Economie

Pascal Lamy : conclure Doha est un remède à la crise

Le commerce pour éviter les émeutes de la faim

Manuel Marchal / 8 septembre 2009

Les économies de pays pillés par la colonisation peuvent-elles concurrencer celle des pays riches ? Pour Pascal Lamy, c’est possible, c’est ce qui s’appelle « la compétitivité des pays en développement ». Et pour cela, il s’agit de démanteler les subventions qui sont responsables des distorsions.

Le 3 septembre, Pascal Lamy, directeur de l’OMC, a prononcé un discours devant la Fédération indienne des Chambres de commerce et d’industrie.
Selon lui, le moyen le plus efficace pour faire face à la crise économique reste le cycle de discussion de Doha. D’ailleurs, Pascal Lamy reconnaît que la crise économique a ébranlé « la foi » des peuples dans un marché unique mondial.
Les échanges ont diminué de 10% en volume, et la crise économique mondiale est devenue une crise mondiale de l’emploi.
La rencontre de New Delhi est d’ailleurs une opportunité pour esquisser la manière dont les membres de l’OMC vont conclure ce cycle de négociation qui fixera de nouvelles règles pour le commerce mondial. D’ailleurs, Pascal Lamy n’hésite pas à citer un proverbe indien qui dit que « la vie n’est pas une suite de choix agréables, mais d’inévitables problèmes qui appellent force, détermination et dur labeur ».
« J’espère que ces mots, à laquelle je souhaiterais ajouter l’adjectif “collectif”, inspirent ministres, afin que Delhi puiss être le début de la phase finale du Cycle de Doha », a souligné le directeur de l’OMC.
Concernant deux autres crises que connaît l’humanité, la crise alimentaire et le réchauffement climatique, Pascal Lamy a estimé que « nous devons augmenter notre capacité à répondre aux crises alimentaires ». Et d’ajouter qu’il est important de « s’assurer que les pays en développement ont une chance d’être compétitifs dans le marché des matières premières en réduisant les subventions qui introduisent des distorsions dans les échanges », ce qui est un des objectifs du Cycle de Doha.
« Atténuer l’impact du réchauffement climatique et s’adapter à ses conséquences requerra de la part des grandes puissances un investissement », affirme Pascal Lamy, et avant tout une détermination sans équivoque des décideurs politiques.
« Face à un tel challenge, la coopération multilatérale est cruciale. Déboucher sur un succès dans les négociations mondiales en cours sur le changement climatique serait la première étape vers la réalisation du développement durable pour les générations du futur », a-t-il également.

M.M.


Et La Réunion ?

Chacun se rappelle le climat dans lequel s’étaient déroulées les négociations de l’OMC à Genève. Dès le départ, l’Union Européenne avait offert sur un plateau la quasi-suppression des subventions à l’agriculture. Cette proposition avait été validée et se serait appliquée si les négociations de Genève s’étaient conclues.
L’arrêt n’a été que suspension, et le différend entre l’Inde et les Etats-Unis semble aplani. Donc les négociations vont reprendre, et avec elles la possibilité que soit inscrite dans les règles de l’OMC la suppression de la quasi-totalité des subventions que l’Europe verse à ses agriculteurs. Les producteurs réunionnais seront-ils concernés par le reliquat de subventions que l’Europe continuera à verser ? Et pour combien de temps ?


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