11.000 lits (classés et non classés).

La diversification des marchés émetteurs de touristes est essentielle vu la potentialité de certains pays de la zone notamment de la Chine, l’Inde ou l’Afrique du Sud. Par exemple, en 2004 le nombre de touristes Indiens, Chinois et Sud africains est évalué à respectivement à 400, 600 et 750 personnes environs. Notre île reste pour l’instant inconnu à ces pays. Des efforts sont nécessaires afin de faire connaître La Réunion auprès de ces pays ainsi qu’une simplification des procédures de délivrance de visas pour les touristes. La Réunion a récemment obtenu auprès de la Chine le statut de destination touristique autorisée grâce aux efforts entrepris par la Région pour favoriser les échanges entre notre île et ce pays. En effet, le président de la Région avait appelé l’attention du gouvernement sur un assouplissement des conditions d’entrée à La Réunion des ressortissants chinois, alors qu’un accord avait été signé auparavant entre les autorités européennes (dans le cadre de l’espace Schengen) et chinoises mais qui excluait le territoire réunionnais.

Risham Badroudine


Kanalreunion.com