Economie

Livret A : gain de pouvoir d’achat en France mais pas à La Réunion

L’impasse d’un modèle économique fondé sur l’assimilation

Sanjiv Dinama / 24 janvier 2011

Un exemple qui illustre l’impasse d’un modèle économique fondé sur l’assimilation est celui du taux du Livret A. Christine Lagarde, ministre de l’Économie, décide d’augmenter le taux du Livret A en France à 2% à partir du 1er février afin de maintenir le pouvoir d’achat des Français. Mais le petit épargnant réunionnais voit ses économies se volatiliser car ce taux est largement inférieur au taux d’inflation observé à La Réunion (2,2%). L’épargnant réunionnais est aujourd’hui victime d’une perte de pouvoir d’achat sur ses économies.

« Le taux du Livret A sera relevé à 2% », a confirmé Christine Lagarde. La ministre de l’Économie a décidé de suivre les recommandations de la Banque de France et d’appliquer la formule mathématique qui, au 1er février et au 1er août, détermine l’évolution de la rémunération du Livret A.
« Je m’étais engagée à ce que la rémunération du Livret A puisse permettre le maintien du pouvoir d’achat et qu’il y ait donc un lien très étroit avec l’inflation », a expliqué Christine Lagarde.
« Ce taux permettra de maintenir une rémunération de l’épargne réglementée positive en termes réels », a indiqué le gouverneur de la Banque de France dans un communiqué.

Vrai pour la France mais pas pour La Réunion

Le taux d’inflation hors tabac a été de 1,7% en France (sur l’année 2010). Ces propos tenus par la ministre et le gouverneur de la Banque de France sont certes valables pour la France hexagonale, mais pas pour La Réunion.
En effet, le taux d’inflation à La Réunion pour l’année 2010 a été de 2,2% hors tabac (contre 1,7% en France) soit supérieur au taux du Livret A (2%).

Si on appliquait la même règle, le taux du Livret A aurait dû être plus élevé à La Réunion, car nous avons un taux d’inflation de 2,2% et non comme en France de 1,7%. Si à 2%, c’est un gain réel pour l’épargnant français, ce n’est pas le cas pour l’épargnant réunionnais. L’épargnant réunionnais perd en terme de pouvoir d’achat lorsqu’il a des petites économies sur son Livret A. Pour que l’épargnant réunionnais ait le même gain que l’épargnant français, le taux de Livret A aurait dû être de 2,5% à La Réunion soit +0,3 point de plus que le taux d’inflation. L’épargnant réunionnais est donc aujourd’hui victime d’une perte de pouvoir d’achat sur ses économies.

Situation déstabilisante pour le petit épargnant réunionnais

Au-delà des chiffres, le Livret A est le seul produit d’épargne que notre société de “bonne conscience” offre au petit revenu. Rappelons que ces petits épargnants ne sont pas des spéculateurs. En 2009, 529.500 comptes sur Livret A étaient ouverts à La Réunion.
Or, à La Réunion, on incite les petits revenus à retirer le peu d’économie constituée au fil des années et d’aller dépenser dans la consommation.
Pour ses petits revenus, au-delà de la perte financière, cette situation est déstabilisante car le Livret A est le seul endroit où ils pouvaient mettre leur petite économie en sécurité.
Cette situation est un exemple qui illustre l’impasse d’un modèle économique fondé sur l’assimilation.

 Sanjiv Dinama 


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