APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Luttes revendicatives
30 juillet 2007, par

La grève à REP exprime manifestement une volonté de voir mieux réparties les richesses créées par les travailleurs. Des richesses qui peuvent être converties en emplois et en salaires permettant aux travailleurs de vivre plus dignement.
« Une heure de salaire payée 8,27 euros bruts est facturée 400 euros aux clients pour changer 4 pneus sur un véhicule de tourisme » ; « une demi-heure de salaire, soit 4,23 euros, pour changer un pneu "génie civil", qui coûte 3.000 euros, est facturée à 6.000 euros aux clients ». Chaque salarié qui est payé 1.254 euros bruts « réalise un chiffre d’affaires de 22.000 euros en moyenne pour l’entreprise ».
Ces données extraites d’un tract de la CGTR sont des arguments à l’appui d’une des revendications des grévistes de REP : augmenter les salaires. L’amélioration des conditions de travail, le respect du droit à la formation et l’application de la Convention collective sont les autres motifs qui ont déclenché la grève voici une semaine. Plus de 80 travailleurs répartis sur 13 sites de production sont dans l’action.
Comment se créent ces prix ?
Les chiffres cités par la CGTR montrent la très faible part de la rémunération du travailleur dans le prix d’un produit. Ainsi, en prenant l’exemple du changement d’un pneu "génie civil", une fois la part du coût de la pièce déduite, la part du travail réalisé par l’entreprise est facturée à 3.000 euros. Sur cette part, le travailleur ne perçoit que 4,23 euros, soit à peine 0,1% !
Pour une opération plus courante, à savoir le changement de 4 pneus sur un véhicule courant, le salaire brut du travailleur s’élève à 2% du prix de la prestation, fournitures comprises.
À REP, les travailleurs réclament une revalorisation de 9 centimes du salaire horaire, soit 60 euros par mois.
Impossible, dit la Direction, qui s’appuie sur des difficultés financières.
Il serait sans doute intéressant de connaître la formation des prix des services vendus par cette entreprise. Et cet exemple est loin d’être isolé. Il amène à se poser toute une série de questions :
Quelle est en effet la part du salaire versé au travailleur réunionnais sur le prix payé par le Réunionnais pour acheter un produit ? Quels sont les coûts de production d’une entreprise ? Quelle est la part des intrants dans ces coûts ? À partir de là, quels sont les bénéfices ? Comment se répartissent les gains de productivité rendus possibles par l’élévation du niveau de formation des salariés, le progrès technologique et les exonérations fiscales ? Autrement dit, les créations d’emplois et les salaires augmentent-ils proportionnellement à ces gains ?
Aller vers une juste répartition
À ce questionnement, la réponse se trouve dans la transparence. Lancée par le mouvement syndical, la volonté de faire la transparence sur les prix et les revenus est un des combats spécifiques à La Réunion. Inscrit dans la loi par la lutte politique, enfin appliqué grâce notamment à l’action du collectif d’associations, l’Observatoire des Prix et des Revenus doit avoir comme objectif de faire la lumière sur toutes les questions liées à la formation des prix et des revenus. Et dans le cas où le travailleur est manifestement exploité, alors, chiffres de l’Observatoire à l’appui, chacun aura en main les arguments pour peser vers la justice qui pourra se traduire en créations d’emplois et d’augmentation de salaires.
Mais dans l’immédiat, des réponses urgentes s’imposent, c’est ce que souligne l’action des travailleurs de REP. Car dans l’exemple bien précis cité dans le tract de la CGTR, c’est la question de la répartition des richesses créées par le travail qui est posée. Et c’est un combat que le rassemblement le plus large permettra de faire avancer.
Manuel Marchal
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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Messages
10 décembre 2007, 21:47, par pascaloup
Sur cette part, le travailleur ne perçoit que 4,23 euros, soit à peine 0,1% !
Qui profite du reste ?
pourquoi ne pas instituer un systême de part qui répartirait les profits entre le moins et le plus remunéré ?