Economie

Les filières REP : une plus-value pour notre territoire

Collecte et de valorisation des déchets

Témoignages.re / 6 mai 2014

Pour la plupart accompagnées par le SICR, avec le soutien des éco-organismes et de l’ADEME, les filières de collecte et de valorisation des déchets dites « REP » (pour Responsabilité Elargie du Producteur) s’inscrivent de plus en plus dans le paysage local. L’année 2013 illustre encore une fois le dynamisme de ces dispositifs, avec l’arrivée de nouvelles filières et l’élargissement du périmètre d’action de deux d’entre elles. Dorénavant au nombre de dix-sept, les filières REP contribuent véritablement au développement durable de notre île et créent de nouvelles opportunités industrielles et de nouveaux emplois.

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Après leur collecte, ses pneus usés sont recyclés.

Les éco-organismes nationaux représentés par le Syndicat de l’Importation du Commerce à La Réunion (SICR) dans le département sont Corepile, Eco-systèmes, Recylum et Eco- Mobilier. Agréés par l’Etat, ils ont pour charge de pourvoir et de contribuer à la gestion et à la valorisation des déchets relevant de leurs compétences, ainsi qu’aux actions de sensibilisation auprès du grand public et des professionnels. Egalement représentés institutionnellement par le SICR, deux organismes collectifs créés à l’initiative des importateurs locaux : ATBR pour le traitement des batteries usagées et AVPUR pour celui des déchets de pneumatiques.

Leur existence est la traduction concrète de l’obligation des producteurs de collecter au moins autant de produits usagés qu’ils en commercialisent à l’état neuf. C’est le principe du « pollueur-payeur » sur lequel s’appuient les dispositifs règlementaires de la « responsabilité élargie du producteur « (REP).

Des apports règlementaires qui créent de nouvelles activités

Suite à la publication de nouveaux décrets, trois nouvelles filières REP ont vu le jour l’an dernier au niveau national : DDS (Déchets Dangereux Spécifiques) pour la collecte et l’élimination des déchets ménagers issus de produits chimiques, DEA pour les Déchets d’Eléments d’Ameublement, et DASRI PAT (Déchets d’Activités de Soins à Risque Infectieux pour les Patients en Auto-Traitement).

Depuis mai 2013, le SICR accompagne l’éco-organisme Eco-Mobilier pour la mise en œuvre de la filière DEA ménagers à La Réunion. En 2014, le syndicat a également soutenu l’éco-organisme DASTRI lors du lancement de la filière DASRI PAT sur notre île, intervenu au cours de la Semaine du Développement Durable.

Autre fait marquant en 2013, une meilleure prise en compte des déchets des professionnels qui a engendré la mise en place des filières DEA Pro et DEEE Pro sur notre île. Ces derniers - les déchets d’équipements électriques et électroniques professionnels - sont pris en charge en fonction de leur catégorie : soit par le prestataire local Stardis pour RECYLUM, soit par RVE pour ECO-SYSTEMES.
D’autres nouvelles activités en lien avec les récents changements règlementaires seront mises en œuvre ces prochains mois. Elles concerneront notamment les consommables des systèmes d’impression tels que les cartouches jet d’encre et toner.

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SICR et ADEME ont présenté les résultats de la filière.

Une adhésion plus forte pour consolider l’existant

Quant aux filières REP opérationnelles depuis quelques années à La Réunion, elles poursuivent leur développement avec un réseau de points de collecte qui se densifie et l’arrivée de nouveaux producteurs. Un projet pilote de collecte des déchets a par ailleurs été lancé courant novembre 2013 en habitat social vertical. Une initiative de la SIDR qui a affecté un local pour la réception des DEEE d’un de ses immeubles.
Grâce notamment à la poursuite des actions de sensibilisation, il y a indéniablement une plus forte adhésion des acteurs des filières et du grand public. Cette prise de conscience collective permet d’augmenter les taux de collecte de déchets. Entre 2012 et 2013, ils ont augmenté de 67% pour les piles et accumulateurs portables, 33% pour les batteries, 18% pour les lampes, 16% pour les pneumatiques et 5% pour les DEEE.

Des progrès entravés par des activités illicites

Malgré ces avancées, le SICR qui accompagne la structuration des filières REP déplore l’existence de circuits parallèles qui font fi de la règlementation et nuisent à la pérennité des entreprises du recyclage.

Certains déchets comme les batteries, les équipements ménagers et les véhicules hors d’usage - sources de matières à valeur positive (plomb, cuivre, ferraille...) - échappent trop souvent aux filières d’élimination et de valorisation officiellement constituées. Outre leur valeur marchande, les raisons en sont multiples : peu d’éthique de certains professionnels, manque de discernement sur les enjeux de santé publique et de préservation de l’environnement, manque de clairvoyance sur les atouts des filières REP en matière de développement économique. Les opérations de sensibilisation vont dès lors se poursuivre surtout si l’on veut que les filières REP deviennent le catalyseur d’une économie plus vertueuse.

Pour illustrer l’engagement des éco-organismes dans cette nouvelle logique économique, le SICR organisera le 10 octobre prochain un colloque sur le thème « les filières REP, une chance pour l’Economie Circulaire ».


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