Economie

Un nouvel objectif de croissance

Réunion du G20 en Australie

Céline Tabou / 22 septembre 2014

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 sont réunis à Cairns, en Australie, afin de débattre sur la nécessité de mener des actions plus efficaces pour l’emploi et la croissance mondiale.

Durant deux jours, l’ensemble des participants devront définir un nouvel objectif de croissance pour les cinq prochaines années et des mesures de lutte contre l’optimisation fiscale. « Nous sommes déterminés à rendre le monde meilleur, à développer la croissance de l’économie mondiale, créer plus d’emplois et des emplois mieux payés, construire des infrastructures pour permettre aux enfants d’avoir une eau de meilleure qualité, une éducation et des soins médicaux », a indiqué Joe Hockey, ministre de l’Economie et des Finances, lors de son allocution d’ouverture.

Croissance revue à la baisse

Ce dernier a assuré que les participants avaient « l’opportunité de changer le destin de l’économie mondiale ». En dépit de cette bonne volonté, le contexte économique s’est détériorée ces derniers mois menaçant l’objectif de croissance annoncé par les ministres des Finances du G20 lors d’une précédente réunion en février 2014 à Sydney.

Les grands argentiers s’étaient fixés comme objectif d’augmenter la valeur du Produit intérieur brut (PIB) des pays du G20 de 2% supplémentaires d’ici à 2019, ce qui signifie accroître le PIB mondial de plus de 2.000 milliards de dollars. Présent à cette réunion, le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déclaré que l’objectif de croissance supplémentaire fixé d’ici à 2019 par le G20 était « difficile à atteindre ».

Lundi 15 septembre, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a constaté un ralentissement des grandes économies mondiales, abaissant sa prévision de croissance pour la zone euro de 0,4 point de pourcentage par rapport à une précédente estimation en mai, sur fond de risques géopolitiques et financiers importants

Au cours des débats entre ministres des Finances et banquiers centraux, le ministre a indiqué que « nous étions dans une forme de contradiction avec le fameux objectif de deux points de PIB de plus à cinq ans d’ici », qui sera « difficile à atteindre en raison de la situation actuelle ».

L’UE rappelée à l’ordre

Le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Jack Lew, a appelé les pays de la zone euro à accentuer leurs efforts pour augmenter la croissance économique en perte de vitesse. « Il est largement ressorti des discussions que l’Europe va devoir faire plus pour mener son économie là où elle devrait être », a annoncé ce dernier, en référence à la croissance des pays de la zone euro.

Michel Sapin a ainsi indiqué que « nous nous réunissons à un moment où la quasi-totalité des perspectives de croissance ont été revues à la baisse », relevant les interventions faites sur « la trop faible croissance en zone euro était un sujet de préoccupation ». Pour justifier cette faible croissance européenne, le ministre a expliqué qu’ »il n’est pas simple de mettre au point des programmes de croissance supplémentaire dans des conditions qui correspondent aux réalités ».

Les propositions effectuées par les participants à la réunion du G20 vont permettre, selon les calculs du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), « jusqu’à 1,5 point, certains disent 1,8 point, peut-être 1,9 point supplémentaire de PIB à l’horizon de cinq ans » a-t-il assuré. Ce dernier a précisé que « la préoccupation du court terme était extrêmement présente. L’important, c’est de retrouver une croissance », qui est « trop faible en 2014 ».


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