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Et la voilà, « cette lettre », qui rappelle à la France...

24 octobre 2007




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On peut ne pas aimer l’homme, ni ses manières de pratiquer l’ouverture ou bien de choisir certains de ses ministres parmi ses plus proches amis et encore moins les baisers qu’il échange avec sa femme en public et devant les caméras. On peut trouver pour le moins léger qu’il s’en va un dimanche soir présider un conseil de l’U.M.P., comme on peut évidemment être choqué qu’il aime passer ses vacances dans des lieux qui appartiennent aux super riches de ce monde...
Allez... on peut même lui trouver une sincérité surfaite quand il demande que soit lue dans nos lycées la « lettre » de Guy Môquet. On est même en droit de se demander si cette idée a bien été de lui.
Car, après tout, cette fameuse « lettre d’adieu » que le jeune (militant communiste) français, à la veille d’être exécuté par les tortionnaires nazis le 22 octobre 1941, a pu faire parvenir jusqu’à ses parents, dîtes, avons-nous toujours pensé nous-mêmes (à supposer que nous en connaissions l’existence) qu’elle est l’expression poignante de sentiments très simples, loin des contorsions idéologiques, culturelles ou cultuelles qui, trop souvent aujourd’hui, rythment nos pensées pour que le dieu “Internet” les amplifie et les mondialise ?
N’avons-nous pas cru parfois qu’elle nous appartenait à nous et pas aux autres, cette « lettre »  ?
Et voilà que Nicolas Sarkozy, pour toutes sortes de raisons... celles que ses opposants lui attribuent, celles que ses partisans avancent, celles dont il ne dit mot... voilà donc que Nicolas Sarkozy demande qu’on la lise, cette lettre, dans tous les lycées de France et de Navarre, donc ceux de chez nous aussi !
Et voilà que cette « lettre » d’un jeune homme de 17 ans et demi qui commence par un « Je vais mourir... », se poursuit par un « ... que ma vie serve à quelque chose... », et encore « ... Ma vie a été courte, je n’ai aucun respect si ce n’est de vous quitter tous... », cette « lettre » par ces mots adressée à tout un peuple pour lui dire « courage », la voilà sur toutes les lèvres, dans tous les cœurs, dans nos consciences, dans les lycées, dans la rue, dans les journaux. Et sur Internet qui, d’un coup et enfin, l’amplifie et la mondialise.
La voilà qui, à partir de l’amour qu’un fils porte à ses parents et des mots tellement touchants parce que banals, rappelle à la France que nous n’avons pas le droit d’enterrer sous les bottes du “tout consommation” les beautés d’âme dont fut un jour capable un gosse de notre jeunesse.
Et on se met à rêver : pourvu que le débat ouvert n’atteigne pas l’indécence qui caractérise ceux qui croient savoir où ils vont tout en voulant ignorer d’où sort leur passé... Car, réjouissons nous : les élans de générosité et le courage des vrais héros restent plus que jamais de grandes valeurs de notre humanité.

Raymond Lauret

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