Economie

« Sept partenaires se rassemblent pour mieux valoriser les résidus organiques »

Une grande première à La Réunion sur le Territoire de la côte Ouest

Témoignages.re / 3 mai 2011

Hier matin, Jean-Yves Langenier, président du TCO (Territoire de la côte Ouest), a présenté à la presse le projet GIROVAR (Gestion intégrée des résidus organiques par la valorisation agronomique à La Réunion). Le maire du Port était entouré des six autres partenaires de ce projet, porté par le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), afin de « favoriser le développement économique tout en améliorant la qualité de notre environnement ».

Pour Jean-Yves Langenier, le projet GIROVAR (voir encadré) est « très important pour le développement durable de La Réunion et il pourrait devenir exemplaire, notamment grâce au partenariat mis en œuvre sur le Territoire de la côte Ouest par l’ensemble des acteurs concernés : les consommateurs, producteurs, transformateurs et gestionnaires ». Ce projet « vise à explorer les intérêts et les contraintes d’une production réunionnaise d’engrais efficaces à partir de la matière organique afin que notre agriculture soit moins dépendante d’engrais chimiques importés ».
Comme le dit le dossier de presse remis hier aux journalistes, « c’est la première fois à La Réunion que sept partenaires se rassemblent autour d’un projet pour mieux valoriser les résidus organiques produits sur un territoire ». Le président du TCO, qui regroupe les communes de La Possession, du Port, de Saint-Paul, de Trois-Bassins et de Saint-Leu, a signalé que le GIROVAR a déjà démarré, qu’il est programmé pour les trois ans à venir et qu’il pourra éventuellement s’appliquer sur toute l’île, voire servir d’exemple à d’autres pays.

« Une importance mondiale »

En effet, il prend en compte toutes les dimensions du développement durable (économique, sociale, environnementale, culturelle, politique…). Et pour le mettre en œuvre au mieux, il faudra faire évoluer certaines réglementations afin de tenir compte des spécificités réunionnaises.
Lors de la conférence de presse, Thomas Campeaux, le Préfet de Saint-Paul, qui préside le comité de pilotage du GIROVAR, a souligné l’intérêt de l’État pour ce projet. Le directeur régional du CIRAD à La Réunion, Gilles Mandret, a mis l’accent sur le fait que « les recherches effectuées dans le cadre de cette action pour lier l’agronomie et l’écologie pourraient prendre une importance mondiale ».

Des produits de qualité comme engrais

Le représentant élu de la Chambre d’agriculture, Jules Houpiarpanin, a abondé dans le même sens, en affirmant que les agriculteurs réunionnais sont d’autant plus partenaires de ce projet qu’ils sont favorables à une agriculture qui respecte l’environnement de leur pays. Les représentants de la FRCA (Fédération régionale des coopératives agricoles) et de la SIER (Société industrielle des engrais de La Réunion) ont déclaré qu’il faut désormais des produits de qualité comme engrais pour nos agriculteurs.
Lynda Hoarau, Présidente de La Créole, Compagnie réunionnaise des Eaux, la régie autonome de la Ville de Saint-Paul, qui gère les stations d’épuration de la commune, a expliqué qu’elle apportera son soutien aux partenaires de ce projet.
Enfin, Christophe Bretagne, Proviseur du lycée professionnel agricole de Saint-Paul (EPLEFPA), a mis en exergue l’importance de la formation des futurs acteurs du monde agricole afin de lier la recherche, la formation et l’emploi à la bataille du développement durable.

Correspondant


Une démarche participative

À l’issue de la réunion du comité de pilotage du projet de Gestion intégrée des résidus organiques par la valorisation agronomique à La Réunion (GIROVAR), voici la présentation de ce projet par un extrait du communiqué remis hier matin à la presse :

« Pendant les 3 ans du projet GIROVAR, des scénarios de gestion intégrée pour une fertilisation organique écologique et économiquement rentable seront élaborés par les acteurs eux-mêmes, évalués et détaillés en vue de leur mise œuvre. Les partenaires estimeront les besoins en fertilisants organiques.
Comment et à quel point les satisfaire en recyclant les déchets végétaux, les boues de station d’épuration, les fumiers et autres résidus organiques produits par les exploitations agricoles ou les communes du Territoire de la côte Ouest.

