Economie

Les entreprises locales se tournent vers le Mozambique

La CCIR organise une mission de prospection

Témoignages.re / 11 juin 2011

En novembre, des entreprises iront à Maputo pour tester les opportunités d’affaires dans les secteurs de l’environnement, de l’agroalimentaire, de l’énergie. Une réunion d’information a eu lieu hier à la CCIR.

La CCIR (Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion) accompagnera des entreprises réunionnaises en mission de prospection à Maputo, au Mozambique, à la mi-novembre, comme elle l’a fait l’année dernière en Chine.
Visite de sites, intervention d’experts, rencontres B to B sont au programme des 3 jours à Maputo, la capitale, moyennant une participation de 4.000 euros par entreprise.
Les secteurs de l’agroalimentaire, de l’environnement et de l’énergie sont ciblés.

Pour la CCIR, le Mozambique offre de nombreuses opportunités aux entreprises locales TPE/PME à condition de franchir le pas de l’export, même dans un contexte économique morose.

La journée d’information d’hier a présenté les opportunités d’affaires dans ce pays, les dispositifs d’aide à l’export et a donné la parole à deux entreprises pionnières.
« Le Mozambique, pays politiquement stable, avec un environnement des affaires en progrès, est considéré par le FMI comme un modèle de bonne gestion macroéconomique. Ce pays bénéficie depuis plusieurs années d’une remarquable croissance (+ 8%/an) qui devrait encore se maintenir à 7,5% sur le moyen terme », souligne la CCIR.
Ce qu’Abdéali Goulamaly, président du Groupe Océinde, et Yvan Mainix, président du Groupe Fibres, ont confirmé à travers leurs témoignages.

« Le développement endogène doit être régional »

L’entreprise d’aquaculture Aquapesca d’Abdéali Goulamaly dispose de 2.000 hectares au Nord du Mozambique et d’une énergie hydraulique à faible coût. « Quel autre pays au monde peut vous donner cela ! », s’exclame-t-il.
Pour l’homme d’affaires, l’île doit saisir sans attendre des opportunités considérables, en particulier dans le Nord du Mozambique.
« La Réunion, France de l’océan Indien, a un positionnement exceptionnel pour conquérir son environnement régional. Le développement endogène doit être régional », a-t-il insisté. Seul bémol, l’absence de liaison maritime rapide à partir de Mayotte, ce qui pourrait accélérer les échanges, notamment en matière de sécurité alimentaire.

Pour Yvan Mainix, « il y a de la place pour les TPE/PME dans tous les secteurs, dont les services, à condition d’avoir une stratégie et de regrouper les forces en termes de coopération ».
Le groupe Fibres est propriétaire d’une scierie dans la province du Zambèze. Installée depuis 2005, l’entreprise qui se définit comme « une petite PME » compte 200 salariés, dont 80 à La Réunion, et dispose de 150.000 hectares au Mozambique.
« Le Mozambique d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a 20 ans. Il offre des opportunités énormes », affirme-t-il, dans les secteurs de l’environnement, des énergies renouvelables pour des microprojets, de la construction de logements sociaux et des infrastructures.

L’agriculture, la sylviculture, la pêche, le tourisme sont d’autres secteurs prometteurs.
L’absence de liaison aérienne rapide constitue encore un frein à l’export au Mozambique. Pour Yvan Mainix, « Mayotte pourrait jouer un rôle essentiel pour l’ouverture vers l’Afrique de l’Ouest ». Il conviendrait aussi, selon lui, de donner le goût de l’expatriation aux étudiants : même dans les filières de commerce international, le Mozambique n’est pas un pays privilégié par les jeunes alors qu’il offre le plus de potentiel pour les entreprises.

EP


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