Economie

Un Réunionnais sur quatre vit dans « les Hauts »

Témoignages.re / 2 février 2017

Voici la reproduction du contenu de l’étude parue dans le numéro 89 de l’INSEE-Flash-Réunion publié sous la signature de Ludovic Besson.

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En 2013, la moitié des habitants de La Réunion vivent sur le littoral, à une altitude inférieure à 150 mètres. Un quart vivent à mi-pente, de 150 à 400 mètres, et un quart dans les « Hauts » à 400 mètres ou plus. Entre 2008 et 2013, si la population réunionnaise a augmenté à un rythme annuel moyen de 0,7 %, cette augmentation a été deux fois plus forte à mi-pente (+ 1,6 %) et plus lente sur le littoral.

À mi-pente, la population est bien mieux insérée sur le marché du travail que sur le littoral et dans les Hauts : 49 % des habitants ont un emploi contre 43 %. Huit ménages sur dix vivent dans une maison et, comme dans les Hauts, le modèle familial du couple avec enfant(s) domine. Les Hauts accueillent une population plus modeste, composée pour un tiers d’ouvriers, d’agriculteurs et de retraités, soit une part plus élevée qu’ailleurs. Le littoral est composé, quant à lui, de zones plus disparates : 85 % des habitants des quartiers de la politique de la ville y résident, mais en même temps, il abrite des zones résidentielles composées de ménages plus aisés.

Au 1er janvier 2013, la moitié des habitants de La Réunion vivent sur le littoral, à une altitude inférieure à 150 mètres. Un Réunionnais sur quatre vit dans les « Hauts », à 400 mètres ou plus d’altitude. Dans le Sud, une forte proportion d’habitants vivent à cette altitude (39 %). À l’Ouest, si un quart de la population vit dans les Hauts, cette part est bien plus élevée à Saint-Leu et Saint-Paul (33 %), et encore davantage à Trois-Bassins (89 %). Deux communes regroupent plus de la moitié des habitants des Hauts (53 %) : Le Tampon au Sud, entièrement située sur les hauteurs, et Saint-Paul à l’Ouest.

À l’inverse, dans l’Est et le Nord, seul un habitant sur dix vit à partir de 400 mètres, exceptions faites de La Plaine-des-Palmistes et de Salazie, qui n’ont pas de façade maritime.

Entre 2008 et 2013, la population a fortement augmenté à mi-pente, entre 150 et 400 mètres : + 1,6 % en moyenne annuelle, soit une croissance deux fois plus forte que sur l’ensemble de l’île (+ 0,7 %), en lien avec l’étalement urbain. En revanche, sur le littoral, la population a augmenté très faiblement (+ 0,2 %). Dans les Hauts, elle a crû à un rythme très légèrement supérieur à la moyenne régionale (+ 0,8 %).

Le littoral : des zones très disparates

Le littoral regroupe la moitié de la population de l’île (428 000 habitants). C’est également la partie de l’île la plus densément peuplée, avec plus de 1 000 habitants au km2, soit trois fois plus que pour l’ensemble de La Réunion (333 habitants au km2). De fait, l’habitat collectif y est surreprésenté : 43 % des logements sont des appartements contre 30 % en moyenne régionale.

Par ailleurs, les trois quarts des logements sociaux sont localisés sur cette bande étroite de l’île. Ainsi, les populations les plus en difficulté y sont concentrées : 85 % des habitants des quartiers de la politique de la ville y vivent, soit un habitant du littoral sur trois. Cependant, la majorité des zones résidentielles de l’île, où habitent des populations nettement plus aisées que la moyenne, sont également situées sur les littoraux du Nord et de l’Ouest (le centre-ville de Saint-Denis, Saint-Gilles-les-Bains, L’Étang-Salé-les-Bains, etc.).

De fait, l’accès des habitants du littoral à l’emploi est proche de la moyenne régionale. La part des cadres et professions intermédiaires (16 %), comme celle des ouvriers, agriculteurs et retraités (29 %), y sont également dans la norme régionale.

Habitant plus souvent un logement social que les autres types de ménages, les familles monoparentales sont relativement plus nombreuses sur le littoral qu’ailleurs. Il en est de même des personnes vivant seules, quel que soit leur âge, qui sont sans doute attirées par des niveaux d’équipement et de services plus importants. Par ailleurs, les ménages vivant sur le littoral disposent moins souvent d’une voiture, ce qui pourrait s’expliquer par le recours à d’autres moyens de déplacements comme les transports en commun ou une moindre capacité financière à en posséder une.

Des ménages en moyenne plus aisés à mi-pente

À mi-pente, vivent 200 000 Réunionnais. La densité de population s’élève à 550 habitants au km2, soit deux fois moins que sur le littoral. L’habitat individuel y est très développé : 80 % des ménages résident dans une maison. Le modèle du couple avec enfant(s) devient dominant (38 % des ménages, contre 30 % sur le littoral). Les ménages plus aisés y sont relativement plus nombreux. Ainsi, les cadres et les professions intermédiaires sont plus souvent présents à mi-pente : 20 %, contre 16 % sur le littoral et 14 % dans les Hauts. Les couples dont les deux conjoints ont un emploi sont également surreprésentés à mi-pente : 22 % contre 15 % sur le littoral et 17 % dans les Hauts. Les ménages possèdent donc plus souvent plusieurs voitures (27 % contre 22 % à La Réunion).

Les ménages modestes surreprésentés dans les Hauts

À partir de 400 mètres, la population est aussi nombreuse qu’à mi-pente (207 000 habitants), mais la densité de population chute fortement (120 habitants au km2). La proportion de natifs de l’île y est un peu plus importante qu’en moyenne (88 % contre 84 %). Encore plus qu’à mi-pente, l’habitat est dominé par la maison individuelle (neuf logements sur dix) et les ménages sont plus souvent propriétaires de leur logement (64 % contre 43 % sur le littoral).

Dans les Hauts, comme à mi-pente, les couples et plus particulièrement les couples avec enfant(s) constituent le modèle familial le plus répandu. Les ménages modestes sont en revanche davantage présents. Ainsi, 20 % des ménages sont composés d’un couple dont aucun des conjoints n’a d’emploi, contre 16 % à mi-pente. En outre, les ouvriers, les agriculteurs et les retraités sont un peu plus nombreux : ils représentent 33 % des personnes de 15 ans ou plus contre 30 % à La Réunion.

Davantage de personnes en emploi à mi-pente

Du fait du profil des habitants qui y vivent, c’est à mi-pente que la population est la mieux insérée sur le marché du travail : 49 % des personnes de 15 à 64 ans y sont en emploi, soit 5 points de plus que la moyenne régionale. Dans les Hauts et sur le littoral, l’emploi est moins fréquent (43 %). Cependant, il existe de fortes disparités selon les zones : dans le nord de l’île, les habitants des Hauts sont nettement mieux insérés professionnellement que ceux du littoral (52 % y ont un emploi, soit 6 points de plus), une partie d’entre eux habitant des zones résidentielles comme La Montagne. À l’inverse, dans l’Ouest, les habitants du littoral sont plus souvent en emploi que ceux des Hauts.