Un large partenariat

Ce projet s’appuie sur un large partenariat :

- la Chambre d’Agriculture pour la définition de la demande en termes de préférence des agriculteurs et de besoins agronomiques ;

- la FRCA pour l’état des lieux des ressources et des techniques de transformation existantes ;

- le Cirad pour son expertise sur l’ensemble des actions et en particulier sur la construction participative de scénarios ;

- le Territoire de la côte Ouest pour l’évaluation de ces scénarios d’un point de vue économique, agronomique, social et environnemental ;

- le lycée agricole de Saint-Paul pour la sensibilisation et les suivis agronomiques.
Toutes ces actions sont menées en collaboration avec la Société industrielle des engrais de La Réunion (Coopérative des Avirons) et la régie La Créole, et sont co-financées par le programme Innovation et Partenariat du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche ».


An plis ke sa

• Les objectifs du GIROVAR
1- Répondre aux besoins des agriculteurs en matières fertilisantes par une production locale. Répondre aux besoins des sols et des cultures.
2- Favoriser les échanges de point de vue entre acteurs. Impliquer l’ensemble des acteurs du territoire dans la réflexion.
3- Concevoir ensemble des scénarios de gestion pour une fertilisation organique effective, écologique et économiquement rentable. Consolider des scénarios partagés de gestion intégrée prêts à être mis en œuvre.

• La durée du projet
Le projet du GIROVAR est programmé pour les années 2011 à 2013.

• Le financement
543.000 euros (hors salaire public), dont 272.000 euros par le Compte d’affectation spéciale développement agricole et rural (CASDAR), du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, avec contrepartie des partenaires.

• Site internet
Un site exclusivement consacré au projet a été créé ; il permet à tout un chacun d’en suivre l’avancée : http://girovar.com/



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Messages






  • Vingt ans après !
    Le projet qui se concrétise aujourd’hui est porté par la municipalité portoise depuis plus de 20 ans.
    Il y a 20 ans bientôt, un ministre de la République a pu constater que la valorisation des boues d’épuration était, non pas un projet, mais une réalité. Qu’en fit-il alors quand il s’en retourna en France ? RIEN. Rien, comme d’autres avant lui et après lui.
    Félicitons-nous donc de cette reconnaissance du travail pionnier du PORT même s’il nous faut constater que les gouvernements, prisonniers du mythe de leur monopole de l’innovation, prennent autant de temps pour accepter que l’ultra-périphérie puisse inventer des solutions leur permettant de réduire les coûts de production, créer de la richesse et de l’emploi, préserver l’environnement, échapper enfin au tout chimique qui ne sert que les intérêts de grands groupe n’ayant que faire du développement durable.
    Jean

    cf. article Témoignages :V. 10.09.2010
    http://www.temoignages.re/spip.php?page=imprimer&id_article=45511

    Souvenir, souvenir…

    […] En 1992, Jean-Pierre Sueur, alors secrétaire d’État en charge des Collectivités locales (1991 et 1993), a visité la station d’épuration et a même vu comment, à partir des boues traitées, il était possible de créer une terre très riche en laquelle les plantes puisaient les éléments leur permettant de pousser avec une vigueur accrue… et le secrétaire d’État passa, comme tant d’autres, sans se soucier plus avant des demandes faites par les municipalités du Port et de La Possession quant à l’utilisation des eaux usées traitées.
    Qu’on calcule un peu l’immense gaspillage résultant de la désinvolture de tous ces gouvernants en visite dans notre île !

    Jean Saint-Marc

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