Economie

Un nouveau jeudi noir

Crise financière

Céline Tabou / 20 août 2011

Depuis des semaines, les bourses jouent au yoyo. En effet, après s’être redressées pendant quelques heures, puis deux jours, les bourses américaines, européennes et asiatiques ont chuté face aux doutes sur la vigueur de l’économie mondiale et les craintes sur la capacité des banques à se financer, comme au plus fort de la crise de 2008.

La crise des bourses a conduit certains économistes français à considérer les bourses comme des enfants qu’il faut constamment rassurer. En dépit de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, les bourses ont eu un léger recul. En dépit des annonces de Barack Obama pour relancer l’emploi et la croissance, les doutes persistent, notamment avec l’annonce de croissance européenne en recul contrairement aux prévisions.

Risques de récession

La banque d’affaires américaine Morgan Stanley a fait savoir jeudi 18 août qu’elle jugeait « les économies des États-Unis et de l’Europe dangereusement proches de la récession ». Sur le même ton, JPMorgan Chase a averti que les risques de récession restaient « élevés ». C’est d’ailleurs pour cette raison que la banque a abaissé vendredi 19 août sa prévision de croissance des États-Unis, pour la fin 2011 et le début de 2012.
« (Les indicateurs américains) suggèrent la pire des combinaisons pour une économie, une croissance au ralenti et une inflation en hausse (...) », a déclaré Frances Cheung, analyste chez Credit Agricole après la clôture en baisse de Wall Street. La place a chuté de 3,68% sur fond de statistiques maussades pour la croissance américaine et de fort recul des valeurs bancaires, pénalisées par la crainte d’une contagion de la crise de la dette via les filiales américaines des banques européennes. L’analyse a également ajouté que « ce qui est encore pire, c’est qu’il y a des cas de difficultés d’accès au financement en Europe et sur un certain nombre de marchés asiatiques ».
Les bourses asiatiques ont toutes clôturé en baisse dans le sillage des places européennes, toutefois l’or connaît une forte hausse. La valeur refuge affiche des records, notamment à Hong Kong, où l’or atteint 1.837,50 dollars l’once. La veille, il avait franchi le seuil des 1.825 dollars.
La Bourse de Séoul a plongé vendredi 19 août à 6,22%, subissant sa plus forte baisse quotidienne depuis novembre 2008. La Bourse de Tokyo a cédé 1,25%, atteignant son plus bas niveau depuis cinq mois dû à la cherté du yen, autre valeur refuge. Shanghai (-1,61%) et Hong Kong (-1,34%) ont suivi la même tendance.

Céline Tabou


Standard and Poor’s dans le collimateur

Standard and Poor’s ferait l’objet d’une enquête par la justice américaine sur son rôle dans la crise des « subprimes ». Pourrait-on parler de vengeance ? Cette agence de notation a été la seconde après la chinoise Dagong à avoir dégradé la note américaine, le 5 août, de « AAA » à « AA+ ».
“Le New York Times” a été le premier quotidien à avoir révélé l’information sur son site internet, le jeudi 18 août. L’enquête devrait déterminer si les notes attribuées aux crédits hypothécaires par l’agence de notation avant le début de la crise étaient avérées. Certaines situations mettent en évidence des analystes de Standard & Poor’s souhaitaient assigner des notes à certains actifs, mais celles-ci auraient été contredites par des dirigeants de l’agence.
En plus du département de la justice (DOJ), la Securities & Exchange Commission (SEC), gendarme des marchés financiers américains, a également ouvert une enquête sur l’éventuel rôle de Standard & Poor’s dans la crise, a indiqué une source au quotidien américain. Un porte-parole de Standard & Poor’s a souligné de son côté que parmi les principes guidant l’action de l’agence figuraient notamment « l’indépendance analytique et l’objectivité », et ajouté qu’au cours des dernières années, « S&P a reçu plusieurs requêtes de différentes instances gouvernementales au sujet des actifs adossés à des crédits immobiliers américains. Nous avons coopéré et continuerons de le faire ».


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