Accueil du site> International> Comores
Sambi à Anjouan
7 avril 2008
Une dizaine de jours après le décès du séparatisme cultivé par le Colonel Bacar et les siens, des centaines de ressortissants de Ngazidja et de Mohéli ont retrouvé des milliers d’Anjouanais pour l’enterrer définitivement et planter l’arbre de l’Unité nationale retrouvée.

4000 personnes pour enterrer le séparatisme.

Depuis l’intervention de l’armée nationale appuyée par les forces de l’Union Africaine pour déloger la junte qui dirigeait Anjouan, Mutsamudu était en fêtes. Des fêtes sans communes mesures avec la liesse exaltée de ce 5 avril 2008.
Déjà le 4 avril, des milliers de Comoriens, des notables et des jeunes surtout, s’étaient déplacés massivement à l’aéroport Prince Saïd Ibrahim pour souhaiter la bienvenue au chef de l’Etat et le féliciter pour le succès de sa détermination à réunifier le pays.
Dans la même journée, en plus des vols commerciaux et des hélicoptères de l’armée, deux bateaux assuraient gratuitement la liaison Moroni-Anjouan. Ceux qui avaient dû quitter leur île natale pour des raisons politiques et sécuritaires avaient hâte de retrouver leurs familles. D’autre part, ceux qui ont choisi volontairement de vivre à Moroni ne voulaient en aucun cas être en marge de cette page d’Histoire qui allait s’écrire dans leur île et en faveur de leur pays.
Du côté d’Anjouan, l’excitation était à son comble. Dans les familles, tout le monde était affairé pour préparer les festins et accueillir à la fois les parents et les centaines de ressortissants des îles sœurs de Mohéli et Ngazidja.
Mohamed Laniou est tout émerveillé : « C’est la première fois que je viens à Anjouan de ma vie, et je pense que j’ai vraiment choisi le meilleur moment. La joie fraternelle se lie sur les visages, s’exprime dans les propos et se matérialise dans l’accueil ».
La mobilisation populaire s’est accentuée ce samedi 5 avril avec l’arrivée du Président Sambi et des officiels qui composaient sa suite. L’aéroport de Ouani était déjà noir de monde depuis les premières lueurs du jour. Le reste de la foule s’est massé sur le long des 5 km qui relient Ouani à la ville de Mutsamudu. Tous avaient soif de voir ce Président qu’ils ont élu massivement et qui a été empêché pendant 10 mois de fouler cette terre.
La France est notre amie, mais ...
C’est également pour voir le libérateur et participer à la cérémonie solennelle qui devrait consacrer l’acte de décès du séparatisme que 4.000 personnes avaient pris d’assaut le stade de Missiri. Au cours de cette manifestation haute en couleurs, les orateurs des 3 îles ont chacun exprimé leur joie devant cette victoire politique, diplomatique et militaire qui a permis de réunifier la nation comorienne.
Le Président de l’Union des Comores, qui bénéficiait déjà d’une aura inégalée avant ces événements, a pu mesurer combien il est adulé par son peuple. Durant près de 90 minutes, il a remercié l’organisation panafricaine et les pays amis qui ont aidé à la réunification des Comores. Il a surtout insisté sur la nécessité de pardonner ceux qui le mérite, d’éviter les vendettas personnelles et de faire confiance en la justice.
A propos de justice, Sambi n’a pas manqué de revenir sur le cas du Colonel Bacar. Il s’est dit déterminé à exiger que le colonel rebelle et ses acolytes répondent de leurs actes devant les tribunaux. Tout en réaffirmant l’amitié de la France et son appui multiforme au développement des Comores, il a ajouté que cela ne devait pas nous empêcher d’exprimer notre contrariété devant des actes qui nous révoltent.
De notre correspondant A. Mohamed
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).