Economie

Quelles nouvelles recettes pour les collectivités ?

La confirmation de l’effondrement des investissements

Sanjiv Dinama / 12 décembre 2011

L’IEDOM vient de publier une étude sur l’investissement à La Réunion. La Réunion est engagée, depuis plusieurs décennies, dans un processus d’amélioration de ses équipements publics et privés. L’investissement constituait donc un des piliers de la croissance économique. Depuis l’arrivée de Didier Robert à la Région, l’investissement s’est effondré à cause de l’arrêt des grands chantiers. Le projet de nouvelle route du Littoral, tel qu’elle est reconfigurée par la nouvelle mandature à la Région (2X3 voies en mer), rencontre de nombreux obstacles, techniques, environnementaux, financiers, qui font douter de sa réalisation.

La construction représentait ainsi près des deux tiers de l’investissement global en 2007, avec 2,2 milliards d’euros de FBCF (formation brute de capital fixe). Après plusieurs années de forte croissance, l’activité dans le secteur du BTP s’est très nettement dégradée à partir du milieu de l’année 2008. Elle s’est également traduite par une contraction d’environ un tiers des effectifs du BTP entre 2008 et 2010, venant effacer intégralement la progression enregistrée entre 2005 et 2008. Mi-2011, le secteur compte environ 17.250 salariés, soit un niveau proche de celui du début de l’année 2005.

Depuis plusieurs décennies le paysage réunionnais était marqué par de nombreux grands chantiers

La formation brute de capital fixe (FBCF) progresse à un rythme rapide, notamment entre 2004 et 2008 (+ 15,8% de croissance annuelle en moyenne), avant de se contracter en 2009 et 2010 : respectivement de - 7,8% et - 12,3%. Sur la période 2004-2007, les sociétés non financières sont les principaux contributeurs à cette évolution, avec 6,4 points en moyenne chaque année, devant les administrations publiques (5,3 points de contribution).

Depuis plusieurs décennies, le paysage réunionnais était marqué par de nombreux grands chantiers d’aménagement du territoire, au premier rang desquels figurent le chantier Irrigation du Littoral Ouest (ILO), le Boulevard Sud et la Route des Tamarins selon l’IEDOM.
Après l’achèvement de chantiers de grande envergure, telle que la Route des Tamarins, l’abandon ou le report de nombreux projets par les collectivités ont engendré un véritable « trou d’air » dans l’activité du secteur du BTP. La commande publique, qui progressait en moyenne de 16,9% entre 2003 et 2008 pour atteindre un pic de 1,1 milliard d’euros en 2008, s’est ensuite effondrée, chutant de 27,9%.
Sur la période plus récente, le marché de la construction publique (hors logement) a continué à se contracter, passant de 225 millions d’euros en 2008 à 170 millions d’euros en 2010. Cette baisse a concerné l’ensemble des maîtres d’ouvrages, notamment la Région, et s’explique principalement par des diminutions d’investissement dans la construction et la réhabilitation de bâtiments d’enseignement, universitaire et culturel. Parallèlement, les investissements en travaux routiers et de génie civil ont également diminué en 2009 et 2010 (respectivement de - 41,2% et - 15,0%), notamment en raison de la fin du chantier du Port-Est.

La MCUR, le tram-train ou la nouvelle route du littoral auraient dû s’enchainer après la fin de la construction de la route des Tamarins

Rappelons que Didier Robert a mis fin à tous les projets de l’ancienne mandature à la Région. Le tram-train, la MCUR ou encore la nouvelle route du littoral aurait dû s’enchaîner après la fin de la construction de la route des Tamarins. Au lieu de cela, la nouvelle direction de la Région a mis fin à tous ces projets. Et aujourd’hui, son président propose un nouveau projet de la route du Littoral beaucoup plus couteux et fortement compromis.
La question de son financement est posée. Car une chose est sûre que cette nouvelle route dépassera largement les 2,5 milliards d’euros, voire 3 milliards !
Il faut savoir que l’Accord de Matignon, version Didier Robert, prévoit une prise en charge par l’État de seulement 532 millions d’euros, soit 33% de l’investissement, alors que le précédent accord prévoyait 60% pour l’État.
Par ailleurs, ce nouvel accord signé par Didier Robert précise que les surcoûts seront en totalité à la seule charge de la Région, c’est à dire par les contribuables de La Réunion !
La nouvelle route du Littoral, tel qu’elle est reconfigurée à 2X3 voies en mer, rencontre de nombreux obstacles, techniques, environnementaux, financiers, qui font douter de sa réalisation. Les décisions de l’exécutif régional actuel font ainsi craindre une route du littoral qui ne se réalisera pas et qu’un tram-train, alternative de déplacement nécessaire, n’existe plus.

Sanjiv Dinama


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