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Environnement et développement

1er juillet 2008

La découverte des cadavres d’une centaine de dauphins, échoués à Antsohihy (Nord-Ouest de l’île), le mois de juin écoulé a fait la Une des médias durant plusieurs jours dans la Grande Ile. Pourquoi cette hécatombe ? Les responsables de l’Environnement ont d’abord gardé le silence sur le sujet.

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Mais quelques jours plus tard, le Ministre de l’Environnement, devant la pression de l’opinion, a du déclarer devant la presse que le Gouvernement avait fait appel à des spécialistes étrangers, notamment américains, pour étudier les causes de ce phénomène car, a-t-il précisé « ces dauphins sont étrangers aux eaux malgaches ». Il semblerait, selon les affirmations de ce haut responsable, que ces dauphins qui naviguaient au loin des côtes malgaches ont fui en raison d’un phénomène, encore à l’étude, et auraient échoué sur une embouchure près de la ville d’Antsohihy. Des médias ont montré du doigt la Société Pétrolière EXXON, qui entame des recherches sur la côte Nord-Ouest de l’île, en utilisant des sonars. Elles suspectent cette société d’être à l’origine de cette hécatombe, car l’utilisation de sonars perturbe les dauphins, qui émigrent vers d’autres eaux.

Cet incident a de nouveau attiré l’attention des observateurs sur les méfaits causés à l’environnement par les activités des sociétés minières étrangères, qui opèrent depuis quelques années à Madagascar.
Rappelons à ce propos que vers les années 1996, l’Etat malgache, fortement "encouragé" par la Banque Mondiale, s’engageait dans une politique minière censée lutter contre la pauvreté par la croissance des exportations des produits du sous-sol, tout en protégeant la biodiversité.

Cette politique est illustrée par les accords conclus entre le Gouvernement malgache et la société QMM (filiale de Rio Tinto) pour l’exploitation de l’ilménite à Tolagnaro (dans le Sud de l’Ile), et la Société DYNATEC pour l’exploitation du nickel et du cobalt à Ambatovy Moramanga, dans l’Est de l’île).

Ainsi, des milliers d’hectares de cultures, de forêts, abritant d’innombrables espèces floristiques et fauniques endémiques, sont systématiquement détruits, sans aucune garantie sérieuse de réhabilitation.
D’autres projets de même envergure sont envisagés pour l’exploitation de l’ilménite (par Ticor LTD), de l’uranium et des diamants (par la Pan African Mining/Madagascar Sarl), du saphir (par la Platinium Work INC.), du diamant (par De Beers).

Le slogan officiel affiché « Madagascar naturellement » ne peut occulter la contradiction entre un ultralibéralisme débridé qui livre les richesses du sous-sol du pays à la voracité des multinationales, sous couvert de développement, et la protection de l’environnement. Les dauphins échoués à Antsohihy en sont une triste illustration.

B.Y

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