Economie

Union Européenne : diminution de la part de l’Espagne, du Portugal et de la France dans la population totale

Presque 500 millions d’habitants dans les 27 États membres

Manuel Marchal / 5 août 2009

À la date du 1er janvier 2009, la population de l’Union Européenne était estimée à 499,8 millions de personnes, contre 497,7 millions au 1er janvier 2008. Elle s’est accrue de 2,1 millions de personnes en 2008. Plus de la moitié de l’accroissement démographique est le résultat d’un solde migratoire positif. Sur ces presque 500 millions, les trois États comptant des RUP parmi leurs régions représentent aujourd’hui 24% de la population de l’Union Européenne, contre 30% avant 2004.

La dernière estimation de la population des 27 États membres de l’Union Européenne fait état de 499,8 millions d’habitants au 1er janvier. En un an, la population de l’Europe a augmenté de 2,1 millions d’habitants. Cette hausse est d’abord due à un solde migratoire positif de 1,5 million, la différence entre le nombre de naissances et de décès a permis pour sa part une hausse de la population de 600.000 habitants.
Ce nombre peut paraître énorme. C’est environ 625 fois la population de La Réunion. Cette estimation permet en tout cas d’avoir un aperçu des rapports de forces qui vont se dessiner au cours du mandat des députés élus en juin dernier au Parlement européen.

120 millions de plus qu’en 2004

Avant le grand élargissement de l’Union Européenne de 15 à 25 États membres en 2004 puis à 27 en 2007, l’Union Européenne comptait 380 millions d’habitants. Avant 2004, la part dans la population de l’Union Européenne des trois pays concernés par les RUP (Espagne, Portugal et France) était de 30%, contre 24% aujourd’hui. Il est à noter que la part des nouveaux pays membres reste au-dessus de 20% de la population totale de l’Union Européenne, malgré de forts courants migratoires qui ont poussé vers l’Europe de l’Ouest des millions de travailleurs.
Si on applique aux régions des pays qui sont entrés dans l’Union Européenne depuis 2004 les critères qui servent à déterminer le droit à des fonds structurels, il s’avère que c’est plus de 20% des habitants de l’Union Européenne qui vivent dans une région où le PIB par habitant est inférieur à 75% de la moyenne européenne, c’est-à-dire qu’environ 20% de l’Europe a un PIB par habitant en-dessous de La Réunion, donc qu’un Européen sur cinq est concerné par les fonds de développement perçus depuis des années par les Réunionnais. Or, l’enveloppe allouée à ces fonds n’augmentera pas en fonction des besoins, des arbitrages seront nécessaires avec une diminution de l’influence relative des trois États membres directement concernés par les RUP. Avant, c’étaient 3 États sur 12, puis sur 3 sur 15 avant 2004. Aujourd’hui, ce sont 3 États sur 27.

L’Europe de l’Ouest terre d’immigration

Il est aussi à noter que si les 12 États qui ont adhéré à l’Union Européenne depuis 2004 ont un important accroissement naturel de leur population, ils sont aussi touchés par une forte d’émigration. Ce transfert de population a des causes économiques. Il va s’amplifier si les inégalités entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est ne se réduisent pas. Pour faire face à cette situation, l’Europe dispose des fonds structurels. Comment sera utilisé cet outil de cohésion ? C’est un des enjeux de la mandature qui commence au Parlement européen.
Cela montre combien que les choses changent vite. C’est en effet dans un contexte démographique totalement inédit que sera examiné le prochain budget de l’Europe. Il s’agira de faire entendre les spécificités de La Réunion à des représentants de pays qui n’ont pas de passé colonial, et qui n’ont donc pas l’expérience du sous-développement provoqué par des siècles d’exploitation coloniale. Ces pays sont aussi ceux qui, en Europe, paient le prix le plus lourd dans une crise économique sans précédent depuis 1929. Le rendez-vous est donc redoutable.

Manuel Marchal


Les plus fortes progressions des taux de natalité dans les pays les plus pauvres

En 2008, 5,4 millions d’enfants sont nés dans l’UE-27. Le taux de natalité brut a été de 10,9 naissances pour 1.000 habitants dans l’UE-27, soit une augmentation de 0,3 naissances pour 1.000 habitants par rapport à 2007.
Entre 2007 et 2008, le taux de natalité brut a augmenté dans tous les États membres excepté l’Allemagne. Les plus fortes progressions ont été observées en Lituanie (10,4‰ en 2008 contre 9,6‰ en 2007), en Irlande (16,9‰ contre 16,2‰), à Chypre (11,6‰ contre 10,9‰) et en Pologne (10,9‰ contre 10,2‰).
En 2008, 4,8 millions de décès ont été recensés dans l’UE-27. Le taux de mortalité a été de 9,7 décès pour 1.000 habitants en 2008, soit le même taux qu’en 2007.
Les plus fortes hausses du taux de mortalité ont été observées en Allemagne (10,3‰ en 2008 contre 10,1‰ en 2007), à Malte (13,2‰ contre 13,0‰) et en France (8,5‰ contre 8,3‰), et les baisses les plus marquées en Lettonie (13,7‰ contre 14,5‰), au Luxembourg (7,4‰ contre 8,1‰) et en Estonie (12,4‰ contre 13,0‰).


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