Economie

Qui va financer le "Fonds vert" ?

Le FMI invoque d’entrée de jeu le creusement des déficits des pays riches à cause de la crise financière

Sanjiv Dinama / 3 février 2010

Actuellement, le Fonds monétaire international (FMI) travaille à la création d’un “Fonds vert” doté d’un montant pouvant aller jusqu’à 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques. Mais au regard des déficits des pays occidentaux, on peut se demander qui va financer ce “fonds vert” ?

Le déficit public français a atteint 7,9% du Produit intérieur brut en 2009, a annoncé le Ministre du Budget, Eric Woerth. Le ministre avait annoncé que le déficit de l’Etat atteindrait le niveau record de 138 milliards d’euros en 2009.
Pour 2010, le déficit serait autour de 8,2% du Produit intérieur brut.
Comme d’autres pays européens, la France reste très loin de la limite fixée par les traités européens d’un déficit public inférieur à 3% du PIB. Bruxelles leur a accordé un sursis jusqu’en 2013 pour revenir dans les clous.
De même, la dette publique des Etats-Unis va atteindre 1.600 milliards de dollars, soit 11% du PIB (voir “Témoignages” du 2 février 2010).
Actuellement, le Fonds monétaire international (FMI) travaille à la création d’un “Fonds vert” doté d’un montant pouvant aller jusqu’à 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques, a-t-il annoncé dans un communiqué. La question que l’on peut se poser, c’est de savoir qui va financer ce fonds vert au regard des déficits des pays occidentaux.
Rappelons la promesse faite à Copenhague de verser 10 milliards de dollars d’aides aux pays pauvres n’a toujours pas été tenues par les “pays riches” qui sont historiquement responsables du réchauffement climatique. Ces derniers représentent 20% de la population mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre actuelles. Une des clés du succès de Copenhague était que les pays développés assument l’Histoire.

Faillite du modèle occidental capitaliste

On observe aujourd’hui la faillite du modèle occidental capitaliste. La crise que nous traversons actuellement est notamment une illustration des limites du système capitaliste libéral. La redistribution de cartes au plan international est vraiment une des grandes leçons de la crise. Quand on voit que l’année dernière, 2009, 15 points d’écart de croissance séparent la Chine (plus 10%) et Allemagne (moins 5%), chacun comprend que quelque chose est en train de se jouer.
Par exemple à Davos, pour la première fois dans l’Histoire, la production des économies émergentes gagne du terrain par rapport à celle des économies développées. Les conséquences de ce changement sont visibles. Le nombre de participants au Forum venant des BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine, représente aujourd’hui plus de 10% du total. Avec un modèle économique occidental discrédité et la situation de faiblesse d’après-crise de l’Europe et des Etats-Unis, l’influence des participants des économies émergentes est de fait plus importante au sein des forums sur des sujets comme la libéralisation du commerce et la régulation financière.
« Je pense que les marchés émergents comme l’Inde et la Chine », affirme Vineet Nayar, le PDG de HCL Technologies, un des champions indiens des technologies, « doivent être considérés de plusieurs points de vue. Premièrement, ce sont par eux-mêmes de très importants marchés et donc ils peuvent remettre le marché mondial sur les rails de la croissance. Donc il y a un attrait de ce point de vue. Et ensuite, il y a une diversité dans l’innovation qu’il ne faut pas perdre de vue. Dans les pays émergents, ils sont aujourd’hui des milliards de pauvres qui espèrent et qui sont prêts à travailler dur pour avoir une existence décente ».
Il est donc essentiel pour La Réunion de s’insérer dans son environnement régional dans le cadre d’un co-développement. Il convient de saisir les opportunités offertes par le développement des échanges économiques à l’échelle mondiale et en particulier dans notre environnement géo-économique.

Sanjiv Dinama



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  • Le problème ne devrait pas être posé de cette manière . si le fonds vert doit être un fonds de solidarité , il devrait être financé par tout le monde , pauvre comme riche . Même les plus pauvres peuvent être solidaires du malheur des autres , mais leur contribution sera bien entendu prortionelle à leur richesse . La véritable question devait donc être : comment financer le fonds vert . la réponse peut être trouvée dans la solution que la communauté économique Européenne a mise en place pour financer les divers fonds qu’elle a mis en place lorsqu’elle a été créée , notamment le fonds Européen de développement (FED) ou le fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA) etcet... A l’origine ces fonds n’étaient pas alimentés par des droits de tirages spéciaux , mais par un véritable impôt payé par les agriculteurs lorsqu’ils vendaient leurs produits plus chers que les prix garantis . le principe ayant fait ses preuvent pourquoi ne pas l’appliquer au commerce internationnal . on pourrait adopter le ême mécanisme pour les princiaux produits de base . Cela permettrait de dégager des recettes pour le fonds verts mais en même temps cela permettrait de réguler les prix de ces produits . Mais je pense que le financement d’un tel fonds ne devrait pas être basé sur des écarts de prix , mais devraient concerner toutes les transactions internationales , qu’il s’gisse du commerce des marchandises ,des services , des transports ou des devises . Il suffirait d’obliger tous les acheteurs à payer une taxe dont le taux pourrait être décidé par les organisations internationnales , par exemple l’OMC, le FMI, la Banque MOndiale ect... en fonction du budget de ce fonds vert et de ses programmes d’investissements ou d’intervention .Des premiers pas ont déjà été faits dans ce sens en France pour les transports de passager . Il faut continuer

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