Economie

Pêche dans l’océan Indien : Europe et Asie exploitent plus de 96% nos ressources halieutiques

Aujourd’hui et demain, les Assises de la Pêche

Sanjiv Dinama / 22 octobre 2009

Les 22 et 23 octobre ont lieu au Centhor les Assises de la Pêche. À ce propos, nous allons faire un rappel de la situation dans notre région. Actuellement, les flottilles des pays membres de la COI réalisent entre 2% et 4% des prises selon les années, tandis que celles d’Europe et d’Asie exploitent à plus de 96% nos ressources halieutiques. Notre balance commerciale dans le secteur de la pêche est déficitaire, or, le riche patrimoine halieutique offre des perspectives intéressantes.
Le secteur de la pêche est particulièrement indiqué pour mettre en œuvre une politique de co-développement dans notre région.

Il faut savoir qu’en raison de la cote d’alerte atteinte par les réserves de pêche sur les côtes de l’Europe, les autorités européennes ont mis en place une réglementation qui limite les captures dans ces zones. La situation n’est pas la même dans notre région de l’océan Indien, où l’espace maritime est équivalent à celui de toute la Méditerranée, mais où les flottilles des pays membres de la COI réalisent entre 2% et 4% des prises selon les années, tandis que celles d’Europe et d’Asie exploitent à plus 96% nos ressources halieutiques. Sur 10 millions de tonnes de capture (toutes espèces confondues), les pays de la zone ont prélevé moins de 300.000 tonnes. (Voir graphique "Répartition de la pêche dans la zone").
Il convient aujourd’hui d’adapter la réglementation européenne à la situation spécifique dans notre région afin de permettre le développement en haute mer à partir de La Réunion, dans le respect bien sûr des normes visant à sauvegarder les espèces.
Le secteur de la pêche est particulièrement indiqué pour mettre en œuvre une politique de co-développement dans notre région. Les pays membres de la COI (Commission de l’océan Indien) doivent unir leurs efforts, leurs atouts pour élaborer une véritable stratégie en matière de pêche.
La Réunion importe la plus grande partie de sa consommation. Tandis que les quantités importées augmentent, les quantités exportées diminuent d’année en année. Notre balance commerciale dans le secteur de la pêche est donc déficitaire. (Voir graphique "Balance commerciale déficitaire dans le secteur de pêche").
Cette coopération entre les pays de la zone peut se décliner à tous les niveaux : construction, entretien, et maintenance des bateaux, formation des personnels…
Autres pistes, c’est celle du développement de la pêche côtière qui passe par la multiplication du nombre des DCP (Dispositifs de concentration de poissons) et par une augmentation du nombre de pêcheurs. Comme pour l’agriculture, une structure de concentration devra déterminer les conditions d’approvisionnement régulier de produits frais aux consommateurs.

Sanjiv Dinama


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