Economie

Les intérêts de La Réunion sacrifiés pour des profits personnels

Vente du Groupe Quartier Français

Manuel Marchal / 21 février 2011

Le "Journal de l’île" de samedi apporte un éclairage sur les conditions de la vente de la Société sucrière de Quartier français à Tereos. Pour les initiateurs de cette vente, c’est l’intérêt personnel qui est passé avant l’intérêt du pays. Car la conséquence, c’est le transfert à un groupe extérieur de l’industrie sucrière et du pôle spiritueux.

Le "Journal de l’île" a publié samedi un article sur les dessous de la vente de la majorité des parts de la Société sucrière de Quartier français (SSQF) à Tereos. SSQF étant propriétaire à 100% du groupe Quartier français, l’actionnaire majoritaire de SSQF détient automatiquement la totalité du premier groupe industriel réunionnais.
Le "JIR" de samedi explique que le sort du groupe Quartier français a été scellé en une heure et demie, le 21 décembre 2009. Le PDG Xavier Thiéblin est débarqué par une coalition entre Jean Bourdillon, par ailleurs PDG de Marbour, et Chantal de Palmas.
Le tenue de cette réunion a été si « houleuse » qu’une partie des actionnaires a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal de commerce de Saint-Denis. Ces actionnaires affirment que la procédure légale n’a pas été suivie. Et qu’outre cette irrégularité, elle ne s’est pas faite de manière morale, puisque « Tereos a entrepris de démembrer entièrement Quartier Français et de payer son acquisition par la vente des actifs grâce au concours des vendeurs », indique le "JIR".
Cette réunion du 21 décembre a plusieurs conséquences lourdes pour La Réunion. C’est tout d’abord son premier groupe industriel qui bascule dans les mains d’une coopérative de planteurs de betteraves. Cette dernière est désormais propriétaire de toutes les usines sucrières de La Réunion, et aussi du centre de recherche de la filière canne, Ercanne.
Une autre conséquence, c’est le démantèlement du groupe Quartier français qui commence. La seule obligation fixée par l’Autorité de la concurrence était la vente d’Eurocanne, l’entreprise de conditionnement et de distribution de sucre. Mais c’est le pôle spiritueux de Quartier Français que Tereos a décidé de vendre en premier au plus offrant. Un groupe français s’est porté acquéreur. Pour la première fois dans l’Histoire de l’île, les usiniers n’ont plus rien à voir avec les fabricants d’alcool. C’est donc une nouvelle restructuration de la filière dans laquelle les planteurs, fournisseurs de la matière première, sont totalement mis à l’écart des décisions et des bénéfices.
L’élément nouveau apporté par le "Journal de l’île", c’est l’éclairage sur la méthode employée pour livrer l’industrie sucrière réunionnaise à une coopérative de planteurs de betteraves. Manifestement, c’est l’intérêt personnel qui a primé, dans la perspective de faire un gros profit pour pouvoir ensuite investir ailleurs.

M.M.



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Messages






  • Je ne comprends pas l’indignation de ce rédacteur. Je ne suis pas réunionnais, mais habitant du Loiret, un autre département français. Je n’ai aucun intérêt dans ces affaires, mais simple observateur et intéressé par ce qui ce passe dans cette île française.
    Si une entreprise du Loiret est vendue à une entreprise de l’Yonne, serai-je aussi indigné ? Il me semble que la vente de la sucrerie de Quartier Français au 1er groupe sucrier français est un signe positif pour cette industrie locale, qui pourra bénéficier de la puissance de ce groupe, tant sur le plan financier que technique.
    Que des actionnaires vendent pour leur profit personnel, quoi d’étonnant ? Vous connaissez beaucoup d’actionnaires philanthropes ? Et s’ils réinvestissent cet argent dans d’autres activités de l’île, je m’en réjouirai !
    Alors pourquoi tout ce courroux ?

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    • Quelques explications :

      Des extraits d’une motion adoptée à l’unanimité par les élus de la Commission permanente du Conseil général de La Réunion (toutes les tendances politiques de l’assemblée sont représentées) :
      "
      - Considérant les risques de transfert de savoir-faire technologique hors de La Réunion, car dicté par la prédominance des intérêts boursiers (exemple : en achetant Quartier Français, Téréos a fait également l’acquisition de Ercanne, c’est-à-dire toute la recherche-développement sur la canne à sucre qui a toujours occupé une place de premier rang au plan mondial),
      - Considérant que les entreprises visées font partie du socle de notre économie,

      .../...

      Tout en prenant en compte les effets induits par la mondialisation des échanges, les élus soussignés demandent

      Premièrement : que toute démarche de ce genre repose sur les principes et préalables suivants qui protègent l’activité et l’emploi à La Réunion :

      - la sauvegarde de l’emploi réunionnais,

      - la pérennité de l’exploitation des sociétés

      - le développement de l’activité économique locale

      - l’exercice de la saine concurrence dans l’intérêt du consommateur

      - l’intégration de l’aspect de service public dans une décision qui touche une denrée vitale telle que l’eau

      Deuxièmement : que soient appliquées localement les mesures de protection prévues en cas de cessions d’entreprises nationales pouvant avoir des conséquences préjudiciables pour l’économie française."

      Conclusion : ce n’est pas du tout ce que vous pensez

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  • Merci Charles Payet pour vos explications qui font taire, pour l’instant, la polémique.
    Il n’empêche que le français lamda ne peut comprendre ce qui est arrivé véritablement à propos de Quartier Français, et que , son raisonnement basé que sur l’argent, il pense que : ce n’est que source d’évolution, donc "C’est Bon".

    Voilà, le pire c’est qu"avec leur démonstration de : "Je ne suis pas réunionnais, mais ",
    "habitant , un autre département français", "Je n’ai aucun intérêt", "mais...... et intéressé ... ... dans cette île française. " ; Serait-il d’accord de voir, par exemple, sans aucun courroux, de voir s’envoler au profit de la Chine, l’Inde ou autre, l’un des fleurons du savoir-faire français = le Centre Spatial se trouvant en Guyane Française, à Kourou.

    Serait-il , encore, d’accord de dire que :"C’est Normal !!!" ?

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  • @ andrun : quel accueil chaleureux vous faites à un des nos concitoyens français. Il se présente très humblement, s’excusant presque de ne pas être de notre île, et demande simplement un éclairage. Ne vous étonnez pas qu’avec un tel savoir vivre les positions de chacun finissent pas se stigmatiser.

    Habitant de la Réunion, je demeure tout comme Yvann surpris de l’article. Il n’y a pas grand chose d’étonnant dans la transaction décrite (à part que Tereos compte payer la transaction par la vente de ces actifs, si j’ai bien compris ...).

    Le système dans lequel nous évoluons est bien capitaliste, même si nous pouvons en souhaiter un autre.

    Quant à Charles Payet, je me demande si tous les points de la belle liste de son copier-coller étaient déjà respectés avec la direction de SSQF ?

    Les grèves répétées des exploitants de cannes à sucre tendraient à dire que non.
    Alors que l’entreprise soit réunio-réunionaise, ou franco-française ... je ne vois pas d’aggravations. Je me satisfais juste qu’elle ne soit pas devenue chinoise ou indienne ce qui aurait à n’en pas douter inquiété notre concitoyen du Loiret.

    A bon entendeur ...

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