APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
18 février 2006

Beaucoup de monde hier matin dans l’hémicycle du Conseil général pour faire le point sur les actions développées depuis plusieurs semaines maintenant sur tout le département pour lutter contre le chikungunya. Beaucoup de monde pour écouter les responsables des services de l’État dire où on en est en matière d’interventions dans les domaines épidémiologique et médical, de la lutte “anti-vectorielle” c’est à dire la démoustication, de la situation sur le plan économique et celui de l’approvisionnement des pharmacies et des grandes surfaces, du pôle environnement aussi.
Beaucoup d’attention donc, beaucoup de questions de la part des femmes et des hommes politiques, des acteurs des milieux économiques et sanitaires, des militants sociaux et médicaux...
Et puis, dans un coin de l’hémicycle, Brigitte Hoarau et trois de ses élèves malentendants ou non, vivant dans leur bulle à eux un moment qui, hier, sortait de l’ordinaire... Brigitte et ses élèves, attentifs à ce qui se disait et que leur langage des signes traduisait pour qu’ils mûrissent la maîtrise de leur art, mais tellement étrangers à l’ambiance faite de gravité, de sous-entendus, de non-dits que Nassimah Dindar, la présidente des lieux, avait la charge de contrôler....
J’écoutais, bien sûr, les rapports des experts. J’ai de bonnes oreilles et un peu d’intelligence pour les entendre, interpréter et juger leurs propos, les replacer dans le cadre fait de la solennité que nous impose un tel débat, qui plus est retransmis en direct à la télévision. J’écoutais donc, en faisais mon affaire pour en retirer les enseignements qui me seront bien utiles pour la part que j’ai à apporter, à la simple place qui est la mienne quelque part dans la pyramide des responsables de ce pays, dans la bataille menée et qu’il serait dramatique de rater...
J’écoutais donc, mais ne pouvais m’empêcher d’être admiratif devant celles et ceux qui ont choisi, comme l’ont fait Brigitte, Émilie et tant d’autres, de consacrer leurs vies et leurs attentions à partager avec nos compatriotes qui n’entendent pas ce que l’intelligence et l’émotivité leur permettent pourtant de pleinement comprendre et de les accompagner dans leurs activités de tous les jours. C’est à ce prix que leurs vies deviennent alors comme chacune de nos vies, à eux qui ont le droit de revendiquer que personne ne cherche à s’apitoyer sur leur situation. Car il y a de la grandeur et de la noblesse dans les silences de ceux et de celles qui voient les mêmes choses, qui sentent les mêmes odeurs et qui savent aimer comme nous voyons, sentons et aimons nous aussi.
Comme nous ? Mieux même, peut-être. Mieux même, sans doute sûrement !...
R. Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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