Economie

Les choix de la Région Réunion plombent le BTP réunionnais

La NRL masque une chute de près de 10 % du chiffre d’affaires

Témoignages.re / 8 juillet 2015

L’arrêt du tram-train et la remise en cause du projet Perben de route du littoral ont porté un rude coût au BTP. Le secteur est encore loin de retrouver le niveau qu’il avait quand Didier Robert a donné le signal de la casse des grands chantiers en 2007 au Tampon. La hausse de 6,6 % est due au projet de route en mer, alors que les matériaux pour la construire ne sont pas disponibles, et qu’elle est de plus en plus contestée. Sans ce projet, le chiffre d’affaires du BTP a reculé de près de 10 %, précise le Bilan économique 2014 de l’INSEE publié hier. C’est une véritable catastrophe. Voilà de quoi faire réfléchir ceux qui ont cru aux promesses de 2010.

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Travaux de préparation d’un chantier de route en mer dans une île sur la trajectoire des cyclones.

Projet contestable et contesté, la nouvelle route du littoral a manifestement été lancée sans que la question des matériaux ne soit réglée. De plus, la NRL accumule les atteintes à l’environnement, ce qui fragilise encore plus le projet. Le bilan économique fait apparaître un choix de la Région Réunion : concentrer les moyens sur le projet de route en mer. En effet, à part la NRL, « les crédits de paiement dédiés par la Région aux autres travaux baissent de 41 % ».

En 2014, la Région Réunion a dépensé 200 millions d’euros pour payer les travaux du projet pharaonique. Les dernières données satellitaires annoncent une hausse du niveau de la mer de 6 mètres. Cette hypothèse n’a pas été prise en compte par les partisans de la route en mer. D’où des lendemains difficiles quand la réalité finira pas s’imposer.

À la différence de Paul Vergès, Didier Robert a été le président de l’immobilisme à la Région Réunion : aucun lycée construit en 5 ans, aucune nouvelle route, seul le pont de la rivière Saint-Etienne lancé par l’ancienne majorité a été inauguré.

La Région Réunion a préféré orienter ses dépenses dans une aide aux vacances de 31 millions d’euros rien que pour cette année pour subventionner des billets d’avion, selon les chiffres de l’Alliance. La collectivité a aussi préféré subventionner les vendeurs d’ordinateurs à hauteur de 9 millions d’euros par an (500 euros de bon d’achat pour une machine). Sur 5 ans, ce sont 45 millions d’euros qui sont envolés, soit l’équivalent de la part régionale dans la construction de deux lycées.
Ce sont autant de fonds qui échappent à l’investissement et donc à l’emploi, en particulier pour le BTP.

En effet, l’activité du BTP à La Réunion ne se résume pas à la route en mer. En dehors des tonnes de galets jetées à la mer à La Possession et à la Grande Chaloupe, l’année 2014 a été catastrophique pour le BTP. Son chiffre d’affaires a reculé de 9,8 % sur un an. « Le domaine des travaux publics est fragilisé, avec une baisse de 27 % des consultations dans le cadre des marchés publics, tandis que le secteur du bâtiment est mieux orienté (+7 % par rapport à 2013). Du côté des bâtiments résidentiels, les travaux générés par le logement social sont en baisse en 2014, tandis que le logement privé reste atone ».


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