Economie

Océan Indien : nouvelle stratégie des pêches et de l’aquaculture

Programme COI-Smartfish

Témoignages.re / 1er mars 2015

Les représentants du secteur de la pêche et de l’aquaculture des cinq pays membres de la Commission de l’océan Indien (COI) se sont réunis du 23 au 25 février à Maurice pour élaborer une nouvelle stratégie régionale des pêches et de l’aquaculture. Cette stratégie, élaborée dans la cadre du programme COI-SmartFish financé par l’Union européenne, constituera un instrument politique qui fixera des orientations et des priorités pour la gestion des pêcheries, la conservation des ressources halieutiques et le développement durable de l’aquaculture dans les pays de l’Indianocéanie.

Avec une production cumulée de 280 000 tonnes par an, le secteur des pêches des pays membres de la COI est l’un des moteurs de la croissance économique. A l’occasion de cette première réunion de travail, les participants ont pu valider le bilan sectoriel réalisé par la COI en y apportant des éléments d’information complémentaires. Les représentants du secteur ont également contribué à la consolidation d’un projet de vision commune, en appréciant son caractère novateur et son ancrage dans le cadre stratégique panafricain ainsi que dans les efforts régionaux de promotion d’une « Economie Bleue ».

L’avant-projet de stratégie des pêches et de l’aquaculture discuté par les Etats membres de la COI s’articule autour de cinq axes stratégiques : (i) le renforcement des systèmes de gouvernance et d’aménagement des pêches ; (ii) la réalisation des potentiels de croissance dans le secteur de la pêche et des activités associées ; (iii) le décollage de l’aquaculture commerciale ; (iv) une meilleure prise en compte des intérêts des pays de la région dans les instances internationales de gestion des ressources halieutiques et de développement du commerce international ; (v) le rapprochement des politiques de renforcement des économies halieutiques et aquacoles avec les politiques nationales de sécurité sanitaire et alimentaire. Les recommandations faites pour chaque axe stratégique ont contribué à affiner le plan d’actions proposé.

Avec une production cumulée de 280 000 tonnes par an, le secteur des pêches des pays membres de la COI est l’un des moteurs de la croissance économique. Pourvoyeur d’emplois, il contribue à plus de 5% du PIB régional. En outre, cette filière participe à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la région. C’est pourquoi il est essentiel de fédérer les pays autour d’une stratégie régionale ambitieuse reposant, entre autres, sur la mutualisation des moyens, le renforcement des capacités, la gestion durable des pêcheries ou encore la coopération en matière de recherche et de formation.

Jean Claude de l’Estrac, Secrétaire général de la COI, a salué le bilan remarquable de la précédente stratégie 2009-2014 tout en relevant « des marges de progrès pour aboutir à une gestion harmonisée, et donc durable, de la ressource ». Croyant fermement dans la capacité des pays membres à renforcer « la contribution du secteur à la croissance durable » grâce à cette nouvelle stratégie, il s’est notamment réjoui que « des pays de la COI encouragent aujourd’hui le développement de flottilles nationales, industrielles et semi-industrielles ».

Aldo Dell’Ariccia, chef de la délégation de l’Union européenne à Maurice, a souligné l’intérêt de l’Union européenne à cette nouvelle stratégie « parce qu’elle partage avec les Etats membres de la COI des responsabilités d’Etat de pavillon avec une flotte active dans la région et d’Etat côtier avec les eaux sous sa juridictions ». Le chef de la délégation européenne a également rappelé que 25% du thon en conserve importé par l’Europe provient de la région de l’océan Indien. De fait, cette nouvelle stratégie de la COI participera à la consolidation d’un secteur des pêches durable, générateur de croissance, d’emplois et de recettes d’exportation.


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