Economie

Ne pas oublier ce sur quoi le Président de l’Ordre des experts-comptables et celui de l’ADIR ont insisté…

Économie - Contribution de lecteur

Témoignages.re / 24 novembre 2012

En prévision de la Conférence économique de l’Outre-mer qui se tiendra le 10 Décembre prochain à Paris, Conférence que, selon certaines sources, le Président de la République présidera, les services de la Préfecture s’apprêtent à fournir au Gouvernement ce que l’on peut classer sous le titre de « contribution réunionnaise » aux réflexions de la base sur l’effort que l’État devrait consentir pour éviter une crise que d’aucuns annoncent des plus probables.

Lors de la réunion qui s’est tenue le mercredi 14 novembre dernier à la CCIR, réunion dont on peut dire qu’elle est loin d’avoir tenu ses promesses, j’ai cependant relevé, dans le compte rendu que Thomas Lauret a réalisé pour le “JIR”, le propos de Monsieur Abdullah Lala, Président de l’Ordre des experts-comptables, selon qui, au lieu prendre du temps pour parler de « développement économique et de création de valeur », il eut été plus normal de s’attacher à évoquer « la crise économique et la destruction de valeur ». Et Abdullah Lala d’ajouter : « Les petites entreprises sont devant le mur des dettes fiscales et sociales. Elles n’ont plus de trésorerie et ne peuvent décemment plus produire de richesse aujourd’hui » .

Pour Jérôme Isautier, Président de l’ADIR (Association pour le Développement Industriel de La Réunion), «  il ne faut plus parler de Small Business Act, mais de Local Business Act. Toutes les entreprises ont un droit de survie, quelle que soit leur taille. Croire (…) que les petites vont manger les grosses grâce à de nouvelles règles d’attribution des marchés est une hérésie » .

Le principe du “Small Business Act” a été voté en 1953 par le Congrès américain comme un texte fondateur de l’aide aux petites et moyennes entreprises, dans un pays où ces dernières étaient en position de faiblesse face aux grands groupes. Plus tard, en juillet 2008, la Commission européenne actait que l’on ne pouvait longtemps encore ignorer le sort des PME, soit 99% du tissu économique du continent, et qu’il convenait que des efforts sensibles soient entrepris dans ce sens par chacun des états concernés.

En indiquant qu’il est urgent qu’une appréciation plus « locale » de la PME remplace la notion générale et nationale qu’on lui applique actuellement, Jérôme Isautier s’inscrit dans l’idée de Région Ultrapériphérique (RUP) européenne que nous sommes avec les Açores, les Canaries, la Guadeloupe, la Guyane, Madère, et la Martinique et invite l’ensemble de ceux qui ont en charge la gestion de la commande publique et son suivi à une véritable révolution culturelle dans notre façon de gérer le problème.

Le tissu entrepreneurial réunionnais est composé, d’une part de grandes sociétés filiales, pour la quasi-totalité d’entre elles, de grands groupes nationaux ou internationaux et d’autre part de petites (et moyennes) entreprises locales. C’est là une chance. Nous devons en être conscients.

Lors de la construction de la route des Tamarins, la Commission d’Appels d’Offres de la Région a su expliquer que la collectivité avait le devoir de prendre le risque de choisir telle ou telle petite entreprise pour telle ou telle partie du chantier, dès lors que la PME avait fait l’effort d’être moins-disante et qu’elle avait montré un certain savoir-faire. Il me plait ici de rappeler que Dominique Fournel, dont j’ai alors apprécié l’objectivité de l’élu qu’il était, non pas d’opposition systématique, mais de l’opposition, a toujours appuyé une démarche qui anticipait sur ce que suggère aujourd’hui Jérôme Isautier. Nous n’avons jamais eu à regretter ce qui était avant tout un choix politique. Quand vous empruntez la route des Tamarins, ressentez-vous l’impression que tel échangeur ou telles falaises ont été réalisés par les ouvriers d’une petite entreprise à côté de ceux des grandes à qui ont été confiées les parts techniquement plus délicates du marché ?

Alors que nos PME sont dans une situation difficile, trouverons nous le 10 décembre prochain à Paris, devant le Président de la République, des voix pour relayer les analyses et propos réalistes de Abdullah Lala et de Jérôme Isautier, analyses et propos qui doivent interpeller plus d’un ? Prions pour qu’il ne soit pas vain d’espérer.

Raymond Lauret


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