Economie

Pourquoi pas une coopérative ?

Entreprendre autrement :

Sophie Périabe / 6 octobre 2010

Le 21 septembre dernier, la CCIR (Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion), la CRES (Chambre régionale de l’économie sociale) et l’URSCOP (Union régionale des sociétés coopératives et participatives) signaient une convention. Objectif : valoriser et sécuriser la création d’entreprises coopératives à La Réunion.

Quel est le point commun entre Alpha Taxis, compagnie de taxis parisiens avec une flotte de 1.200 chauffeurs de taxis associés, et la COR, société de manutention portuaire à La Réunion ? Ces entreprises sont des coopératives. Tous ces salariés exercent leur profession sans dépendre d’actionnaires extérieurs.
La convention signée récemment entre la CCIR, la CRES et l’URSCOP entend encourager la création de nouvelles coopératives sur l’île. En effet, ces structures sont une alternative intéressante pour les entrepreneurs. La demande étant présente, il devenait nécessaire de proposer un accompagnement de proximité.
L’URSCOP a ainsi proposé à la CRES de jouer ce rôle de relais et d’accompagnateur local des monteurs de projets coopératifs.
Pour ce faire, la CRES souhaite s’appuyer sur des compétences nécessaires à la validation de la faisabilité économique des projets, cette compétence étant présente au sein de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion. C’est pourquoi aujourd’hui, la CRES (avec le soutien de l’État et de l’Europe), en partenariat avec l’URSCOP et la CCIR, offre un parcours d’accompagnement sur mesures aux porteurs de projets coopératifs. Cette collaboration qui a démarré en 2010 aboutit donc aujourd’hui à la signature officielle d’une convention de partenariat entre la CRES et l’URSCOP, notamment pour son expertise en matière d’accompagnement des entreprises coopératives, et la CCIR, pour son expertise économique et financière des projets d’entreprises.

Un modèle d’entreprise durable

Une SCOP (Société coopérative et participative) est une entreprise qui a les mêmes contraintes de rentabilité que toute autre. Elle a pourtant une particularité de taille, c’est d’appartenir d’abord et avant tout à ses salariés. En effet, les actionnaires sont les salariés eux-mêmes, détenant au minimum 51% du capital et 65% du droit de vote, ce qui fait d’eux les associés majoritaires.
Par ailleurs, ces entreprises coopératives sont gérées démocratiquement, tout salarié associé détient une voix dans les décisions d’Assemblée générale, quelle que soit sa position hiérarchique ou la quantité du capital détenu. Ce sont les salariés associés décideurs qui élisent leurs dirigeants et récupèrent une partie des bénéfices sous forme de participation : la loi coopérative oblige de rétrocéder au minimum 25% des bénéfices aux salariés de l’entreprise. En moyenne, en France, 40% des bénéfices des coopératives reviennent aux salariés qui y ont travaillé.
C’est donc ce modèle d’entreprise durable que la CRES, la CCIR et l’URSCOP souhaitent développer à La Réunion. Un modèle associant les salariés au capital de l’entreprise, garantissant des réserves plus stables et ne répondant pas aux logiques court-termistes des marchés financiers.

 SP 


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