Economie

Niveau record du chômage en France

Publication des chiffres du mois de novembre

Céline Tabou / 26 décembre 2014

3,75 millions de Français, dont les ultramarins, sont sans emploi, selon les chiffres publiés par le ministère du Travail, mercredi 24 décembre. A cela s’ajoutent, 1,426 millions de demandeurs d’emploi ayant exercé une petite activité. Le total atteint 5,176 millions en France métropolitaine et 5,478 millions avec l’outre-mer (+0,4 %).

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Il n’y a jamais eu autant de chômage en France. La crise n’est pas finie.

Pour l’opposition de droite et la gauche de la gauche, c’est la conséquence d’une “politique désastreuse” de l’exécutif. Fin novembre, 3,488 millions de demandeurs d’emploi sans activité étaient inscrits à Pôle emploi, un chiffre en augmentation de 27.400 (+0,8 %) par rapport au mois précédent, a précisé le ministère du Travail.

Hausse constante du chômage

Depuis janvier, on compte 181.300 chômeurs de plus, un chiffre supérieur à celui enregistré sur l’année 2012. Il s’agit du troisième mois consécutif de forte hausse. Mercredi, le Pôle emploi a annoncé une nouvelle hausse massive du chômage en novembre. En catégorie A (les chômeurs n’ayant pas du tout travaillé dans le mois), 27.400 personnes se sont inscrites le mois dernier (+ 0,8 %). Ils sont 3.488.300 en France.
La hausse est marquée chez les plus de 50 ans (+1 %) et chez les jeunes de moins de 25 ans (+0,5 %). La plus faible hausse du chômage chez les jeune serait due à « l’effet positif des emplois d’avenir », a indiqué le ministère du Travail. Globalement, ce sont 5,5 millions de Français qui ne travaillent pas (Outremer inclus).
Le rythme reste soutenu, ainsi 75 000 chômeurs de plus ont été recensés sur les seuls trois derniers mois. Il n’avait plus été constaté depuis près de deux ans. La promesse d’inversion du chômage et l’objectif du ministre du Travail, François Rebsamen, de repasser sous la barre des 3 millions d’ici la fin du quinquennat, apparaissent hors d’atteinte.
Face à ces chiffres, le ministère du Travail a assuré que « l’amélioration de la conjoncture en 2015 s’accompagnera de la poursuite d’une politique de lutte contre le chômage offensive », à travers notamment une nouvelle convention entre l’Etat, l’Unédic et Pôle Emploi, préconisant notamment « une attention particulière portée au chômage de longue durée ». Cependant, les économistes affirment que la courbe pourrait décliner d’ici 2016 et pas avant.

Inquiétude de la classe politique

Laurent Wauquiez, nouveau secrétaire général de l’UMP, a déploré « l’échec du gouvernement » en matière de lutte contre la chômage. « Le quinquennat de François Hollande risque fort d’être un Waterloo de l’emploi », a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux. De son côté, Jean-Christophe Lagarde, président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), a indiqué que le gouvernement « approche le seuil des 3,5 millions de chômeurs qui, à ce rythme, sera franchi le mois prochain.
« Ce niveau de chômage désastreux n’avait encore jamais été atteint en France. Je formule le vœu qu’en 2015 notre gouvernement se réveille après trois ans d’erreurs et d’errements et engage une rupture économique favorisant l’emploi et l’entreprise », a indiqué ce dernier.
Pour le président du Sénat et ancien ministre délégué à l’Emploi (2005-2007), Gérard Larcher, cette augmentation « est le résultat d’une politique économique désastreuse qui érode la compétitivité de la France et empêche tout retour à la croissance ».
L’inquiétude et le mécontentement sont également ressentis au Parti communiste, qui a déploré que François Hollande « parle de 2017 avec une forme de prise de distance face à la réalité d’un pays qui souffre et qui, mois après mois, atteint des records historiques en nombre de chômeurs. Un nombre considérable de familles passeront ces fêtes de fin d’année avec la peur au ventre, la crainte des prochaines semaines, des prochains mois ».
La CGT a ironisé, « pour une inversion de la courbe du chômage, ne croyons plus au Père Noël ! », assurant qu’il faut « une autre politique de l’emploi et des salaires ». Pour le syndicat, les mesures prises par le gouvernement ont pour conséquence, « un pouvoir d’achat atone et une consommation en berne ».


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