Economie

Les chaudières de distillation améliorées des huiles essentielles à Madagascar

Géranium – cinquième partie

Georges Gauvin / 25 avril 2015

Productions agricoles, hors la canne, de nature à booster notre développement économique…

L’objectif de l’introduction des chaudières améliorées à Madagascar :
Introduction et diffusion d’une pour réduire la consommation du bois de chauffe par les unités malgaches de distillation de plantes à huiles essentielles. Ce projet a été initié par l’association « Au Rythme de l’Afrique » dans le cadre de ses missions d’accompagnement de structures locales africaines pour l’accès à une énergie durable pour tous. Ce projet lancé officiellement en septembre 2011 en collaboration avec l’ONG malgache l’Homme et l’Environnement concerne l’activité de production d’huiles essentielles à Madagascar. Cette activité génératrice de revenus utilise traditionnellement le bois comme source d’énergie pour le fonctionnement des alambics. Le projet vise à substituer ce bois de chauffe par des résidus de distillation ou autres résidus de biomasse avec un objectif idéal de « zéro bois brulé ».
Dans ce qui suit, la distillation du géranium n’est pas directement concernée mais le principe de substitution du bois par des résidus de distillation peuvent également concerner le géranium.

Deux systèmes sont utilisés.
La production d’huiles essentielles à Madagascar exige une consommation excessive de bois. Pour tenter de résoudre ce problème les associations « l’Homme et l’Environnement » et « Au rythme de l’Afrique » s’associent dans le but de créer un nouvelle chaudière. Celle-ci permet d’économiser 280 tonnes de bois par an, en remplaçant la consommation de bois par la consommation de feuilles séchées.
L’évaluation des sites, les retour d’expérience et les échanges avec le Professeur Josoa ont permis de déterminer et d’envisager 2 solutions technologiques différentes (mais utilisant toutes les deux les résidus de distillation comme combustible) afin d’être appropriées aux 2 sites ciblés la première année :

Sur le site de Vohibola, c’est un avant-foyer simplifié ou type grille qui est développé. Ce système nécessite un simple séchage au soleil du combustible. Le prototype a été validé via 3 essais de terrain en conditions réelles sur le site de Ambodoritra. Il est maintenant en phase de reproduction au niveau des autres unités de distillation de Vohibola.

Sur le site de Vohimana, la solution envisagée est un avant-foyer polycombustible type gazéificateur associé à un séchoir indépendant. L’objectif est d’adapter à Vohimana un système de combustion qui puisse répondre aux conditions climatiques des forêts humides et pluvieuses de l’Est et à la diversité des résidus de distillation trouvés sur place en tant que combustibles. La solution technique envisagée pour répondre à cela est le développement d’un avant-foyer polycombustible type gazéificateur associé à un séchoir indépendant donc développer en atelier une technologie appropriée qui fonctionne, de la valider et ensuite de l’installer sur site et d’organiser un suivi régulier.

Site de Vohimana (en cours) La solution envisagée est un avant-foyer polycombustible type gazéificateur associé à un séchoir indépendant nécessitant des travaux de recherche et de développement importants pour pouvoir :
• brûler le principal résidu de distillation qui est très fibreux, •
sécher le futur combustible,
• brûler de la sciure de bois,
• déterminer quels autre(s) combustible(s) et dans quelle(s) proportion(s). Le travail de R&D est engagé suivant un cahier des charges élaboré et rédigé en accord avec les différents partenaires (responsable techniques, utilisateurs et le Professeur prestataire). Les recherches appliquées ont débuté en décembre 2011. Des premiers essais ont été réalisés en atelier.

Site de Vohibola : L’avant-foyer de la chaudière à bois d’Ambodoritra a été remplacé par un système d’avant-foyer dit simplifié ou type grille fonctionnant avec 100 % de résidus de distillation. La nouvelle chaudière est ainsi fonctionnelle, efficace et appropriée, elle a été testée et validée lors de 3 essais en conditions normales de fonctionnement. Elle a été mise en service en décembre 2011. Les résultats sont très positifs :

• seulement 72 à 82 kg de feuilles séchées sont nécessaires pour effectuer une distillation complète de 3h. Ils remplacent les 1000 kg de bois qui auraient traditionnellement été brûlés,
• les performances techniques (rendement, vitesse de distillation…) sont identiques, voire meilleures comparées à celles avec le système de chauffe au bois,
• l’appropriation des distillateurs au fonctionnement de nouveau foyer est confirmée. L’efficacité du système permet d’envisager la production d’autres HE qui ne produisent pas forcément des résidus combustibles.

De ce qui précède on pourrait en tirer des leçons pour notre actuelle et future distillation du géranium :
Rien ne nous oblige à rechercher continuellement du bois pour distiller le géranium. Si on s’inspire des résultats obtenus à Madagascar, pourquoi ne pas faire sècher les déchets de distillation afin de les utiliser à nouveau comme combustible pour la future cuite. A moins de faire des choix différents comme :

– la production de champignons de géranium,
– la production de compost aux fins d’obtenir de l’essence bio de géranium,
– ou bien encore produire du bio-gaz pour le fonctionnement de chaudières au gaz

2-Il y a lieu de noter que la CAHEB préconise déjà des innovations comme le four à circulation d’air chaud : » Ce système au point techniquement améliore les performances de la distillerie, la réduction des temps de cuite, l’économie du combustible. Par ailleurs l’utilisation de brûleurs sans bois peut être envisagée : fuel, gaz »…


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