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La troïka de retour à Athènes

FMI, UE et BCE demandent la baisse des salaires

20 janvier 2012 Céline TABOU

Arrivés en Grèce mercredi 18 janvier, les émissaires de la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne) ont réclamé, en échange de leur aide financière, des baisses de salaires dans le privé afin de restaurer la compétitivité en berne du pays et relancer à terme sa croissance.

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Pressée particulièrement par le FMI, l’institution internationale a rapporté en décembre 2011 que « le niveau du salaire minimum devrait être revu » afin de rendre plus flexible le marché du travail grec. La Grèce a enregistré un chômage de 18,8% en septembre 2011, en hausse de plus de 4 points en un an. Face à ces exigences, les Grecs sont descendus dans les rues, mais sans entrain.

La Grèce espère obtenir de la part de ses créanciers privés (banques, sociétés d’assurance, fonds spéculatifs...) un effacement d’au moins 50% de sa dette qu’ils détiennent, soit 100 milliards d’euros, et un échange de titres, avec une maturité allant jusqu’à 30 ans. De plus, le gouvernement souhaite obtenir de l’UE, du FMI et de la BCE le déblocage du second prêt de 130 milliards d’euros, indispensable, a rappelé le Premier ministre Lukas Papademos, afin d’éviter un défaut de paiement en mars.

Les pourparlers ont repris

D’après le quotidien “Les Échos”, le gouvernement a indiqué que le pays avait besoin en urgence de 89 à 99 milliards d’euros de financements. Près de 30 milliards octroyés par la zone euro devraient être utilisés dans le cadre de l’accord en négociations avec les créanciers privés pour diviser par deux la valeur nominale de la dette grecque. De 30 à 40 milliards d’euros permettraient de recapitaliser les banques grecques, et environ 30 milliards couvriraient le service de la dette et le refinancement de son déficit, ont estimé les économistes d’Eurobank FG.

Ne parvenant pas à mettre en place une politique économique viable et durable afin de réduire le déficit public, et intégrer les critères du Traité de Maastricht, le gouvernement grec compte sur la peur des États de la zone euro d’être entrainés par la faillite du pays. Lukas Papademos fait alors pression sur ses créanciers publics, c’est-à-dire les États de la zone euro et le FMI, en laissant entendre que, faute d’accord avec les créanciers privés, les États membres de la zone euro seraient contraints de débloquer plus de fonds pour éviter une faillite et un effet domino sur l’ensemble de la zone euro.

« Le gouvernement grec est prêt à tout pour que la dette grecque atteigne les 120% du PIB d’ici 2020 »,
reprend Anna Orologa, analyste économique, citée par “Le Figaro”. « Il joue donc sur les deux tableaux pour y arriver et la pression vise tant les créanciers privés que publics. Il faudrait que le déblocage des 130 milliards d’euros se fasse indépendamment de l’accord sur la restructuration de la dette. Si chacun fait un effort, la zone euro évitera la faillite de l’un de ses membres et s’en sortira renforcée, la Grèce pourra assurer ses échéances et les créanciers privés ne perdront pas l’intégralité de leurs investissements ».

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