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Musique : Rencontre entre deux révélations de la culture réunionnaise pour un unique concert
30 avril 2004

C’est à Saint-Benoît que les deux artistes se sont rencontrés, lors du kabar poème organisé par Francky Lauret et Babou B’Jalah, en octobre de l’année dernière. Davy Sicard, ex-College Brothers, aujourd’hui en carrière solo, et Francky Lauret, auteur des textes chantés par le groupe Tapok, se retrouvent à l’occasion d’un concert unique au Palaxa, ce soir à 20 heures.
Pour Davy Sicard, "cette rencontre était prévisible. J’avais une approche de sa vision sur certains sujets. Quand j’ai su que Francky était membre du groupe Tapok, j’étais vraiment content". In galé, dé kou d’ kongn. Les deux artistes présentent en effet un certain nombre de similitude, notamment sur l’intérêt partagé de mettre en valeur la langue créole réunionnaise. Même s’il reste quelques points de divergence entre les deux artistes, particulièrement sur le problème de la graphie. À ce propos, Davy Sicard met en exergue l’importance d’une seule et même graphie, qui servirait à l’exportation de la musique réunionnaise vers d’outre-terres.
Découverte des Francofolies de Berlin pour son édition 2003, Davy Sicard fait son petit bonhomme de chemin, avec un album qui se révèle être le "reflet de son âme". "Kèr Volkan" est le fruit d’une maturation artistique, et le public réunionnais pourra encore le découvrir entre les murs du Palaxa, ce soir à Saint-Denis. "C’est un peu le résultat de toutes les expériences que j’ai pu vivre et l’aboutissement d’une réflexion sur mon identité. C’est pas vraiment facile, quand on est gamin de grandir avec Percy Sledge et James Brown, et de se rendre compte qu’il y a aussi d’autres choses, plus enfouies, mais aussi plus proches de soi", confiait Davy à un confrère de la Presse, dénotant tout le besoin de ressentir ses racines dans toute leur diversité.
Ainsi, c’est un album empreint d’une coloration africaine, sur fond de blues, fidèle à l’esprit qui se dégage du maloya. Un album intègre des diverses composantes de la culture réunionnaise dans son unité, avec les sons de l’Inde, de l’Europe aussi. Davy Sicard s’abreuve de tous les horizons culturels, constituant ses racines, son identité. Et c’est un plaisir de l’entendre chanter son fonnkèr, avec son "verbe créole pétri de musicalité", verbe créole ouvert sur son île et le monde, sur lui-même.
Blues-rock, blues-maloya, chant malgache d’amour, c’est le chemin qu’empreinte un cœur pour chanter. "Ce sont des chansons qui forment un tout", précise Davy Sicard, qui travaille avec ses musiciens pour offrir une continuité dans son spectacle. L’histoire est mis en "chant-son" pour trouver son apothéose, dans une majestueuse explosion volcanique. Le kèr i demann fé pèt volkan. Du moins, il faut "fé pété le kèr volkan". L’année 2004 est consacrée à continuer de faire vivre cet album dense, riche, de qualité ... L’auteur-compositeur-interprète continuera la promotion de son album auprès des diffuseurs locaux, et devrait retrouver son public dès ce soir.
Né il y a maintenant plus de 2 ans, le groupe Tapok se fait de plus en plus connaître du public réunionnais. Vêtus de "goni", les Tapokèr sont remarquables sur scène et dans les kabar la pousièr. Le groupe présente le spectacle "Sans Domicile et Fou", une création de l’écrivain-poète Francky Lauret et du compositeur-interprète Arno Bazin. Ils nous proposent un voyage imaginaire au cœur de La Réunion, où mots et musique se combinent, le temps d’une histoire qui retrace la vie d’un marginal, Nono ou Zinzin, à la recherche de son chemin. Ce sans domicile et fou est chanteur, musicien, fonnkézèr, amontrèr lalfabé, moringèr et rasta. Présenté par les Tapokèr, ce recueil romancé et théâtralisé se veut avant tout don et partage, moment précieux d’intimité et d’écoute privilégiées.
Accompagnés de Damien Mandrin, Yohan Calciné aux percussions notamment, Francky Lauret dit toute l’importance de l’arrivée de l’accordéon dans le groupe, avec Aldo Ledoux. Aujourd’hui, il semble pour l’auteur impensable de s’en séparer, tellement l’influence de cet instrument a été positive au sein de Tapok.
Ils assureront la première partie de Davy Sicard au Palaxa ce soir. Mais, les mélomanes pourront les retrouver à l’Université du Moufia le 7 mai, à Art Sénik, le 8 mai, pour les 60 ans de notre journal, et le 4 juin au Bato Fou, pour la première partie, d’un groupe de France métropolitaine, la Rue Ketanou.
"Kèr Volkan" et "Tapok in ot" sont à l’affiche ce soir au Palaxa, pour une expression jeune et dynamique de la culture réunionnaise à travers une musique rôdée et de qualité. L’entrée est à 5 euros, raison de plus pour venir nombreux à ce concert unique, réunissant deux révélations de la musique réunionnaise.
Bbj
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