Economie

Se nourrir : dépense principale des pauvres

Une nouvelle enquête montre une société à deux vitesses à La Réunion

Témoignages.re / 26 août 2014

Le 19 août dernier, le dernier indice des prix publié par l’INSEE montrait qu’à la différence de la France, ceux de l’alimentation avaient continué à augmenter entre juillet 2013 et juillet 2014 : +1,3% à La Réunion. Or, c’est l’alimentation qui constitue la part la plus importante des dépenses des familles les plus modestes avec 25%. De plus, en cas de hausse des revenus pour une famille pauvre, c’est dans l’alimentation que les sommes seraient principalement dépensées. C’est ce qui ressort de l’enquête sur le budget des familles publiée hier par l’INSEE. Ces résultats datent de 2011, quand les Réunionnais avaient droit au RSTA et à la prime COSPAR. Depuis, la situation s’est aggravée. Voici des extraits de cette étude.

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Les colonnes à gauche de ce tableau permettent d’avoir une estimation de la répartition des dépenses de la moitié des familles de La Réunion, celles situées sous le seuil de pauvreté en 2011. (Document INSEE)

« La consommation moyenne des ménages réunionnais s’élève à 1 861 euros par mois en 2011, soit 16% de moins qu’en France métropolitaine. Elle progresse de moins en moins rapidement : + 1,4% par an entre 2006 et 2011 contre + 5,1% entre 2001 et 2006.
Trois postes principaux concentrent la moitié des dépenses : les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, le logement (loyer, eau, électricité, etc.) et les transports. Cependant, leur poids dans le budget ne cesse de diminuer passant de 57,0% en 2001 à 49,5% en 2011.
Le poids des produits alimentaires dans le budget des ménages diminue habituellement lorsque le revenu augmente. À La Réunion, la part des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (18,0%) n’a pas baissé entre 2006 et 2011, contrairement à la période 2001-2006 au cours de laquelle elle se rapprochait du niveau métropolitain. Le rattrapage du niveau de vie favorisait ce rapprochement mais il s’est interrompu depuis 2009.
Aussi, les dépenses en produits alimentaires pèsent toujours plus dans le budget des ménages réunionnais que dans celui des ménages métropolitains (16,3%). Néanmoins, le montant des dépenses alimentaires (334 euros par mois) reste inférieur de 7% à celui des ménages métropolitains malgré des prix nettement plus élevés à La Réunion.
Signe des difficultés quotidiennes des Réunionnais et de leur incertitude pour l’avenir, 20% des ménages (trois points de plus qu’en 2006) choisiraient en priorité d’épargner s’ils disposaient d’un supplément de revenus de 10%. Les ménages les plus modestes utiliseraient ces revenus supplémentaires prioritairement pour des achats de produits alimentaires, premier choix pour 28% d’entre eux devant l’épargne (17%). Ils consacrent déjà à l’alimentaire une part plus importante de leur budget que les ménages plus aisés (25% contre 14%). Cette part a augmenté de plus d’un point entre 2006 et 2011.

Automobile : 42% de hausse en 5 ans

La part des dépenses de transports est restée stable entre 2006 et 2011 (18,4%). Les frais d’utilisation de véhicules personnels (entretien, carburant, etc.) ont augmenté de 42% par ménage sous l’effet d’une forte hausse des dépenses en carburant (+ 55%). Ils sont au même niveau qu’en France métropolitaine (151 euros par mois). En revanche, les achats de véhicules ont chuté de 32% et s’établissent à 125 euros par mois (75% du niveau métropolitain).

25% du budget pour le loyer

La part du budget allouée au logement diminue, passant de 15,6% en 2006 à 13,2% en 2011 (15,6% en métropole). Les ménages locataires y consacrent une part plus importante (un quart du budget), avec un montant moyen de loyer de 502 euros par mois en 2011. Le poids des loyers réellement payés (reste à charge) dans le budget des ménages diminue fortement (- 15%) du fait d’une augmentation des allocations logement versées.
Au total, les ménages réunionnais consacrent la moitié de leur budget aux trois principaux postes de dépenses que sont l’alimentation, le logement et les transports, un ratio en baisse. En effet, les Réunionnais diversifient leur
consommation, les dépenses en services de communications, restauration, hôtels, loisirs ou autres biens et services progressant fortement.


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