Economie

Obtention du certificat Marine Stewardship Council (MSC) pour la pêcherie de légine de Kerguelen

Nouvelle illustration de la richesse de notre océan

Témoignages.re / 11 septembre 2013

La collectivité des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) est en charge de la gestion de la pêche dans les Zones économiques exclusives (ZEE) australes et notamment celle de l’archipel des Kerguelen, dont la pêcherie de légine vient d’obtenir la certification MSC (Marine Stewardship Council).

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Cette certification correspond à l’écolabel international de référence, basé sur le respect des normes contraignantes érigées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO-ONU), par l’Alliance internationale pour l’Accréditation et l’étiquetage sociaux et environnementaux (ISEAL) et par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

La certification du MSC reconnaît la durabilité de la pêcherie et permet aux consommateurs d’identifier facilement le meilleur choix pour l’environnement lorsqu’ils achètent des produits de la mer.

L’obtention de ce label a nécessité quatre ans d’efforts soutenus de la part des armements réunionnais pratiquant la grande pêche australe dans la ZEE de Kerguelen, avec l’appui technique de la communauté scientifique et de l’administration des Terres australes et antarctiques françaises. Il s’agit d’une reconnaissance majeure non seulement de ces efforts, mais plus largement du modèle de pêcherie durable et raisonnée mis en œuvre depuis de nombreuses années par la collectivité des TAAF avec tous ses partenaires. Ils reposent sur un arsenal d’outils de gestion tels que :

- la définition de « totaux admissibles des captures » (TAC),

- la mise en œuvre de moyens de surveillance lourde (CROSS Réunion, Marine nationale, surveillance Radarsat, collaboration avec l’Australie),

- l’organisation de campagnes régulières d’estimation de la biomasse halieutique sur le plateau de Kerguelen,

- les mesures efficaces et pionnières pour la réduction de la mortalité accidentelle des oiseaux, l’accompagnement des changements de réglementation et de méthodes de pêche pour préserver la ressource.

Ces normes sont contrôlées en permanence sur tous les navires en pêche dans les australes par les contrôleurs de pêche des TAAF embarqués sur chaque navire. En outre, le contrôle à la débarque et le suivi des exportations tendent à la traçabilité des produits pêchés, ce qui est l’un des objectifs de la CCAMLR (Commission pour la Conservation de la Faune et de la Flore marines de l’Antarctique). Plus largement, ces règles répondent à une vision écosystémique de la pêche incluant la limitation des prises accessoires, la préservation de l’habitat benthique, et des tactiques d’évitement de la déprédation par les orques...

Ce travail commun exemplaire, mené de concert par des partenaires aux intérêts distincts, parfois opposés, a permis d’instaurer les procédures d’évaluation et de gestion de la ressource halieutique que l’écolabellisation MSC consacre aujourd’hui et dont les TAAF se félicitent tout particulièrement.

Déroutement du “Marion Dufresne II” vers un navire en détresse


Le “Marion Dufresne II” est actuellement en rotation logistique de ravitaillement des bases australes françaises. Jeudi 5 septembre dernier, après avoir effectué la relève des personnels et le ravitaillement de la base Alfred Faure, il a quitté l’archipel de Crozet pour poursuivre sa route vers l’archipel des Kerguelen.

Mais depuis ce vendredi 6 septembre, il a pris un nouveau cap, plein Ouest, après appel du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de La Réunion (CROSS) pour porter assistance à un bateau de pêche sud- africain en difficulté dans la zone.

En effet, le palangrier “El Shaddai”, en opération de pêche dans les Zones économiques exclusives (ZEE) des îles Marion et Prince Edouard, est en panne de générateur depuis trois jours et dérive sans contrôle, sur des mers où le climat se dégrade rapidement. Il était prévu une arrivée sur zone le dimanche 8 septembre en matinée pour le “Marion Dufresne” pour mettre en œuvre et à disposition tous ses moyens humains et techniques pour prêter assistance aux 37 membres d’équipage du palangrier en détresse.

Le CROSS Réunion a assuré l’interface entre les autorités sud-africaines de recherche et de secours en mer, le navire en détresse et le “Marion Dufresne II”. La collectivité des TAAF, en collaboration avec la CMA-CGM, a mis tous les moyens nécessaires à disposition pour répondre au mieux à cette opération qui s’inscrit dans la déclinaison classique du principe d’assistance aux personnes en détresse en mer, dans une zone caractérisée par un faible nombre de passages de navires.

Ce contretemps engendrera naturellement un retard conséquent sur le planning de la rotation logistique du “Marion Dufresne”.


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