Economie

Un rapport enterre le site d’Aulnay

Fermeture d’une grande usine de PSA

Céline Tabou / 14 septembre 2012

Le rapport Sartorius rendu mardi 11 septembre au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, sur la société PSA Peugeot, a acté la réduction des effectifs de la société et approuvé la fermeture du site d’Aulnay, centre des revendications des ouvriers, depuis l’annonce d’une possible fermeture.

En difficulté depuis le début de la crise et de surcapacités manifestes en Europe qui est son premier marché, PSA a annoncé le 12 juillet la suppression de 8.000 postes en France, la fermeture en 2014 de son usine d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et une réduction de l’activité sur son site de Rennes. Cette annonce a soulevé un élan des syndicats et des représentants politiques qui ont dénoncé la décision de PSA.

« Limiter les suppressions de postes programmées »

Le rapport d’Emmanuel Sartorius, ingénieur général des Mines, a expliqué que PSA Peugeot Citroën devait engager son plan de restructuration, tout en critiquant l’absence d’anticipation du constructeur automobile et sa décision de fermer l’usine d’Aulnay. « La nécessité, dans son principe, d’un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n’est malheureusement pas contestable », mais « les mesures du plan doivent être limitées strictement à ce qui est nécessaire au redressement de l’entreprise ».
En déplacement à Rennes (Ille-et-Vilaine), François Hollande a promis qu’il ferait tout son possible pour « limiter les suppressions de postes programmées ». De son côté, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré sur BFM-TV que les salariés du constructeur ne devaient pas constituer « des variables d’ajustement ». Le gouvernement a décidé de suivre le dossier « avec beaucoup d’attention ».
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg a annoncé avoir répondu favorablement à la demande des syndicats et des élus d’organiser des négociations tripartites sur le plan. "L’objectif collectif doit être de réduire le nombre d’emplois menacés, d’assurer l’avenir du groupe et d’organiser une ré-industrialisation concrète en cas de perte d’emplois", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Des suppressions supplémentaires

Le rapport souligne les difficultés de la direction "à établir un vrai dialogue sur la stratégie de l’entreprise avec les partenaires sociaux" et appelle à "un dialogue social exemplaire" pour la mise en œuvre du plan social. D’autant plus que la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay-sous-Bois s’avère être la mesure la plus spectaculaire du vaste plan de restructuration annoncé en juillet. En effet, celui-ci prévoit en tout 8.000 suppressions de postes, mais l’usine de Rennes La Janais sera également touchée avec 1.400 suppressions de postes prévues.
Ces mesures envisagées sont contestées par Emmanuel Sartorius, qui explique que PSA a effectué un "choix douloureux pour la France" et que d’autres solutions étaient possibles. Parmi lesquelles, la fermeture de l’usine « plus petite taille de Madrid en vue de préserver l’emploi sur le territoire français ». « La perspective de l’arrêt des activités de production automobile sur le site d’Aulnay amène à se poser la question de savoir si tout a bien été envisagé pour l’éviter et si des mesures de chômage partiel ne sont pas envisageables, dans l’attente d’une embellie », écrit-il.
Malgré cela, des milliers de personnes vont perdre leur emploi et viendront gonfler les chiffres du chômage qui ont déjà atteint leur seuil record, soit 10,3% de chômage en France. Dans un tel contexte, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a dénoncé les "coups de menton" du ministre du Redressement productif qui a donné, selon lui, de faux espoirs aux salariés de l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois, sur France Info, mercredi 12 septembre.
Ce dernier est le premier a fustigé les approbations du gouvernement, « la situation de Peugeot, malheureusement, on la connaissait avant le rapport qui nous a été livré hier. Monsieur Montebourg nous a dit avant l’été : ’je vais tout casser, je vais tout empêcher, c’est inadmissible’. Il a donné de l’espoir aux salariés de Peugeot et aujourd’hui il nous dit : ’calmez-vous, soyez raisonnables ». Le syndicaliste a été le premier à réagir et a dénoncé les paroles d’Arnaud Montebourg, qui « au lieu de se prendre pour un super-syndicaliste », aurait du jouer « le rôle du ministre », c’est-à-dire « regarder la réalité en face et les difficultés telles qu’elles existent ». François Chérèque a indiqué qu’il allait attendre le rapport de l’expert du comité d’entreprise pour voir comment "limiter la casse au maximum".

Céline Tabou


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