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21 janvier 2010
Cet interminable champ de ruines à l’infini, ces morts qu’on n’arrive plus à compter, ensevelis sous les décombres, jonchant le sol ou jetés pêle-mêle dans les fosses communes, et qui répandent une odeur insupportable, ces foules qui fuient dans tous les sens et qui ne savent plus où aller, qui se battent et se déchirent comme des fauves pour pouvoir survivre…
Devant cette vision d’apocalypse, on est tous saisi d’effroi et frappé de stupeur. On a beau faire l’effort, on ne comprend pas. Puisque le cataclysme vient de la Nature, — Haïti se trouvant au-dessus des plaques tectoniques qui se heurtent et s’affrontent provoquant les tremblements de terre — et que c’est Dieu qui a créé le ciel et la terre et que rien n’a lieu sans son bon vouloir, comment ne pas se demander : mais où est-il donc le Dieu tout-puissant ? Que fait-il, Celui qui a créé le ciel et la terre, mais qui ne réagit pas devant tant de malheurs, qui reste sourd à tant souffrances ? Est-ce bien de ce dieu-là que parle Anatole France citant Épicure :
« Ou Dieu veut empêcher le mal et ne le peut, ou il le peut et ne le veut, ou il ne le peut ni ne le veut, ou il le veut et le peut.
S’il le veut et ne le peut, il est impuissant ; s’il le peut et ne le veut, il est pervers ; s’il ne le peut ni ne le veut, il est impuissant et pervers ; s’il le veut et le peut, que ne le fait-il, mon père ? »
Georges Benne
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