Economie

Mayotte : 40000 demandeurs d’emploi dont 30000 hors statistiques

Publication d’une étude de l’INSEE : 32% de la population active cherche un emploi

Témoignages.re / 10 juillet 2014

L’INSEE vient de publier une étude sur l’emploi à Mayotte. Elle révèle que sur 39.400 personnes à la recherche d’un emploi, seulement 9.500 sont comptabilisées comme chômeurs. Le nombre de demandeurs d’emploi est égal à celui des personnes en emploi. Ce taux est de 32%. C’est donc une véritable catastrophe sociale pour Mayotte. Voici des extraits de l’étude.

Au 2e trimestre 2013, 39 300 personnes occupent un emploi à Mayotte, soit 32% de la population mahoraise de 15 ans ou plus. À côté de ces personnes en emploi, les Mahorais sans emploi mais qui souhaitent travailler sont aussi nombreux (39 400 personnes, soit 32% des 15 ans ou plus). La part des personnes sans emploi souhaitant travailler est nettement plus élevée que dans les autres DOM où elle s’échelonne de 18% en Martinique à 23% en Guyane.

Un taux de chômage de 19,5% mais un halo hypertrophié

Toutefois, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est à Mayotte le plus faible des cinq DOM, avec 19,5% de la population active au chômage en 2013.

Au sens du BIT, 9 500 personnes sont au chômage (7 600 en 2009). Elles cherchent activement un emploi et sont immédiatement disponibles pour travailler. À côté de ces chômeurs selon la définition internationale, 29 900 personnes souhaitent travailler mais ne sont pas comptabilisées comme chômeurs BIT. Elles sont en effet considérées comme inactives parce qu’elles ne font pas de démarche active de recherche d’emploi (85%) ou parce qu’elles ne sont pas disponibles dans les 15 jours pour travailler (15%). Les inactifs qui souhaitent travailler forment le halo autour du chômage.
À Mayotte, les inactifs du halo sont trois fois plus nombreux que les chômeurs BIT. L’hypertrophie du halo comparativement au chômage BIT est exceptionnelle à Mayotte. Ailleurs en France, que ce soit en métropole ou dans les autres DOM, les chômeurs BIT sont toujours plus nombreux que les inactifs souhaitant travailler. L’économie mahoraise étant encore émergente, la recherche effective d’un emploi se heurte à un marché encore peu développé dans le secteur privé.
Parmi les inactifs souhaitant travailler, la moitié déclarent ne pas faire de démarche active de recherche d’emploi par découragement et un quart d’entre eux invoquent leur situation administrative irrégulière.

Un tiers de la population mahoraise est en emploi

En 2013, le taux d’activité des 15-64 ans à Mayotte reste à un niveau très faible (41,8%), très en deçà du taux métropolitain (71,1%). Mayotte est le DOM où le taux d’activité est le plus faible avec 12 points de moins que le taux moyen des quatre autres DOM (53,5%) (figure 5). C’est aussi le territoire où le taux d’emploi est le plus bas avec 33,5% d’actifs occupés, contre 47,2% en moyenne pour les autres DOM et 64,0% en France métropolitaine. Le nombre important de jeunes dans la population mahoraise, qui sont rarement en emploi, explique en partie ce faible taux d’emploi. Cependant il est faible aussi pour les 30-49 ans qui sont traditionnellement les plus en emploi : seulement 50% d’entre eux travaillent, contre 82% en France métropolitaine.

Les jeunes en marge du marché du travail

Les jeunes mahorais âgés de 15 à 29 ans se portent très peu sur le marché du travail. Leur taux d’activité, déjà très bas en 2009, diminue encore de 1,7 points pour atteindre 19,9% en 2013. Il est deux fois plus faible que le taux d’activité moyen des jeunes des quatre autres DOM (39,3%). La part des jeunes inactifs souhaitant travailler (halo) baisse également de 29,3% à 25,1% en 2013. Les jeunes restent plus longtemps scolarisés, mais certains s’ancrent davantage dans l’inactivité sans souhaiter travailler.
Parallèlement le taux d’emploi des jeunes à Mayotte est très faible (12,4%). Il recule aussi de 3,5 points en quatre ans. Parmi les jeunes sortis du système scolaire, le taux d’emploi baisse quel que soit le diplôme.
Par exemple, quatre bacheliers sur dix ont un emploi en 2013, alors qu’ils étaient six sur dix en 2009.
Néanmoins le diplôme facilite l’accès à l’emploi. Ainsi, le taux d’emploi des jeunes titulaires d’un diplôme du supérieur (82%) est six fois plus élevé que celui des non diplômés (13%).


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