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Lutte contre la pauvreté et la misère

Faire avancer le développement et la démocratie

17 octobre 2006

Alors que le monde célèbre la Journée mondiale du refus de la misère, à La Réunion, plus d’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté, plus de 100.000 personnes sont privées de travail, plus de 20.000 familles attendent depuis des années un logement digne et des dizaines de milliers d’autres connaissent la promiscuité, plus de 100.000 Réunionnais sont exclus de la lecture et de l’écriture. La lutte contre la misère est bien un combat quotidien à La Réunion, relayé surtout par les associations qui œuvrent pour atténuer cette violence.




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Le 19 mars 1946, quatre pays voient leur statut évoluer : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion deviennent des départements. L’élection à La Réunion de Léon de Lépervenche et Raymond Vergès à l’Assemblée en 1945 portait l’espoir de tout un peuple : sortir de la misère grâce à l’obtention du statut de citoyens à part entière. À cette époque, l’application à La Réunion des lois sociales en vigueur en France était le moyen de lutte choisi pour mettre fin à l’effroyable mortalité infantile, pour donner le droit à la santé, à l’éducation, à une retraite digne et à des logements décents pour tous.

Des indicateurs révélateurs

60 ans après la fin de l’abolition du statut de colonie, pour la majorité des Réunionnais, des droits aussi fondamentaux que celui d’un travail et d’un revenu dignes ne sont toujours pas respectés. Si des progrès considérables ont été accomplis sur beaucoup de plans, La Réunion n’est toujours pas sortie de la pauvreté massive. Le premier indicateur est celui justement du seuil de pauvreté. Plus d’un Réunionnais sur deux survit en dessous. Quant au nombre de chômeurs, il est toujours supérieur à 100.000, celui des érémistes ne descend pas sous les 70.000 et la moitié de la population a des revenus tellement faibles qu’elle n’a pas les moyens de se payer une mutuelle pour faire face aux dépenses de santé et est éligible à la CMU.
Ceux qui ne subissent pas la violence du chômage connaissent massivement l’insécurité de la précarité et les salaires trop bas. Le recours au temps partiel et l’insuffisance des salaires par rapport au coût de la vie débouchent sur l’appauvrissement d’une large frange des salariés : celles et ceux à qui est imposé le temps partiel ou un temps plein payé au SMIC. Dans de telles conditions, la misère matérielle est une réalité à La Réunion.
Dans un tel contexte, la pénurie d’emplois persistante entretient une misère qui se décline sur un plan matériel comme le montrent les indicateurs ci-dessus, mais aussi intellectuel.

Taillables et corvéables

Pour prendre un seul exemple, il suffit de rappeler que depuis plus de 50 ans, la question des journaliers communaux n’est toujours pas réglée. Alors que 11.000 personnes remplissent depuis des années des missions de la Fonction publique, elles n’ont pas de garanties statutaires à la hauteur de leurs responsabilités. Le résultat est une dépendance envers leur employeur, une soumission d’autant plus grande que le contrat est précaire. Et force est de constater que des élus peu scrupuleux n’hésitent pas à se servir de ces travailleurs comme d’une main-d’œuvre taillable et corvéable à merci, que l’on achemine comme du bétail pour faire la foule lors d’un meeting.
Au-delà de la misère matérielle, la précarité à La Réunion s’attaque insidieusement à la démocratie, en rendant une large part de la population plus malléable à des influences qui vont s’amplifier en cette période préélectorale.
60 ans après la fin du statut colonial, la lutte contre la misère est un combat quotidien contre le sous-développement qui est toujours présent à La Réunion. Cette Journée mondiale du refus de la misère permet de mettre en évidence le travail que font tous les jours les associations pour faire reculer cette injustice. Un travail que l’on ne peut que saluer et amplifier pour que La Réunion soit libérée de la misère et que le pays puisse gagner la bataille du développement.

M. M.

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