Economie

Les pauvres principales victimes de la hausse des prix

L’alimentation, les loyers et les produits de santé en tête des augmentations

Manuel Marchal / 18 juillet 2015

L’INSEE a publié vendredi 17 juillet le dernier Indice mensuel des prix à la consommation. Entre juin 2015 et juin 2014, il montre une hausse annuelle de 0,6 % dans l’alimentation et de 1,4 % des loyers, des dépenses qui comptent pour les personnes ayant les plus bas revenus. Depuis 1998, les prix dans l’alimentation ont augmenté de 37,9 % à La Réunion, contre 32,7 % en France. Les pauvres sont donc les principales victimes de la hausse des prix, c’est une nouvelle illustration d’un système profondément inégalitaire.

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Le dernier Indice des prix publié vendredi 17 juillet par l’INSEE fait apparaître une situation contrastée à La Réunion. Au cours des 12 derniers mois, l’indice a baissé de 0,3 %. Il apparaît que les produits pétroliers ont contribué à cette évolution. Leur prix a diminué de 5,7 % alors que pendant ce temps, la matière première a perdu près de la moitié de sa valeur. Cette baisse a profité aux propriétaires d’automobile, soit environ une famille sur deux, aux transporteurs, aux agriculteurs et aux professionnels de la route.

À La Réunion, l’intégralité des marchandises sont transportées par des camions qui fonctionnent avec de l’essence importée. Les produits pétroliers ont baissé de 5,7 %.
Cette diminution contraste avec l’évolution des prix des produits transportés par les camions, comme l’alimentation, en hausse de 0,6 %, et les produits manufacturés, en augmentation de 0,1 %. Les produits de santé connaissent également une hausse de près de 2 % sur un an.

L’indice des prix permet également de confirmer une tendance sur le long terme : à La Réunion les prix augmentent plus qu’en France.
Depuis 1998, la hausse globale a été de 30,3 % pour notre île, contre 28,5 % en France. Dans l’alimentation, l’écart dépasse 5 points : 37,9 % contre 32,7 %.

L’alimentation est un poste du budget qui pèse plus lourdement chez les personnes qui ont des revenus faibles. Or, ce sont précisément ces revenus qui sont fixés selon la réalité économique de la France. Les montants des retraites, du RSA, des indemnités pour perte d’emploi, des prestations sociales et du SMIC dépendent de critères liés à l’évolution du coût de la vie en France. Ce dernier augmente moins vite en France qu’à La Réunion. La conséquence est donc une baisse continue du pouvoir d’achat des plus pauvres.

Les loyers ont également augmenté de 52 % depuis 1998 à La Réunion contre 43 % en France. Là aussi ce sont les moins riches en patrimoine qui sont pénalisés.
Le contraste entre la hausse des prix des marchandises transportées par camion et celui des prix des carburants se vérifie aussi sur le long terme. Depuis 1998, les produits pétroliers ont augmenté de 63 % à La Réunion contre 87 % en France. C’est une différence de près de 25 points. Comment expliquer qu’avec une hausse inférieure de 25 points pour une matière première stratégique dans la formation des prix, ces derniers connaissent une hausse supérieure de 5 points dans l’alimentation ?

Cette différence de 1,8 point en 17 ans dans le rythme de croissance des prix sera-t-elle prise en compte dans le débat qui s’annonce sur l’égalité réelle ? Rappelons que cette différence accentue encore l’écart des prix qui existe entre La Réunion et la France.


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