Economie

Les pays émergents en ligne de mire de l’OCDE

Zone euro toujours à la traîne et confirmation du redressement des États-Unis

Céline Tabou / 13 mars 2014

A l’occasion de la présentation à la presse de l’Évaluation économique intermédiaire, le Secrétaire général adjoint et Chef Économiste par intérim de l’OCDE, Rintaro Tamaki, a annoncé que le ralentissement de l’activité des économies émergentes sera un frein à la croissance mondiale.

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Usine de voiture électrique Tesla en Californie. 2,9% de croissance cette année et 3,5% l’an prochain : l’OCDE confirme le redressement des Etats-Unis tandis que la zone euro reste loin derrière. Afrique du Sud, Brésil, Inde et Turquie subissent les effets de reflux de capitaux. (photo Steve Jurvetson)

Dans cette étude publiée le 11 mars, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) met en avant la dynamique de croissance qui s’est améliorée dans les économies avancées, le ralentissement de la croissance accentué par le durcissement des conditions financières dans les économies émergentes et les réformes structurelles devenues de plus en plus importantes tant dans les économies avancées que dans les économies émergentes.

Légère embellie

Dans la plupart des économies avancées, le rapport souligne « un renforcement de la reprise en cours, soutenue par une politique monétaire accommodante et une réduction des mesures fiscales ». L’OCDE confirme la reprise dans les pays développés, aux États-Unis où la croissance s’est accélérée, avec une hausse du PIB de 2,9% l’an prochain et 3,5% en 2015.

Dans la zone euro, elles progressent à 1% en 2014 et 1,6% en 2015. L’Espagne, le Portugal et l’Italie commencent à voir des éclaircies, car leurs économies sont aujourd’hui « tirées par la demande externe, une amélioration des balances courantes, un retour de la confiance et de l’investissement et des besoins d’ajustement budgétaire moins importants », a expliqué Jean-Luc Schneider, directeur du département Économie de l’OCDE, sur Le Figaro.fr.

Le rapport met en avant la faiblesse de l’économie européenne, concentrée autour du chômage et de l’inflation. A la baisse dans la plupart des pays, le taux de chômage reste très élevé dans la zone euro avec 12% en janvier, soit près du double de celui des États-Unis et de la Grande-Bretagne. L’inflation se situe à 0,8% en zone euro, ce qui « est largement sous la cible de 2% et devrait rester très faible pendant une longue période », a prévenu l’OCDE. L’évaluation de l’organisation montre qu’en dépit « des avancées sur le front des finances publiques et des réformes structurelles engagées, les fragilités sont encore aiguës pour les Dix-Huit » en ce début d’année 2014.

Le ralentissement des économies émergentes

Pour l’organisation, la croissance mondiale devrait « rester modérée à court terme en raison des difficultés rencontrées par certaines grandes économies émergentes ». En effet, l’OCDE a expliqué que les économies émergentes représentent plus de la moitié de l’économie mondiale, de fait « la performance économique à la traîne de plusieurs économies émergentes » devrait entrainer une « croissance économique mondiale seulement modérée sur le court terme ».

D’après le rapport l’accroissement économiques des pays émergents est disparates, d’un côté « certains pays continuent à croître fortement tandis que d’autres, frappés par un reflux des entrées de capitaux, sont à la traîne », comme l’Afrique du Sud, du Brésil, de l’Inde et de la Turquie. L’OCDE a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l’économie mondiale à 3,6% en 2014 et 3,9% en 2015.
Concernant la Chine, l’organisation s’inquiète « des risques d’un coup d’arrêt à la croissance si rien n’est fait pour encadrer la distribution du crédit et remédier aux faiblesses du système financier ».

Rintaro Tamaki a expliqué lors de la conférence de presse de présentation que l’assainissement budgétaire prévu au Japon, « devrait entamer la croissance à court terme ». De plus, « la hausse du taux de la taxe sur la consommation - qui entrera en vigueur le 1er avril - devrait doper l’activité au premier trimestre, les consommateurs procédant à des achats par anticipation, et faire monter le taux de croissance à 3.9% en rythme annualisé ». La reprise ne devrait revenir « sur une trajectoire plus normale », d’ici le troisième trimestre.

 Céline Tabou  


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