Economie

Les "experts" du FMI et de l’OCDE se veulent rassurants : « On n’y comprend plus rien, mais la situation est sous contrôle »

Japon : la dette explose et pas d’austérité

Témoignages.re / 24 avril 2013

Au Japon, le déficit public est supérieur à 10% du PIB et la dette publique dépasse les 200% du PIB. Ces données sont sans commune mesure avec les déficits des pays européens qui sont prétextes à des politiques d’austérité. Mais pour l’OCDE, le Japon n’est pas l’Europe. Et de souligner que ce pays va retrouver le chemin de la croissance sous réserve d’une maîtrise, mais pas réduction, de sa dette publique.

L’OCDE loue la politique anti-déflation du Japon, mais veut moins de dettes. En somme, l’OCDE nous dit (voir encadré) : « Nous n’y comprenons plus rien, nous ne savons pas ce qu’il conviendrait de faire, mais nous tenterons une fois encore de sauvegarder ce système qui fait eau de toute part, bref, on va continuer de bricoler, mais sans oublier la "règle d’or" : toujours pressurer les moins favorisés en épargnant les grands groupes et leurs banques ».
La dette publique du Japon est de 200% du PIB ! Et l’OCDE de féliciter le Japon : « Un assouplissement monétaire fort va stimuler la croissance et l’inflation, en partie grâce à l’affaiblissement du yen, bien que le Japon ne vise pas à agir sur le taux de change ».

Austérité imposée en Europe

L’inflation et l’affaiblissement du yen, au Japon, c’est very, very, very good ! L’inflation et l’affaiblissement de l’euro, en Europe, pardon, en Eurallemagne, ce n’est pas bien du tout ! Allez comprendre !
Et, pour ajouter à la confusion, Moody’s vient d’abaisser la note du Royaume-Uni au motif de la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement Cameron ! Politique d’austérité, rappelons-le, préconisée-imposée par les infaillibles experts du FMI sous contrôle de Mme Christine Lagarde. L’austérité, c’est bon pour la Grèce, pour l’Espagne, le Portugal, c’est exactement ce qu’il convient de faire, nous ont chanté et nous chantent encore les grosses têtes expertes du FMI, mais ce n’est pas bon pour l’Angleterre, et c’est mi-bon-mi-mauvais pour la France. Bref, imposons l’austérité renforcée qui entraîne ruines, détresses, misères et suicides, sanctionnons l’Angleterre pour sa politique d’austérité, et encourageons la France à faire toujours plus d’austérité.

Jusqu’où ira ce jeu de massacre ?

Et, cerise sur le gâteau, Mme Merkel (de droite), M. Hollande (de gauche) et quelques autres de leurs amis plaident pour une uniformisation des politiques économiques en Europe et dans le monde. Sage conseil : on uniformise quoi ? L’austérité, la relance ?
Et ça va durer jusqu’à quand ce jeu de massacre pour tenter - mais en vain - de préserver un système économique gangréné, générant toujours plus de violences confinant à la barbarie à l’encontre du plus grand nombre ?

Aimé Habib

Le communiqué de l’OCDE

« Le Japon est sur le point d’entrer en expansion, mais doit maîtriser sa dette publique »

Le Japon est sur le point d’entrer dans une phase d’expansion économique, mais ses perspectives de croissance à long terme demeurent tributaires d’efforts supplémentaires destinés à redonner de la vitalité à l’économie et à réduire des niveaux intenables d’endettement public, selon la dernière Étude économique de l’OCDE sur le Japon.

D’après les prévisions de cette nouvelle Étude, présentée à Tokyo par le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, l’économie japonaise devrait enregistrer une croissance annuelle de l’ordre de 1,5% en 2013 et 2014. Le rapport salue la stratégie en trois volets du Premier ministre Shinzo Abe - une politique monétaire audacieuse, une politique budgétaire flexible et une stratégie de croissance - conçue pour mettre fin à 15 années de déflation et relancer la croissance économique.

« L’Abenomics a entraîné un changement d’état d’esprit au Japon, renforçant la confiance des entreprises du secteur privé ainsi que des ménages », a déclaré M. Gurría. « L’expansion qui s’annonce sera tirée par les exportations et devrait doper l’investissement des entreprises et l’emploi, tout en mettant fin à la déflation. Nous jugeons naturellement ces évolutions encourageantes, mais il demeure primordial que le Japon s’attaque au problème de sa dette publique, dont le niveau est extrêmement élevé et continue de monter, ainsi qu’à d’autres difficultés soulevées par le vieillissement de sa population », a indiqué M. Gurría._

L’Étude souligne que la dette publique brute du Japon a atteint 220% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012 - soit le niveau le plus élevé jamais observé dans la zone OCDE - tandis que le déficit budgétaire oscille autour de 10% du PIB. Dans la mesure où le ratio d’endettement poursuit son ascension vers des sommets inexplorés, le rapport met l’accent sur la nécessité urgente de rétablir la viabilité budgétaire. « La viabilité des finances publiques est devenue un problème important, mais j’espère que le plan budgétaire que le gouvernement a promis de présenter plus tard cette année contribuera à améliorer la situation », a déclaré M. Gurría._

Ce plan devrait intégrer des réductions de dépenses et des hausses d’impôts d’une ampleur suffisante pour ramener le solde budgétaire primaire à une situation d’excédent d’ici à 2020 et stabiliser le ratio de la dette publique. Un train de mesures crédible et précis est essentiel pour préserver la confiance des marchés quant à la situation budgétaire du Japon, et atténuer ainsi le risque d’une montée des taux d’intérêt long terme, selon l’OCDE.


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