Economie

Un accord sur des objectifs très modestes

Le G20 vu d’Occident

Témoignages.re / 21 février 2011

Selon "le Point", la réunion des ministres des Finances du G20 se termine sur un résultat sans avancée majeure. « C’est d’ailleurs bien parce que les objectifs de la présidence française du G20 Finances étaient très modestes que la ministre française de l’Économie peut se targuer d’un accord », indique "Le Point". Extraits.

« Christian Noyer et moi-même sommes très satisfaits du résultat atteint ».Visiblement fatiguée, la ministre de l’Économie peut afficher son large sourire. Elle a ouvert le premier sommet du G20 sous présidence française par un succès. Comme elle avait dit l’espérer en début de semaine, les grands argentiers des 25 pays du G20 (20 permanents plus 5 pays invités) ont conclu un accord sur des « indicateurs » préalables à la construction d’un cadre de croissance, « forte, durable et équilibrée ». La discussion n’a toutefois pas été facile, elle a duré toute la nuit de vendredi à samedi, jusqu’au petit matin, après un dîner des grands argentiers et dirigeants de banques centrales, selon la délégation française. Il a notamment fallu vaincre les réticences chinoises. Du coup, il ne s’agit que d’un compromis. Mais il est « équilibré et exigeant », assure Christine Lagarde. Pour le reste, la ministre avait prévenu que rien d’autre n’était à attendre de ce premier sommet centré sur les questions économiques et financières. Le bilan de la présidence française du G20 ne pourra être jugé qu’après le sommet de clôture, à Cannes, en novembre prochain.
Concrètement, sur quoi les pays du G20 se sont-ils mis d’accord samedi ? Sur des critères objectifs de mesure de leur économie. L’idée sous-jacente : la croissance équilibrée des uns fait la croissance des autres. En d’autres termes, il faut mettre fin à la manière dont l’économie mondiale fonctionne aujourd’hui : les États-Unis s’endettent, les Européens consomment et s’endettent, la Chine épargne et exporte, selon l’analyse de Christine Lagarde. À terme, le G20 doit en effet pouvoir formuler des conseils sur les politiques économiques à mener pour le bien-être de tous.
On n’en est pas là. C’est d’ailleurs bien parce que les objectifs de la présidence française du G20 Finances étaient très modestes que la ministre française de l’Économie peut se targuer d’un accord. Pour la prochaine étape, il sera nécessaire de définir une méthode qui permettra d’interpréter les critères retenus. Le FMI est chargé d’y travailler. Derrière cette discussion technique se cachent en réalité des enjeux très politiques : il s’agit de ne pas donner l’impression de contraindre un pays à mener des politiques contraires à ses intérêts.


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