Economie

Les bouchers – charcutiers revendiquent une juste répartition de la subvention de l’État

Baisse des prix - Lancement du projet DEFI

Témoignages.re / 25 janvier 2011

C’est ce lundi 24 janvier 2011 qu’est officiellement lancé le projet DEFI (développement, élevage, filières interprofessionnelles) qui prévoit une baisse de 5 à 20% du prix de 80 produits locaux, viande de bœuf, de porc, de volaille et yaourt. Une baisse sera répercutée dans les grandes surfaces mais pas chez les bouchers–charcutiers qui estiment avoir été « exclus » des discussions sur la mise en place de ce projet. Réunis au sein du Syndicat mixte des bouchers, charcutiers et traiteurs (SMBCT), ils demandent à bénéficier « de façon juste » à une partie de la subvention annuelle de 4 millions d’euros accordée par l’État et par l’Europe à la filière. Un courrier en ce sens signé par les présidents des 3 chambres consulaires a été adressé au président de la République et au ministère de l’Agriculture.

Pour Didier Mazeau, président du SMBCT, le constat est simple. « On veut laisser les bouchers–charcutiers mourir au profit des grandes surfaces ». En effet, à partir de ce lundi, 120 points de vente de la grande distribution appliquent le projet DEFI, soit une baisse de 5 à 20% du prix de 80 produits locaux comme la côte de porc, le carry bœuf ou encore les escalopes de poulet. Une baisse qui ne s’applique pas chez les bouchers–charcutiers, ne faisant pas encore partie du projet.

Et pour cause, « depuis 2 ans et demi, l’ARIBEV (Association réunionnaise interprofessionnelle du bétail, de la viande et du lait-NDLR) se penche sur la mise en place de DEFI et nous n’avons jamais été conviés aux réunions », s’insurge Didier Mazeau. « Ce n’est que le 23 décembre 2010 qu’on nous invite pour signer une convention avec l’interprofession, sans qu’on sache le contenu. Quel est le montant de l’aide ? Comment est-elle appliquée ? Quels sont les produits concernés ? Nous n’en savons rien. Nous avons donc refusé de participer à la réunion. Nous avons demandé à obtenir davantage d’informations, mais l’ARIBEV ne nous répond pas », poursuit le porte-parole du SMBCT.

Selon le syndicat, environ 300.000 euros d’aide leur a été proposée par l’ARIBEV pour les filières porc, volaille et boeuf sur les 4 millions d’euros de subvention annuelle. Un montant qui « n’est pas satisfaisant » au regard des contraintes imposées par le projet. « DEFI, c’est davantage de contrôles, que ce soit des autorités sanitaires, de l’Europe, et de la direction de la concurrence et de la répression des fraudes », juge Didier Mazeau. Il estime par ailleurs que les grandes surfaces ne « jouent pas vraiment le jeu de la baisse des prix ». « La grande distribution a augmenté ses prix sur certains produits entre octobre 2010 et janvier 2011 pour ensuite faire les faire baisser. En réalité, le prix reste le même », dénonce un représentant du syndicat.

Le SMBCT demande donc l’ouverture des discussions avec l’interprofession afin que la subvention soit répartie « de façon juste » avec les autres professionnels de la filière viande, à savoir les bouchers — charcutiers, les traiteurs mais aussi les éleveurs et les transformateurs indépendants. En effets, selon Didier Mazeau, « seuls les membres de l’ARIBEV bénéficient actuellement de la subvention alors que le texte mettant en place le projet DEFI prévoit une application pour tous les professionnels ayant un agrément ». « Nous voulons que les textes soient appliqués. Nous sommes prêts à saisir la justice s’il le faut », prévient le responsable syndical.


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